Lost River – Dégât des eaux

Critique Lost River - n'y allez pas c'est de la merde

Genre : Suspense, Thriller, Tragédie, Drame  Durée :  1h35 Note : 06/20

Réalisé par : Ryan Gosling Acteurs :  Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain Caestecker, Matt Smith (IV), Eva Mendes, Ben Mendelsohn

Dans une ville totalement sur le déclin, une mère célibataire et ses deux enfants tentent de s’en sortir. Elle en décrochant un boulot sordide dans un cabaret étrange, son fils en magouillant un peu et en découvrant une étrange ville engloutie qui expliquerait le passé de la ville.

L’avantage quand on est acteur, c’est que l’on voit travailler des réalisateurs en direct. On se fait au métier, on apprend sans pratiquer, on peut demander des explications, des combines, des petits trucs. Très vite, on doit se dire soit : nom de dieu, c’est quand même un métier de fou ou bien : mouais, en fait, en s’organisant bien, c’est pas si compliqué. C’est certainement un peu des deux d’ailleurs : un métier schizophrénique qui demande une organisation démentielle et une préparation de malade que ce soit dans l’écriture du script, le découpage, l’organisation, la post prod etc…

On a le temps, aussi, de se gorger d’influences, d’étoffer sa filmo, d’apprécier le travail du réalisateur qui vous fait tourner souvent et de tailler une bavette avec David, Terrence ou quelques autres dont le travail vous plait.

Et de fait, lorsque l’on se lance pour son premier film, et c’est un acte courageux, on a une tendance à la fois à la générosité, mais aussi à l’hommage appuyé sans réellement apporter, sauf cas, très rares, sa propre personnalité.

Ainsi, dès les 10 premières minutes, on sait quels sont les réalisateurs qui ont marqué Ryan Gosling. Très vite l’impression se poursuit tout au long du film et les failles apparaissent évidentes, purulentes, saignant profondément les veines palpitantes d’un scénario qui ne l’est pas, palpitant.

Lost River est un ratage complet, un mélange foutraque vaguement esthétique qui emprunte avec lourdeur l’univers, les codes narratifs comme visuels de nombreux réalisateurs, ici Malick, là Winding Refn ici encore David Lynch. Surtout David Lynch.

On sent chez Ryan Gosling cette volonté d’auréoler, coûte que coûte, d’un mystère malsain l’ensemble de son histoire avec cette esthétique qui tient à la fois de Blue Velvet, de Lost Highway, d’Only God Forgives ou de Drive. Le hic, c’est que de mystère, de sordide, de sulfureux et d’érotisme, de dangereux et d’étrange, il n’y a point.

CannesLostRiver

L’ensemble est d’une immense pauvreté, d’une simplicité à faire peur et les promesses de monde étrange à la frontière du rêve, du fantasme et du cauchemar comme sait si bien les manier David Lynch se transforment alors en un flot insatiable de saynètes décousues et pauvres de sens. Et pire même, pour qui s’assume comme influencé par David Lynch, totalement manichéennes.

Le clou est alors enfoncé profondément dans la chair du spectateur grâce à une flopée de personnages caricaturaux, peu inventifs, de dialogues inconsistants bercés par une musique minimalo-branchouille qui essaie de faire bien dans le paysage. Non sincèrement, Lost River s’assèche très vite comme le bras mort en plein soleil d’un flot de films qui veulent se la jouer indépendant.

Un film qui plait beaucoup à l’intelligentzia des critiques du monde entier apparemment, mais qui m’a laissé totalement hermétique et endormi, comme écroulé sous le poids de ses influences beaucoup trop marquées.

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