Le Loup de Wall Street – Haouuuu pas Whaoooo

 

Genre : Comédie, Policier Durée : 2h59 Note : 13/20

Réalisé par : Martin Scorcese Acteurs : Léonardo Di Caprio, Jonah Hill, Margot Robbie, Matthew Mcconaughey

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Durant l’âge d’or des golden boys et des wasps de Wall Street, un jeune homme, Jordan Belfort, découvre le monde des traders où l’argent facile, les filles, la drogue et toutes les démesures sont à sa portée. Bientôt à la tête de sa propre compagnie de trading, Belfort va un peu trop jouer avec le feu et y laisser quelques plumes.

Dès que l’on entend le nom de Martin Scorcese, l’écho de très grands films revient à nos oreilles. Nul besoin de faire son apologie, ni de faire de comparaison tant son œuvre reste magistrale dans bien des domaines. Pour autant, le Loup de Wall Street est t’il l’un de ses meilleurs films ? Non, certainement pas ! Non pas qu’on se paluche sur Scorcese hein, mais il faut bien avouer qu’il est un cran en dessous.

Avec une mécanique narrative qui rappelle beaucoup Casino sans jamais en atteindre la virtuosité de ce dernier, Le Loup de Wall Street lorgne vers les excès d’American Psyho sans pour autant tomber avec beaucoup de profondeur dans les excès délirants de son personnage principal.  Les deux, saisissent puis foulent aux pieds le rêve américain et la quête impossible du bonheur, naviguent dans le même monde, mais si l’un est un psychotique de la carte de visite et du costume Armani, obsédé sexuel sadomasochiste, tueur en série refoulé (ou pas), l’autre est un sale gosse, avide de fric, de sexe, d’alcool et de drogue. Les deux œuvres sont éloignées, mais pas tant que ça.

Certes, l’adaptation du roman de Bret Easton Ellis traitait d’un autre sujet. Et la totale schizophrénie, voire la mythomanie fantasmatique de Patrick Bateman n’a pas grand-chose à voir avec la vie (certainement un peu romancée) de Jordan Belfort qui est bien réelle, elle. Les excès du trader  s’étalent ici à l’écran avec tellement de grandiloquence qu’ils en deviennent presque comiques. De fait, la course à l’excès hollywoodien, la recherche du too-much, too many, à l’écran a ce revers pervers que l’on tombe facilement dans la caricature et donc dans le manque de crédibilité.

Di Caprio est à ce titre assez représentatif de cet excès. Explosif, talentueux comme à son habitude, très juste et très bon acteur, il fait pourtant pâle figure face à la simple prestation de 5 minutes de Matthew Mcconaughey lors de leur seul et unique face à face. Léo lui, hurlant, beuglant plus fort que tout le monde, se shootant à outrance et multipliant les excès, tourne et fait malheureusement un peu tourner le film en roue libre sans lui apporter la dimension noire qu’il aurait pu avoir si les coulisses du pouvoir de la bourse et de l’argent avaient été traitées un peu à la manière d’un Wall Street.

Certes le but du film n’était pas de montrer les mécanismes boursiers mais plus l’excès de ses manipulateurs, néanmoins, montrer, démonter, ficeler, la lente transformation de l’agneau en bête du Gévaudan aurait été bien plus intéressant qu’un simple étalage d’une vie dont on sait dès le départ qu’elle a été pleine d’excès. Bref, on a déjà vu des gens se saouler la gueule et sniffer à l’écran, c’est pas une nouveauté et Marty, tout talentueux qu’il est, rate un peu le coche et pas par manque de temps.

Le Loup de Wall Street est flamboyant, dynamique, mais est totalement déshumanisé à l’image de ses personnages principaux. Sous sa redoutable énergie, son emballage croustillant de paires de fesses et de nichons, de lignes de coke et meth, il manque de profondeur, de noirceur. Il ne possède pas ce crescendo habile qui amène Jordan au pouvoir ni cette lente et douloureuse  chute aux enfers comme c’eût été le cas dans Casino.

À ce titre, Le Loup de Wall Street est plus à prendre comme une grosse comédie cynique sur l’âge d’or des traders que comme un réel film dénonciateur de la chute du rêve américain.

Avis sur “Le Loup de Wall Street – Haouuuu pas Whaoooo

  1. Excellente analyse de ce nouveau film de Scorcese…ce dernier semble avoir cédé à la facilité en accumulant tout ce que tu as noté :la drogue, le sexe , le luxe…tous les abus en tout genre…et même les abus de comédien de Leonardo qu’il pousse dans ses extrêmes!

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