Le Chat du Rabbin – Griffes emoussées

Genre : Animation  Durée : 1h40   Note : 11/20

Réalisé par : Joann Sfar & Antoine Delesvaux Avec : Hafsia Herzi, François Morel, Maurice Benichou


Alors que le Rabbin Sfar officie à Alger, un jour, son chat, excédé par le blabla incessant du perroquet de la maison dévore celui-ci , se retrouve doué de parole et se met à remettre en question les fondamentaux de la religion juive. Il fait avec cynisme, des remarques sur tout ce qui l’entoure ou lui arrive ce qui a le don d’énerver le rabbin. Dès lors, le chat est mis « en quarantaine » par ce dernier, dans sa propre maison, loin de sa maîtresse Slabya, la propre fille du rabbin, pour éviter qu’il ne l’influence de ses pensées malsaines.  Pour que le maître accepte qu’il fréquente à nouveau Slabya, le chat désire faire sa Bar Mitzvah et va devoir apprendre les enseignements du Talmud, de la Michna, de la Torah et de la Guemara pour devenir un bon chat juif. Un chemin qui s’avère des plus délicats.

Critique : Si vous pensez tout de suite, je ne suis pas juif, je ne peux pas être touché par « Le Chat Du Rabbin », vous vous fourrez le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate. Bien sur la BD prend le Judaïsme comme clé de voûte de son œuvre mais l’éducation et l’approche que le rabbin adopte avec son chat pour lui enseigner les rudiments de sa religion permettent au non initié de se familiariser avec une religion qui, comme toutes les religions nourrit avant tout une montagne de fantasmes. L’œuvre est de toutes les façons, loin, très loin d’être un film pro-juif, c’est surtout un film que remet en place certain questionnements sur la foi, le pourquoi et le comment de dieu. Au travers du judaïsme, c’est bien l’ostracisme et le fanatisme de toutes les religions qui sont dénoncés.

Pour être franc, j’ai lu la BD de Sfar et loin, très loin de la trouver inintéressante, je ne fais pas partie des « groupies » du chat du Rabbin, certaines de mes amies ont littéralement fondu pour l’œuvre, je l’ai appréciée, c’est joliment dessiné mais surtout et avant tout diablement bien écrit et c’est peut-être ça le principal défaut du film à mon sens, alors que les réparties féline du félin facétieux semblaient taillées à la serpe, ici elles perdent de leur substantifique moelle, pire, elles se font quelquefois lourdes pour finir par freiner le déroulement du récit lui-même. Sfar écrit admirablement bien et il aurait gagné à enlever quelques dialogues ou peut-être en privilégier d’autres.

Certes, c’est beau, certains plans sont très inventifs, l’animation du chat est superbe, mais le film est peut-être un peu trop bavard, un peu trop lent, il manque un je ne sais quoi pour arriver à passionner profondément. C’est bourré de bonnes idées, c’est appétissant, plein de belles couleurs et de belles musiques, mais je persiste dire que la pertinence du discours qui trouvait un écho subtil et pertinent en BD, se fait ici un peu trop lourd pour arriver à me convaincre d’en faire une seconde vision. C’est un film, léger, sympa qui fait voyager et nous apprend deux trois dont le fait que la 3D peut-être complètement inutile et n’être juste qu’un argument commercial.

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