L’interview Qui Tue – Kim Jongle Beauf

Critique l'interview qui tue

Genre : Comédie  Durée :  1h52 Note : 12/20

Réalisé par : Seth Rogen, Evan Goldberg Acteurs :  James Franco, Seth Rogen

Un animateur de Talk-Show bas de gamme un peu trash et son producteur arrivent à décrocher une interview de Kim Jong Un. Face à leur immense discrétion sur le sujet, ils sont vite contactés par la CIA pour assassiner le leader Nord-Coréen.

L’interview qui tue, plus simplement The Interview en anglais a fait parler de lui. La DPRK fâchée qui menace les États-Unis et en appelle à l’ONU, le petit Kim, vexé à mort qui fait son caca nerveux et demande des représailles physiques contre Seth Rogen, James Franco et Evan Goldberg, Sony attaqué soi-disant par des hackers Nord-Coréens et menace d’attentats contre les lieux diffusant le film et j’en passe. En matière de buzz calculé, le trio ne devait pas s’attendre à aussi bien. Mais que vaut vraiment le film ?

Il faut le dire de suite, mais on s’en serait douté, The Interview n’est absolument pas un brûlot ultra suberversif démontant en flèche la machinerie de propagande de la Corée du Nord. La critique sociétale est aussi éloignée du film qu’Arthur l’est de l’humour et du bon goût et les quelques microscènes qui se déroulent hors du giron de Kim Jong Un sont caricaturales à souhait et presque inexistantes. L’intrigue finalement, ne tournant qu’autour du dictateur qui n’est finalement pas si ridiculisé que ça pour peu qu’il ait un minimum de recul. Ce dont apparemment, il ne dispose pas beaucoup en regard de ses diverses réactions.

Ainsi, Little Kim est dépeint en fan absolu de talk-show américain, adorateur de Katy Perry, collectionneur de belles caisses et d’asiatiques bien carrossées, avides de bonne chère et de bonne chair, victime collatérale du culte de la personnalité dont il fait l’objet et martyrisé par un père exigeant et castrateur qui ne lui a jamais adressé l’attention qu’il voulait. Un personnage bien plus proche d’un bébé gâté poupon ultra beauf américain totalement paranoïaque que de la figure emblématique qu’étaient son père et son grand-père.

Et c’est d’ailleurs là que se joue le film et qui ne vas pas assez loin. Et c’est ce point précis et non l’assassinat enflammé et galère qui posa certainement problème aux autorités nord-coréennes.

À démonter minutieusement le vernis laqué de dieu vivant pour faire de Kim Jong Un, un homme comme les autres, c’est presque une incitation à la révolte. Et par là même, c’est là ou la confrontation des « journalistes » parfaitement abrutis, tapageurs et grossiers avec la réalité du pays manque cruellement. Il aurait été amusant de confronter la vision américaine du personnage avec celle totalement biaisée de la population locale. Lobotomisée certes mais croyant dur comme fer à la masse de conneries ahurissantes que l’on raconte sur leur leader. Car c’est la question quand même… Est-ce qu’ils y croient réellement à toutes ces conneries ?

The Interview au final, est juste un peu cul et tendrement vulgaire avec des perso complètement abrutis. Il ne prend à mes yeux absolument aucun risque et ne va vraiment pas assez loin dans l’énormité de la caricature. On a ce sentiment désagréable que la comédie s’est interdite un paquet de trucs pour donner la vedette au duo Franco-Rogen et le film se révèle assez poussif, prévisible, pas assez inventif et reprend avec un certain talent les codes de la comédie à base de sécrétions corporelles liquides et solides et de blagues à la con. Classique.

Avec un sujet pareil, de The Interview, j’attendais un monument de trash, de violence gratuite, de débilité profonde, d’armée lobotomisée, de démonstration de force, de propagande délirante, de visite de la Corée du Nord, de Kim encore plus fêlé, mégalomane et attendrissant à la limite du bisexuel à tendance complexe d’Électre sado-masochiste « oui Papa, fait-moi mal » explosant de confidences plus horribles les unes que les autres auprès de son animateur préféré. J’aurais aimé que Franco se retourne réellement contre son pays et ses valeurs et épouse la mégalomanie du Petit Kim. Il y avait tellement à faire.

C’est finalement une gentille comédie bien trop sage qui nivelle le niveau du politiquement incorrect par la bas en n’assumant pas son sujet jusqu’au bout.

 

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