Le Domaine Des Dieux – Alexandrus Luigi Gratias

 

Critique Le Domaine Des Dieux

Genre : Animation, Humour, Aventure Durée :  1h25 Note : 14/20

Réalisé par : Louis Clichy, Alexandre Astier Acteurs :  Roger Carel, Guillaume Briat, Lorànt Deutsch, Alain Chabat, Alexandre Astier

En 50 avant Jésus-Christ, tout la Gaule est occupée par les Romains. Toute ? Non ! En Armorique, un petit village résiste avec courage à l’envahisseur, un petit village entouré de camps retranchés Romains. Jules César, ulcéré, demande à l’architecte Englaigus de s’occuper du projet immobilier, le Domaine Des Dieux, un ensemble de logements qui seront construits aux abords de ce petit village que tout le monde aura reconnu.

Je ne vous ferait pas l’affront de vous présenter Astérix, le Gaulois le plus connu du monde. Comme beaucoup j’ai été bercé par ses aventures, fasciné par l’humour de Goscinny et le trait magnifique d’Uderzo, le sens du gag, l’inventivité, la documentation, la richesse de la juxtaposition antiquité-contemporaine, ecrire un Astérix ne se fait pas comme ça et tout n’est pas qu’une histoire de gags..

En véritable amoureux exclusif et véritable intégriste de cette BD au même titre que Gaston ou Tintin, le cinéma m’a souvent fâché avec ceux qui ont tenté de l’adapter. Hormis les premiers dessins animés jusqu’aux Bretons, voire La Surprise et le Cléopâtre d’Alain Chabat peu ont réussi le challenge d’une adaptation réussie et je garde un ressentiment immense pour ceux qui touchent à une de mes BD culte. Car c’est un euphémisme, Les Indiens, Les Vikings, Les Jeux Olympiques, Au service de sa Majesté, tous ces films étaient des purges totales, des bouses immenses, dont la jaquette est juste bonne à ramasser la litière usagée du chat et la galette à racler les fonds de tiroirs d’un bureau de scénariste américain avide de chier sur les écrans, des reboot inutiles à plusieurs millions de dollars.

Lorsqu’Alex Astier a annoncé vouloir s’attaquer à Astérix et qui plus est au domaine des dieux pourtant, j’avais confiance. Tout comme Alain Chabat, on sent fondamentalement chez lui un héritage, voire une admiration d’auteur pour Goscinny et Uderzo. Même si leur humour est souvent plus trashouille, même si Chabat a du beaucoup, beaucoup se délecter d’Iznogoud (autre adaptation désastreuse au cinéma), lui et Astier ont cette écriture, cette rythmique du gag, qui sied si bien à une adaptation d’Asterix.

Choisir le Domaine Des Dieux sorti en 1971 était un pari couillu pour Alexandre Astier, si c’est un des Astérix les moins connus, c’est sans conteste l’un des meilleurs et l’un de ceux qui reste extrêmement contemporains à une époque de perte d’identité et de démographie à la construction galopante. Totalement en huit-clos, entre tourisme, écologie, xénophobie, jeux TV, loi du commerce et libre concurrence, critique du capitalisme et des promos à deux balles, architecture et grands ensembles défigurant le paysage, déforestation… et j’en passe, le Domaine Des Dieux est riche de double sens, de double lecture toujours d’actualité.

Une pure merveille que Astier et Louis Clichy ont superbement rendu et c’est, depuis Astérix Chez Les Bretons (le dessin animé), le meilleur portage du petit Gaulois à l’écran. Même si certains gags étaient impossibles à restituer (On ne parle pas sèchement à un Numide, les pages d’inventions architecturales d’Anglaigus, les Amphores-villes etc.) on peut pardonne aisément, car ils seraient peut-être simplement tombés à plat. Certaines choses se « lisant » plus facilement par écrit par écrit que par oral. Peut-être lui manque t’il un léger sursaut de folie et de voir dégager la voix suraigüe d’Élie Seimoun qui se sent obligé d’en faire des caisses pour que ce soit parfait.

Drôle, rythmé, fidèle à l’original avec quelques libertés touchantes, amusantes, bien trouvées signées Astier/Kaamelott et finalement pas si superflues, Romains trouillards parfois aussi débiles que les Gaulois, 100% pour les enfants ET les parents, mais pas débilisant comme « Les Jeux… » ou « Au Service… », Le Domaine Des Dieux est un excellent petit film de Noël dont l’animation ultra inventive, ultra dynamique et les personnages vivants et fidèles aux originaux sublimement mis en scène par l’ultra talentueux Louis Clichy (Animateur chez Pixar pour là-Haut et Wall-E excusez du peu, on s’incline s’il vous plait), soutiennent parfaitement la réécriture d’Astier.

Ce dernier glisse sur la plume de Goscinny comme Clichy sur celle d’Uderzo. Un magnifique hommage de deux auteurs à ceux qu’ils doivent certainement considérer quelque part comme leurs pères spirituels. La recette de la potion magique a été retrouvée. Bravo et merci les gars.

2 avis sur “Le Domaine Des Dieux – Alexandrus Luigi Gratias

    1. Merci Jules :) je me suis permis néanmoins de modifier votre commentaire en enlevant votre lien publicitaire fusse-t-il intéressant ^^ !

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