Le Hobbit, La Bataille Des Cinq Armées – Ouf la fin !

Critique Le Hobbit, la bataille des cinq armées - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Aventure, Heroic-Fantasy  Durée :  2h24 Note : 05/20

Réalisé par : Peter Jackson Acteurs :  Martin Freeman, Richard Armitage, Evangeline Lilly, Lee Pace, Luke Evans, Ian McKellen, Ken Stott, James Nesbitt, Cate Blanchett

Alors que Smaug est en train de raser Lacville, les nains reprennent possession de Erebor, la montagne solitaire. Thorin, rendu fou par l’or de son royaume retrouvé et à la recherche de l’Arkenstone, refuse de céder lorsque les rescapés du massacre perpétré par Smaug lui demandent asile. Une guerre se prépare alors entre les Elfes, les Nains, les Humaines et les armées de Wrags et d’Orques qui approchent de la cité souterraine. Le chemin est encore long avant que Bilbo ne puisse retourner dans sa paisible comté.

Un premier épisode en demi-teinte, une désolation de Smaug qui relevait le niveau, mais dont la fin nous laissait sur notre… faim, on attendait le troisième volet de cette nouvelle trilogie comme une conclusion à la hauteur du monument qu’est le livre de Tolkien et toujours inquiets par la persistance de Peter Jackson de vouloir s’offrir une histoire en trois volets. Inquiétude malheureusement fondée, La Bataille des 5 Armées est certainement le pire film qui n’ait jamais été fait dans l’histoire du Seigneur Des Anneaux.

Raté, expédié, paresseux, inutile, soporifique, mou et répétitif, tels sont les adjectifs qu’il convient d’employer pour résumer ce ratage complet qu’est cette conclusion interminable et maladroite et qui n’aurait jamais dû exister si Peter Jackson s’était contenté de deux opus pour raconter le voyage inattendu de Bilbo Sacquet. C’est pour moi un incroyable foutage de gueule adressé aux spectateurs avec une balourdise inouïe indigne du talent de son réalisateur qui s’écoule pendant 2h30 à l’écran.

Véritable huis clos à la coquille coûteuse désespérément vide d’Elfes, de Nains et d’humains qui se regardent en chiens de faïence avant de démonter la gueule leurs ennemis, à aucun moment, La Bataille des Cinq Armées ne s’inscrit dans l’histoire des précédents récits avec la volonté de la faire avancer. Au contraire, on régresse en permanence dans la qualité et la rythmique du récit, on remonte 5 ans en arrière pour la qualité des CGI, et on plonge directement façon retour vers le futur dans la relation de personnages, qui d’Elfes inutiles à intendants casse-couille n’apportent rien sinon l’impression de nager dans un ersatz de comédie Disney bas de gamme type Pirates des Caraïbes 6 ou 7.

Du début à la fin, c’est une armée de clichés dans les dialogues, le scénario, dans les personnages, dans les plans et les batailles… Le film s’autocaricature avec un enthousiasme malsain pour ne jamais parvenir à se trouver correctement. Et de relations incongrues, de tentatives ratées de recoller avec la première trilogie, de l’affrontement avec Smaug qui retombe comme un soufflé au bout de 15 minutes, jamais on retrouve une seule seconde le souffle divin et inspiré qui fait du Seigneur, un des plus beaux récits jamais filmés par un homme. Jamais on ne verse une larme ou l’on éprouve le soupçon de sympathie pour les personnages et leur destin. Personnages pourtant interprétés par de brillants acteurs, Martin Freeman en tête, mais malheureusement trop absent.

Pire, on reste même parfois perdus, hébétés, devant les motivations qui amènent certains personnages à agir de telle ou telle sorte, devant leurs retournements de veste soudains, devant la maladresse du montage, et encore l’éternel cliché de la corruption de l’homme par l’argent faut d’anneau, et encore des larmes inutiles et un Legolas poseur virevoltant et casse-bonbons, et encore des batailles à répétition, interminables qui aurait peut-être un semblant d’intérêt si elles n’étaient pas aussi horriblement filmées, chorégraphiés et n’avaient pas l’air de sortir d’une cinématique de jeu vidéo. L’impression d’un effort qui n’a pas été fourni, par un réalisateur qui réalise soudain qu’il n’a absolument rien que du creux pour remplir son dernier volet oubliant même de mettre en valeur sa Nouvelle-Zélande et ses paysages magnifiques.

Plus, plus, plus, plus, plus !!! Semble hurler le réalisateur à chaque instant pour gaver le spectateur jusqu’aux orteils. Ce manque total de subtilité, de niveaux de lecture, de densité du récit, de souffle de rage, de passion même et de manque flagrant d’écriture et de relationnel font que La Bataille Des Cinq Armées est vide et sans aucun intérêt. Un nombre invraisemblable de questions restent en suspens à la fin du récit, qui aurait mérité une conclusion vraiment plus rapide, mais un épilogue totalement improvisé, hors Tolkien, pour recoller au Seigneur.

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