Le Hobbit – L’inattendu trop attendu

Genre : Aventure, Heroic-Fantasy Durée : 2h45 Note : 16 /20

Réalisé par :  Peter Jackson Acteurs : Ian McKellen, Martin Freeman, Ian Holm, Elijah Wood, Richard Armitage, Ken Scott, Graham McTavish, Wiliam Kircher, James Nesbitt, Stephen Hunter…

 

Bilbo Sacquet vit tranquillement dans son trou de Hobbit confortable et douillet, n’aspirant à rien d’autre dans la vie que de jouir du plaisir de la tranquillité et de l’absence de danger que lui apportent la comté. Un jour, Gandalf le Gris vient le chercher, le choisir même pour accompagner une compagnie de nains cherchant à récupérer leur château gardé par un dragon maléfique. La perspective de ce voyage inattendu ne l’enchante évidemment pas le moins du monde.

Dire que Le Hobbit a fait l’objet d’une attente fébrile de la part des fans absolus de la première trilogie du Seigneur Des Anneaux révèle de l’euphémisme. L’immense qualité apportée par Peter Jackson à la réalisation de ces trois films a converti même les plus réfractaires à l’Héroic-Fantasy et a comblé les attentes inquiètes de ceux qui craignaient de voir défiguré ce qu’ils considèrent, à juste titre, comme un monument, un chef-d’œuvre de la littérature. Peter Jackson avait réussi en quelque sorte à faire l’unanimité, un exploit qui ne sera pas forcément renouvelé pour la future trilogie du Hobbit.

« Bilbo le Hobbit », le livre, était déjà d’un autre genre que « Le Seigneur… ». Plus léger, plus enfantin, plus rapide dans sa narration, très orienté aventure et action, il posait les bases d’un univers titanesque, d’une richesse que même son auteur de devait pas encore soupçonner. Et de cette même manière que Tolkien a utilisée pour construire des ponts entre sa trilogie et ce premier roman, Peter Jackson a su glisser dans Le Hobbit nombre de références rappelant les épisodes déjà sortis au cinéma. Une série de clins d’œil, une marque de complicité, mais surtout une volonté de cohésion importante que démontre bien le sérieux immense apporté à son travail.

Une chose est certaine, l’adaptation est parfaite, et, des petites phrases sibyllines aux passages clés, il ne manque rien a cette adaptation là ou La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le retour du Roi souffraient, selon les spécialistes hardcore des plusieurs manquements. Cela dit, il serait quand même incroyable qu’après avoir décidé de faire du Hobbit une trilogie alors que deux épisodes suffisaient à raconter l’histoire, il manque encore quoique ce soit à ce nouveau venu dans la filmo de Mr Jackson.

Mais alors, qu’est-ce qui fait, qu’est ce qui est réuni pour que l’adaptation de Bilbo ne soit pas le succès renouvelé du triptyque légendaire ? La longueur justement ! Car Le Hobbit, en tout cas ce premier épisode est long, très long, trop long. Une longueur qui se fait étrangement bien plus sentir que les 3h et quelques de chacune des versions longues précédemment réalisées.

Pourtant, les acteurs sont parfaits, les nains merveilleusement castés. On retrouve Martin Freeman, hilarant et fidèle à lui-même, Elijah Wood fait une apparition agréable, tous les acteurs y sont et prennent un plaisir palpable à l’écran. Les maquillages sont incroyables, les costumes sublimes, les décors collent parfaitement à l’ambiance…

Mais voilà, si l’on peut aisément en comprendre les motivations artistiques (et mercantiles), la volonté de vouloir caser en trois épisodes un récit qui tiendrait en deux apporte une lenteur narrative soporifique. Bercé par les lents et magnifiques travellings et la délicieuse musique, on sombre dans une torpeur admirative. Une torpeur qui se transforme en ennui léger, pas handicapant, mais tout de même un peu gênant qui finit par nuire à la dynamique du film. On n’y retrouve ni la nervosité, ni la puissance du souffle héroïque qui gonflait les voiles des deux tours par exemple.

Si le désir de prolonger le plaisir du spectateur et du réalisateur est évident, si la beauté du Hobbit est stupéfiante, si le film dispose d’un étalonnage somptueux, de décors magnifiques, ce dernier semble être justement prisonnier de son carcan de beauté sonore et visuelle. Il en résulte alors un étrange phénomène.

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