La Taupe – My name is Parano, James Parano

Genre : Espionnage Durée : 2h07  Note :  17/20

Réalisé par :  Tomas Alferdson Avec : Gary Oldman, Mark Strong, John Hurt

Pendant la guerre froide, les relations entre les grands blocs internationaux, sont on ne ne peut plus tendues. Suite à l’issue dramatique d’une mission en Hongrie, le patron du MI6 se fait évincer de son poste avec son ficèle second, George Smiley. Pourtant, très vite, Smiley est réengagé sur demande du gouvernement. L’opération en Hongrie a certainement échoué suite à la présence confirmée d’une taupe, plus précisément d’un agent double soviétique,  au cœur même des services secrets britanniques. Dans une époque où la moindre erreur diplomatique pouvait plonger le monde dans la 3ème guerre mondiale, une enquête commence qui va faire ressurgir du passé un ancien ennemi de Smiley, le mystérieux et redoutable espion russe Karla.

Des films d’espionnage, on a souvent l’image musclée, bourrée de cascades et de gadgets qu’a véhiculée la saga James Bond. Si cette dernière a des qualités indéniables, elle reste dans un genre de film d’aventure et d’action au ton plus léger et plus divertissant. Il existe pourtant une catégorie plus introspective, plus noire, plus subtile dans cette catégorie à part.

Des films comme Les 39 Marches, Les Trois Jours du Condor, Conversation Secrètes, Les Hommes du Président, La Maison Russie, Spy Game, Syriana ont montré que le film d’espionnage pouvait se révéler réaliste et d’autant plus passionnant en décryptant les rouages bien huilés qui font fonctionner la mécanique des services secrets. La taupe est exactement de ceux-là. Loin d’être un film qui étale scène d’action, sur scène d’action, il plonge le spectateur dans un réalisme terrifiant et dans une nébuleuse de personnages au flegme très anglais dont le passé et le présent trouble la vision que l’on peut avoir d’eux.

Cette adaptation de la trilogie de Karla (John Le Carré) joue sur la subtilité incroyable du jeu de Gary Oldman, brillant, passionnant, magnifique dans ce rôle d’enquêteur et glisse le spectateur dans une paranoïa qui pulvérise chaque seconde nos idées et nos suspicions quand à l’identité de cette fameuse Taupe.

Avec une lumière crue et saturée magnifique, une mise en scène très sobre, une musique envoûtante, une direction d’acteur intelligente et un sens de l’intrigue digne du roman, Tomas Alfredson réalise un film à la tension implacable et permanente ou chaque regard échangé, chaque parole prononcée est un indice révélé, une énigme posée ou une menace voilée.

La Taupe est une histoire aux subtilités infimes qui fait appel à l’intelligence du spectateur. Un récit prenant, complexe mais pas compliqué qui nous replonge dans l’une des périodes les plus passionnantes de l’histoire et surtout sein du secret de l’une des machines et espionner les plus redoutable de la planète, le MI6.

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