Les Combattants – They Will Survive

Genre : Comédie, amour, Road-Movie Durée :  1h36  Note : 10/20

Réalisé par : Thomas Cailley Acteurs : Adèle Haenel, Kevin Azaïs

Dans un petit village de la côte landaise, Arnaud, un jeune garçon dont le père vient de décéder s’apprête à passer un été comme les autres. Jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, belle mais cassante, écorchée et révoltée, survivaliste dans l’âme et obsédée par l’idée d’intégrer l’armée. Une rencontre atypique qui va bouleverser leurs vies.

Pour moi, le cinéma français, en dehors de l’inventivité de certains réalisateurs indépendants, c’est du maniérisme pessimiste. De la branlette intellectualo-sentimentalo-médicale qui gravite autour de personnages absents débitants leurs paroles abscondes dans un flot ininterrompu où l’on ne pige  tellement que dalle que l’on a envie de leur botter le cul à leur en faire péter les incisives pour que ça avance.

Quand ce n’est pas une histoire d’amour contrariée d’un couple névrosé, c’est l’histoire d’un enfant qui va se faire écraser par un camion et qui passe toute son enfance dans le coma, celle d’un mère de famille célibataire qui se fait démonter la gueule par son ex et doit faire face à la crise, C’est une histoire d’amour pourrie de course poursuite amoureuse qui passe par la passion, le drame le déchirement et les retrouvailles en grandes pompes, ce sont des films humoristiques bien pourris avec les mêmes acteurs dans le même registre, ou des actioners totalement débiles qui parlent banlieue, mafieux, drogues et problèmes sociaux.

Bref, je suis peut-être suis-je totalement dénué de sentiments (mais j’ai quand même bien aimé Le Premier Jour du Reste de Ta vie ou Intouchables alors je suis étonné) et d’humour (non, ça non) ou peut-être ai-je eu mon lot d’évènements de merde dans ma vie, mais le cinéma français me les hache menu à ressasser la  misère, sa crise sociale, son nombril, son trou de balle ou son vagin. Il y a… bieeeeeennn évidemment des exceptions… L’auberge Espagnole, Mission Cléopâtre, 36, Polisse, L’esquive, Ne le dit à personne, De Battre Mon Cœur s’est Arrêté… ou Tomboy que j’ai trouvé superbe. Je vais pas faire la liste.

Par dessus, les présentateurs et animateurs rajoutent une couche de pommade (hémorroïdaire certainement) et lèchent bien les raies (définitivement hémorroïdaire la pommade). Ils trouvent le travail de leurs potes révolutionnaire et font parler les bouches de tous dans une vague moutonnesque si bien que l’on s’entend dire à la pause café « ha bon ? tu as pas aimé Les Ch’tis ? ». Non, je n’ai pas aimé Les Ch’tis ! Je suis passé à deux doigts de me faire chier comme un rat mort ! Je ne comprend pas que ce film ait eu un tel putain de succès.

Alors voilà ! je vais pas en étaler quatre pages. On m’a vendu et conseillé Les Combattants. On m’a dit, tu vas voir, c’est génial, c’est inventif, c’est du sang neuf pour le cinéma français, etc. Je ne suis pas (que) un gros con buté, j’y suis allé et comme j’ai été long, je vais faire court.

Il est vrai que le film se rapproche plus du cinéma indépendant américain dans son road-movie de découverte de soi, de sa nature profonde et de la nature tout court que du classicisme franchouillard et bavard. Joliment filmé, avec douceur et délicatesse, le film ne fait pas comme beaucoup le disent l’apologie de l’armée, mais montre bien que le choix d’une carrière militaire ne se fait pas à légère et que ce qui parait comme une solution peut très vite devenir un miroir aux alouettes dans lequel viennent se fracasser les illusions d’une carrière certaine.  C’est avant tout autour de la naissance d’une histoire d’amour que s’esquisse le squelette du film mais sans renforts de barrière infranchissables, juste autour de la découvertes des envies et de la manière de penser de l’autre.

S’il rend un hommage (trop succint) aux Landes pour se donner un air très lointain de la Balade Sauvage de Malick (le côté Bonnie & Clyde en moins), et que par bien des aspects, il change un poil par rapport à la production française par la fraicheur de ses acteurs et de leur interprétation, Adèle Haenel est magnifique de drôlerie dans le rôle de cette jeune fille rentre-dedans à laquelle on s’attache rapidement, Les Combattants laisse un arrière-goût d’inachevé, un goût de trop peu et de pas assez. Les bases d’un cinéma en métamorphose mais peut-être encore à l’état de chrysalide.

Peut-être pas porté assez loin, peut-être pas assez inventif ou parfois trop dans l’attente, la mise en scène et le montage manquent de fluidité là où les dialogues apportent spontanéité et surprise comme parfois aussi un peu de banalité. Les Combattants un film très regardable certes, vraiment agréable et certainement au-dessus du lot de la production actuelle.

Il y a certains beaux plans et de belles idées mais l’ensemble est vraiment inégal, trop convenu, trop timide, pas assez flamboyant pour provoquer un réel bouleversement émotionnel. La faute non pas aux acteurs qui en toute franchise, portent le film sur leurs épaules avec beaucoup de talent mais certainement à un scénario vraiment pas assez développé et qui met beaucoup trop de temps à arriver à l’essentiel. Une vraie orientation survivaliste prise à la fois comme un jeu comme parfaitement au sérieux, parfaite pour servir de terreau à l’éclosion d’une histoire d’amour comme l’avait fait avec plus de naïveté Moonrise Kingdom par exemple aurait certainement apporté énormément au film. Sans porter atteinte à sa crédibilité.

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