Le Tout Nouveau Testament – Paradis Belge

Critique Le Tout Nouveau Testament affiche - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie Durée :  1h54 Note : 15/20

Réalisé par : Jaco Van Dormael Acteurs :  Pili Groyne, Benoît Poelvoorde, François Damiens, Catherine Deneuve, Laura Verlinden, Yolande Moreau, Serge Larivière, Marco Lorenzini

Dieu est Bruxellois et Dieu est ignoble avec l’humanité et sa famille. Il travaille sur un vieux PC avec 50Mo de RAM et un écran TFT de 15 pouces et accable la terre des maux les plus infects. Sa fille Ea, 10 ans, prend exemple sur son frère J.C, en a assez de l’oppression paternelle et décide de s’échapper de sa maison pour aller écrire un tout nouveau testament. Pour ce faire, il lui faudra recruter de nouveaux apôtres, pas toujours très catholiques.

Toto le Héros, Le Huitième Jour et surtout Mister Nobody, assez librement inspiré de son second court métrage (E Pericoloso Sporgersi), le belge Jaco Van Dormael est un peu le Alex De La Iglesia (en plus calme) du plat pays. Un grain de folie, de poésie originale, de personnages bien sentis, bien écrits, bien nerveux, c’est du cinéma qui fait du bien par où il passe, regarde les choses sous un autre angle au travers d’un prisme différent. Des petits moments de bonheur.

La bande-annonce du Tout Nouveau Testament a certainement drainé en salle des spectateurs qui s’attendaient à une grasse comédie lourdingue à base de Poelvoorderies et autres gags franchouillards qui pulvérisent le fond après l’avoir percuté avec acharnement. Bien déçus qu’ils ont du être de ne par y trouver une comédie telle qu’on l’entend dans notre hexagone trop carré, trop habitué à calibrer des gags dans des cases.

Le Tout Nouveau Testament fait partie de ces comédies douces-amères, poétiques, légères et inspirées, habitées et décalées qui laissent sur l’écran l’empreinte d’une écriture ciselée de l’histoire et la nervosité des traits de caractère marqués de personnages singuliers. C’est la marque de Jaco Van Dormael qui d’emmener avec respect ses spectateurs sur les terrains non défrichés d’une aventure parfois, drôle, parfois, triste, parfois cruelle, qui tape là où ça fait mal, avec lucidité et humanisme.

Mené à la baguette par une petite prophétesse de 10 ans en jupette et collants (une sorte de Petite Princesse sans son renard sortie de l’univers de Frères Dardenne) qui dérange la vie d’adultes un peu bizarres et atypiques pour en faire des apôtres un peu étranges à la vie franchement pas commune, le film est d’une fraicheur immense, un peu dingue, un peu acide et nerveux, très tendre et très inventif dans le fond comme dans la forme avec un casting formidablement efficace qui joue l’équilibre des rôles sans jamais que l’un ou l’autre ne se vole la vedette. C’est rare et généreux et très enrichissant narrativement.

Réduire le film comme le fond les médias à la seule proximité sexuelle de Catherine Deneuve avec un gorille serait réduire l’immense potentiel de « feel-good movie » qui tient à la fois de D’Albert Dupontel, Terry Gilliam et Wes Anderson.

Le petit plaisir de la rentrée.

 

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