Mad Max Fury Road – Véhicule Prioritaire

Mad Max Fury Road 2

Genre : Action, Suspense, Thriller Durée :  2h00 Note : 17/20

Réalisé par : George Miller Acteurs :  Tom Hardy, Charlize Theron

Max Rockatansky ère toujours dans les étendues désertiques d’une terre ravagée par un mystérieux cataclysme. Plombé par son passé, hirsute mais convaincu que l’on est jamais aussi heureux dans ce monde de désolation qu’en étant seul. Il se retrouve embarqué par un concours de circonstances dans une course poursuite infernale leadée par l’imperator Furiosa, une femme au caractère de feu qui s’est enfuie avec le bien le plus cher du mégalomane tyran qui dirige une petite communauté de bandits névrosés et avides de chair fraiche. La traque peut commencer.

Mad Max, c’est une légende au cinéma, une série de film apocalyptiques qui ont façonné une vision d’une terre de désolation et inspiré ce qui reste pour moi l’un des tous meilleurs mangas apocalyptiques du monde : Hokuto no Ken. Ensuite, il y a bien eu Waterworld qui est un Mad Max aquatique, mais une simple pensée pour le naufrage que ce dernier a connu suffit à provoquer une crise de rire dangereuse pour la santé.

Faire une suite à un univers 33 ans après, c’était plutôt couillu de la part de George Miller et que la pari est plutôt réussi. Le délire visuel, la virtuosité du réalisateur déclenchent des passions partout sur la planète. Notre génération est comblée, la suivante aussi, l’œuvre originale n’est pas détériorées. Je suis pour ma part, et c’est rare, à la fois totalement enthousiaste et parfaitement mitigé. Le signe indéniable que Mad Max Fury Road est un très grand film.

Totalement enthousiaste, parce qu’avec Mad Max Fury Road, on explose à grand coup de pompe dans le radiateur tous les films automobiles de ces 10/15 dernières années. Loin de s’inspirer de ce que beaucoup de films du genre on instauré comme codes récemment, Miller n’en fait qu’à sa tête et réinvente la manière de filmer la route, l’action et la rage au volant. Pas de gros plans, pas de reprise de vitesse gros plan sur le levier, pas d’exploits d’accélération, c’est du métal, des machines, de ma mécanique, des mains dans le cambouis, de la crasse, de la graisse et des inventions en « dur ».

Des effets spéciaux dans le décor qui ne nous n’envoient pas le film dedans (dans le décor), une lumière magnifique et un étalonnage très travaillé, une atmosphère parfaite qui va faire des petits, forcément mal branlés dans les années qui vont venir. De l’action brute, de vraies explosions, un jeu du chat et la souris et des personnages bien sentis : monolitique Max qui aligne 12 mots de dialogue dans tout le film. Sublime Charlize-Imperator amputée au caractère de chienne enragée, chef d’une race de femmes qui se révèleront être le salut de l’humanité. A la fois berceau d’une nouvelle génération à venir, fruit convoité par les hommes et guerrières aux mille facettes, les personnages féminins de Mad Max Fury Road oublient les clichés, sont toutes différentes, réservée, énervé, entreprenante, névrosée, vengeresse et tendre…

Sur ce point, Mad Max réussi son coup, nous emmener tambour battant, tête dans le guidon dans un monde furieux, dégénéré, où les « gentils » ne le sont pas tant que ça et où les méchants ont à la fois la férocité de gros porcs lubriques red-neck consanguins bourrés de prothèses en métal et le caractère dégueulasse de psychopathes totalement vrillés.

Mitigé parce que le film connait quelques longueurs et quelques dénouements illogiques. Pourquoi attendre sagement dans des collines quand l’ennemi s’est échappé ? Pourquoi s’allier contre les fugitifs alors qu’une bataille fratricide aurait donné encore plus de spectacle ? C’est un mitigé très faible en regard du plaisir coupable que provoque le film.

Techniquement, Mad Max Fury Road est sans conteste l’une des meilleures leçons de cinéma d’action portée depuis longtemps à l’écran. Montage millimétré, cuts furieux et bien placés, action calibrée au millipoil, cadrage pensé pour que le regard ne se détourne jamais du principal et ne soit jamais perturbé, clarté absolue comme il est très rare d’en voir sur grand écran : c’est du grand art.

Visuellement, c’est d’une créativité à couper le souffle. D’un rockeur rageux qui déverse son flot de Stratocaster lance-flammes dans des enceintes de 300 000 watts aux multiples véhicules, uniques, fonctionnels, créés en vrai pour la prod, chaque détail, chaque peinture, chaque boulon et à sa place? Aucun montage mécanique n’est illogique. Tout semble à la fois réaliste et fonctionnel et ne part pas dans un délire ridicule d’ingénierie impossible à mettre en place dans les conditions du récit.

En un mot Mad Max Fury Road fait vrai ! Comme les précédents films, en foutant les SFX aux chiottes, il nous montre un futur probable, humain où toute la déchéance de notre race de bipèdes ‘ »pensants » la conduit irrémédiablement vers son animalité la plus profonde et sa cruauté la plus crasse. Une animalité teintée de quelques lueurs d’espoir venant de quelques gouttes d’eau et de la chute éphémère d’un tyran qui sera, sans doute, vite remplacé par un autre.

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