Life – Origine inconnue – Déchet en orbite

Critique - Life origine inconnue - N'y allez pas c'est de la merde Poster

Genre : Science fiction Durée : 1h44 Note : 03/20

Réalisé par : Daniel Espinosa Acteurs :  Jake Gyllenhaal, Ryan Reynolds, Rebecca Ferguson

À BORD DE LA STATION SPATIALE INTERNATIONALE, C’EST L’EFFERVESCENCE. L’EQUIPAGE DOIT INTERCEPTER UNE SONDE DE RETOUR DE MARS AVEC A SON BORD DES ECHANTILLONS GEOLOGIQUES DE LA PLANETE ROUGE. LA FORMALITE REMPLIE, LES SCIENTIFIQUES S’ATTELENT A ANALYSER LES RESIDUS ET SURPRISE. SOUS LES LENTILLES DU MICROSCOPE, LA VIE APPARAIT. 

Haaaaaaaa !! le film de monstre. Sérieusement, depuis combien de temps un bon film de méchant extra-terrestre ne vous a pas pris par les couilles ? Et dans je dis par les couilles, c’est évidemment cette image qui vous glace d’effroi, vous fait transpirer de panique, vous fait retenir votre respiration tout en accélérant votre rythme cardiaque jusqu’à ce que littéralement ou métaphoriquement vous vous chiiez dessus.

Depuis combien de temps n’avons nous pas plongé dans une histoire, ressenti assez d’empathie, de crainte ou de dégoût pour des personnages qui fait que l’on a envie de les voir survivre, de les entendre hurler ou de ressentir le bonheur de les voir crever la gueule ouverte ? La clé, oui, c’est le rapport à l’humain. Développez des personnages solides mais faillibles, sympathiques mais distants, sombres mais avec un espoir d’humanité, sordides et immondes jusqu’à l’écœurement mais invincibles… provoquez l’empathie et ne laissez planer l’omniprésence d’une mort probable et vous provoquerez l’intérêt. Foirez ça et votre film sera une sombre merde. Ne donnez pas au spectateur les clés pour se raccrocher à un personnage et ce sera un massacre.

Car, oui, je creuse mon sillon, je casse les burnes avec les personnages, les personnages, les personnages, mais le tour de force qu’avait Alien était de ne pas être manichéen, de laisser la lie de l’humanité, robotique ou charnelle, s’instiller dans l’équipage des vaisseaux et planètes visités. Le Nostromo était ce microcosme de la Terre face à l’inhumanité… ben de l’inhumain : Le monstre. Sans valeur, sans pitié, sans morale, juste l’instinct de survie et de perpétuation d’une espèce face à une autre.

Critique - Life origine inconnue - N'y allez pas c'est de la merde 02

Si l’humain peut se faire monstre, il reste encore un sous-évolué, sous exploité dans le genre. Au moins, le concept apportant un semblant de questions auxquelles on doit trouver nous-mêmes les réponses. Alien, en tous cas, était un vrai survival, doublé d’un vrai film d’horreur et de science-fiction en ce sens où il touche à la fois à nos peurs viscérales liées à l’inconnu, la mort mais aussi celles des réactions de nos semblables face à ces mêmes problèmes, la peur de leur jugement vis à vis de nos propres réactions, la peur de leur réaction ou de leur promptitude à nous sacrifier pour leur propre intérêt : l’enfer c’est la bête, c’est l’ennemi, c’est aussi les autres comme disait Jean-Paul mais c’est surtout dans le cas présent : Life – Origine Inconnue.

Essayons d’oublier quelques instants la décontraction avec laquelle le titre français se contredit (La vie n’est pas d’origine inconnue, elle vient de Mars ducon), la désinvolture avec laquelle toute l’Europe est gommée de la genèse de l’ISS (C’est l’ESA qui va être contente) au profit des Russes, le manque total de cohérence de la station, dont l’intérieur est épuré comme un bar lounge parisien. Équipée comme pour faire une LAN sur Half-Life et avec de l’espace pour 30 ou 40 dans facile, 1200 m² d’espace vital, c’est un bonheur d’habiter là dedans.

La quantité de détails qui nous prennent pour des incultes formidables, les diverses leçons d’astrophysique du pauvre s’accumulent tellement qu’il vaut mieux se tourner vers l’aspect purement scénaristique du film qui est, allons droit au but, un naufrage total. Le Titanic à côté, c’est un accident de pédalo dans le pédiluve du bassin pour enfants à la piscine municipale de Caunette-Sur-Lauquet (6 habitants).

Life – Origine Inconnue est simplement le concentré plus abject de tous les clichés possibles du cinéma de monstres. Il ne se passe pas une seconde sans que l’on ne sache exactement ce qui va se passer dans les 10 minutes suivantes. On a l’impression que les personnages vivent dans un univers où ils n’ont jamais vu de film d’extra-terrestre, dans lequel on les a entrainé à prendre les pires décisions possibles, dans lequel on les a recruté au club des hypersensibles TDAH au détriment de celui des super-tronches au moral en acier trempé.

Un univers dans lequel Daniel Espinosa leur a dit, tu joues comme de la merde mais c’est pas grave, on a un super monstre, une grosse glaire, fille cachée d’un xénomorphe et du Blob, tu vas voir mec, il va faire flipper tout le monde. J’ai envie de dire « Ferme ta gueule Daniel, je te hais ! ton monstre, il faut avoir 6 ans 1/2 pour en avoir peur « .

À ma gauche, Ryan Reynolds, imbécile heureux, tête à coup de boule, qui joue les héros et finit par foutre tout le monde dans la merde, fait des grimaces sans raisons à table (parce que dans un film avec des extra-terrestres, il faut une scène à table façon Cène/repas du condamné). Ryan cabotine d’ailleurs tellement comme un connard sûr de lui qu’on a envie de se prendre un billet de capsule Dragon, de se goinfrer les 400 kilomètres d’altitude pour lui défoncer sa tronche sur un bord bien pointu du maousse tableau de bord informatique de station tellement il nous tape sur le système. Je suis sûr que le personnage de Ryan devait être la seule grosse-tête Quarterback au lycée des USA et qu’il a foutu en cloque la chef de Pom-Pom girls mais qu’il l’a épousée parce qu’on fond, même si humoristiquement parlant, c’est une sombre déjection de soirée thaï trop pimentée, humainement, il est cool !

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À ma droite, Jake Gyllenhal qui joue les dépressifs misanthropes contemplatifs aux yeux de cocker que son maître a savaté à coups de ceinturon brûlant. Olga Dihovichnaya dans le rôle de celle que son grand cœur perdra… Ariyon Bakare dans la caution du noir afro-américain paraplégique sacrifiable…  Hiroyuki Sanada dans le rôle de l’asiatique fortiche en informatique parce, ouaip, il est asiatique et en plus il avait joué dans Sunshine (qui lui, trouait pas mal le cul) et Rebecca Ferguson dans la belle gueule féminine mais trop gentille, trop bonne, trop conne… Jamais, je vous le dit, jamais je ne fiche le pied, même dans un fourgon blindé, protégé par toute l’armée des USA, avec l’un d’entre eux sur un poste avancé de conflit, je risquerai d’y laisser ma peau.

Au milieu, une grosse glaire donc, affublée du doux nom de Calvin par une petit fille trop mimi parce qu’il faut toujours une petite fille trop mimi qui fait dire « haoowwww !! elle est trop mimi » au spectateur assez abruti pour se faire prendre au piège. Calvin est une grosse glaire très agressive, qui survit dans l’espace, passe par les conduits des tuyères parfaitement isolées du reste de la station (entre 0,02 et 0,05 µm de diamètre) et broie littéralement les membres des membres d’équipage pour mieux les dévorer.

Mieux, Calvin est incroyable, est a oublié d’être con, il sait repérer les cautions sacrifiables blacks paralysées dans l’espace pour leur dévorer la jambe sans qu’ils notent quoique ce soit. Pour un peu Calvin est tellement intelligent qu’il saurait utiliser un ordinateur de Nasa pour calculer une entrée atmosphérique ou mieux, vous foutre une branlée à Counter Strike tout en programmant l’enregistrement de Touche pas à mon Poste sur sa Freebox et chercher en même temps une recette de ramen sur internet, la bonne, celle avec du miso..

Calvin est né à la base sous la plume d’une caution scientifique, alors forcément on est sensé y croire, surtout dans un film envoie l’ESA se faire mettre lors de la conception de l’ISS. Calvin est une sorte d’amibe carnivore très agressive moitié poulpe, moitié seiche, moitié Patrick (de Bob l’Éponge) qui grandit à vitesse grand V et que l’équipage a la bonne idée de réanimer alors qu’il ne présentait plus aucun danger (quand je vous disait qu’ils étaient peu cons). Je vais être parfaitement honnête, Calvin fait à peu près aussi peur qu’une serpillère. une serpillère sèche. Dans un placard. Avec l’étiquette dessus. Pas la serpillère pendue dans la douche et pleine des cheveux gras des membres de la famille.

Au prix de rebondissements prévisibles au possible, de dialogues absolument navrants, soporifiques, lourdingues, à la lumière de moments de pause et d’émotion (imaginez un petit moment de détente dans un film où il n’y a absolument aucune tension), au regard de scènes d’action illisibles, brouillonnes, pénibles, interminables et sublimé par une fin qu’on sent venir à des kilomètres, je suis en mesure de vous affirmer que Life – origine inconnue est sans doute l’un des plus incroyables ratages de film d’extraterrestres en huis-clos de ces 10-15 dernières années.

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