Le Prodige – Génie en échecs

Critique Le prodige image 01 - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie Durée :  1h54 Note : 15/20

Genre : Thriller, Biopic Durée :  1h54 Note : 1320

Réalisé par : Edward Zwick Acteurs :  Tobey Maguire, Liev Schreiber, Michael Stuhlbarg, Peter Sarsgard

L’histoire de Bobby Fischer, un demi-dieu des échecs, qui, pendant la guerre froide, se battit autant contre ses démons paranoïaques que contre ses adversaires russes. Entre génie et folie, c’est toute la complexité de l’intellect humain qui était réunie en une seule personne.

Ma main à couper et c’est moins pratique pour jouer aux échecs, que peu d’entre vous, moi le premier, n’avaient entendu parler de Bobby Fischer avant le film d’Edward Zwick, réalisateur de Légendes d’Automne, Le Dernier Samuraï ou Blood Diamond. Autant dire pas n’importe qui et plutôt amusant quand on sait d’ailleurs que Tobey Maguire et Léo Di Caprio sont copains comme cochon depuis des années. C’était juste pour l’anecdote parfaitement légère voir inutile.

Parce que voilà, côté légèreté et inutilité, on s’arrête là. Pensé comme une vraie partie d’échec avec une tension palpable dans la réalisation comme dans l’interprétation, Le Prodige tient ses promesses de film pas bouleversant ni révolutionnaire, mais suffisamment dense pour nous accrocher pendant les 1h54 de la séance. Moins qu’un Whiplash mais beaucoup plus que certains films qui veulent se la jouer thriller sans en avoir les épaules ni le montage.

Ici, la tension est plus dans le plaisir de dénouer les mécaniques cérébrales qui poussent Bobby Fischer à se comporter comme un gamin pourri gâté à la fois mythomane et mégalomane, paranoïaque et névrosé qui colle parfaitement avec cette ambiance très guerre froide et une reconstitution glacée, presque communiste, de l’ambiance des années 70. Un contraste saisissant avec le flower power ambiant qui dominait à l’époque et parfaitement rendu, lui, dans le dernier film de Paul Thomas Anderson : Inherent Vice. Rien à voir donc.

Critique Le Prodige 03 - N'y allez pas c'est de la merde
Tobey/Fisher, pas rassuré, pas rassurant.

Si on peut reprocher alors au film une paresse, ou plutôt une mollesse certaine, voire un côté un peu trop conventionnel, on ne peux que rétorquer que les échecs ici ne sont pas traités comme dans un manga, à grands coups de Kaméhaméha ou de déplacement de fou du roi façon super guerrier. Le centre d’intérêt du film se situe moins dans les parties jouées que dans le contexte qui a pu amener Bobby Fischer à être le personnage cintré, complexe, arrogant, agressif, obstiné, juif, mais antisémite puis antiaméricain persuadé d’être traqué par la CIA.

Il aurait été intéressant alors de suivre ses années d’exil entre Hongrie, Argentine, Philippines où il déclara être ravi des attentats sur le World Trade Center, prison au Japon et son asile politique en Islande, pays dont il prit la nationalité, jusqu’à son retour aux USA. Passionnant également de s’attarder sur son apport immense à la compétition et au jeu que ce soit dans la stratégie comme dans les variantes de plateau de jeu, ses approches, ses finales. Kasparov le tenait d’ailleurs comme le fondateur des échecs professionnels. Dommage alors de montrer les Russes sous un jour vieillot de joueurs roublards alors que les échecs étaient chez eux une institution et même une matière cérébrale enseignée à l’école.

Critique Le Prodige image 02 - N'y allez pas c'est de la merde
Tu connais celle du fou qui repeint son plafond ?

Il manque indubitablement quelque chose au Prodige, un manque à mettre certainement sur le compte de la volonté du réalisateur de ne pas en faire un film de spécialiste. C’est en tout cas un bon film sur un sport méconnu qui fait passer un bon moment même aux plus profanes.

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