Le Dernier Rempart – Droit dans le mur

Genre : Policier, Action Durée : 1h43 Note : 05 /20

Réalisé par :  Kim Jee Woon  Acteurs : Arnold, Schwartzenneger, Eduardo Noriega, Forest Whitaker

Le shérif d’une petite bourgade frontalière du Mexique voit s’approcher de sa ville un dangereux baron de la drogue fraichement échappé des griffes du FBI et bien décidé à passer de l’autre côté de la frontière pour échapper au couloir de la mort. Pour ne pas laisser la justice impunie, l’officier va tout faire pour arrêter le criminel dont les hommes ont déjà attaqué la ville.

Schwarzenegger. Pour les enfants des années 80-90, ce nom est celui d’une icône totale. Une montagne de muscles d’acier au regard aussi métallique aussi dur à couper au couteau que l’accent allemand de sa voix troglodytique. Un acteur synonyme des plus gros succès du cinéma d’action primaire avec des éblouissants films nerveux et sanguinolents. Préférant les poings dans la gueule, les balles dans la tête et trois lignes de dialogue aux parlementions et digressions autour du bien et mal.

Commando, Predator, Terminator, Kalidor, Conan, Total Recall, Running Man, le Contrat, Double Détente sont bien les dignes reflets du Arny de la grande époque, des films légendaires, explosifs, bourrins d’une époque où la guerre froide arrivait à son terme (l’année de Terminator 2) et à laquelle l’Amérique devait s’imposer comme la terre d’élection de machines à tuer humaines qui vous font gicler la cervelle de l’ennemi par litres et kilos entiers en sourcillant à peine plus que lorsqu’ils achètent un six-pack à l’épicerie du coin de la rue en fumant un paquet de clopes à t’en faire péter les poumons. Bref l’American Heroe qui vivait l’American Dream.

On attendait alors avec impatience dans « Le Dernier Rempart » un retour aux sources comme avaient pu nous l’offrir le dernier Rambo ou dans une certaine mesure les deux Expandables dans un genre parodique. Et c’est précisément en pleine parodie que l’on se croit dans ce film du réalisateur pourtant formidable de « Bittersweet Life » et de « J’ai Rencontré le Diable ». Ce dernier ne semble même pas être derrière la caméra à un seul plan, pas une seconde on ne reconnait sa pâte, sa lumière, son cynisme, son don du casting, sa direction d’acteur. Kim Jee-Woon sans doute pressé et surtout excédé par les studios, a du certainement y mettre de la mauvaise volonté. Non content d’enquiller les plans insipides, les mouvements de caméra à la Michael Bay, une lumière dégueulasse, il se noie totalement dans le scénario d’une connerie rarement atteinte avec lequel on n’aurait même pas envie de ramasser les crottes du chien dans la rue, pondu par les cerveaux embrumés de dollars de trois scénaristes complètement à la ramasse qui ont compilé dans les 1h47 du film, une montagne de clichés tellement haute qu’ils empêchent le film de se hisser à la hauteur de ses glorieux aïeux.

Tout y est ! La situation à la con du grand méchant en fuite, les flics dépassés, la course frénétique… Le Petit Sheriff de province qui cache une véritable machine à tuer, l’adjoint ventripotent, mexicain de surcroit, un peu lâche qui se trouve une paire de balls le temps d’une seconde de bravoure sans avoir la décence de crever comme une merde après s’être pris une prune propre à tuer un cerf dans la fleur de l’âge en pleine course, l’adjoint trop mimi tout plein qu’on lui presserait le nez il en sortirait du lait qui se fait défourailler comme un gigot un dimanche de fiançailles, le bad boy qui se rachète une conduite, amoureux transit de l’adjointe timide qui cache une warrior au féminin pour éviter de se prendre les chiennes de garde yankees dans le museau, l’agent du FBI qui conchie le Sheriff de province, mais n’en fou pas une rame pendant le film (il va falloir arrêter de gâcher l’immense talent de Forest Whitaker)…

Telle est l’équipe fantastique de bras cassés, flanquée d’un névrosé des armes (piqué sans vergogne sur le glorieux personnage de Burt dans le très auto parodique Tremors) qui va affronter Le gros, le très gros méchant du film. Ce dernier est tout un poème…

Vendu comme un véritable baron de la drogue, pire que Pablo Escobar, à la cruauté sanguinaire que Staline à côté c’est un vendeur pré pubère de churros à Palavas-Les-Lots qui travaille tout l’été pour se payer le prochain Sim City. Notre méchant a plus l’air d’un pauvre figurant de Telenovelas bas de gamme ou d’un doubleur de pub chocapic, charismatique comme une écumoire jaune poussin oubliée sur le plan de travail en formica d’une cabane en ruine abandonnée au fin fond d’un ravin où personne ne va jamais. Même en y regardant bien, on a bien du mal à reconnaitre Eduardo Noriega, un bon acteur pourtant, qui jouait dans le superbe film de Guillermo Del Toro, l’Échine du Diable ou le rôle de Cesar dans Abre Los Ojos de Amenabar (Vanilla Sky pour son adaptation américaine). Un acteur qui avec du vrai Kim Jee-Woon aurait pu faire merveille comme Choi Min-Sik le fou furieux tueur violeur de « J’ai rencontré le diable ».

Sans déconner, ce dernier passe tout le film à conduire sa corvette survitaminée, le cul dans son siège baquet, en lançant de méchants regards à la camera, à son otage, ou à son levier de vitesse et en passant des coups de fils menaçants à sa fine équipe partie du coté du comté du shérif pour tranquillement bâtir un pont militaire en attendant qu’il se pointe pour passer la frontière comme une fleur. Puis il affronte Schwarzy dans un ridicule corps à corps durant lequel il se prend une fessée déculottée, les scénaristes n’ayant même pas eu l’idée de lui filer une mort digne de ce nom, un peu cruelle, un peu sadique… rien !! La fin est à l’image de son rôle, ridicule et plate. Quand un film se veut parodique, on force le trait on ne fait pas dans une fin d’épisode à la McGyver.

Ha oui, parce qu’aujourd’hui, le grand truc lorsque l’on s’aperçoit à la fin du montage qu’un film est totalement raté, qu’il va se faire déchiqueter par la critique et va s’écraser comme une bouse fraiche sur des figurines Sta-Wars au box office, on sort la carte de l’autoparodie et que qu’est ce qu’on s’est marré sur le tournage et vous avez vu le clin d’œil aux années 80 ? C’est cool hein ? Hein ? Hein ? Hein ? Qu’on ne vienne pas me dire qu’il y a dans le dernier rempart une volonté d’autodérision, parce qu’à ce moment-là, ça va devenir l’excuse N°1 pour tous les pauvres navets déféqués par Hollywood qui s’écrasent régulièrement dans nos salles obscures.

Dès le début, « The Last Stand » a été vendu sur le nom du réalisateur de « J’ai rencontré le Diable », un film superbement réussi, noir, violent, viscéral, brutal et sur Schwartzenegger. Certains s’étaient déjà imaginé Arnold dans un film de ce genre, une prise de risque, enfin ! Que Nenni ! à l’instar de ses prédécesseurs asiatiques déjà appâtés par les sirènes Hollywoodiennes , Kim Jee Woon pond l’une des plus grosses bouses de ce début d’année, sans doute encore plus mauvais que ne l’avait été « Chasse à L’homme ». Le risque était sans doute trop grand pour les studios de voir leur icone plonger dans un film d’action noire et sordide. On imagine bien les grands pontes et même peut-être Arny lui-même, veillant au grain,  corrigeant le tir pour en faire une petite fable familiale regardable et surtout pourvoyeuse de billets de cinéma pour tous. En effet quand on peut sodomiser les parents et pourquoi se priver de faire de même avec les préados ?

2 avis sur “Le Dernier Rempart – Droit dans le mur

    1. Je ne critique pas tant McGyver qui m’a quand même provoqué un des plus grosses frustrations de ma vie lorsque j’ai essayé de fabriquer un deltaplane avec un rabot et une coquille de moule mais plutôt la fin un peu symptomatique des séries des années 85-90 où tout le monde rigole en se tenant les épaules puis l’image se figeait dans un pause terrorisante :) La fin du Dernier Rempart, c’est un peu la fin d’une vieille série télé un peu sympa mais sans franchement de risque :)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *