La Planète Des Singes : L’affrontement – Macaque Oualou

Genre : Action, Science fiction, Navet Durée :  2h11  Note : 05/20

Réalisé par : Matt Reeves Acteurs : Andy Serkiss, Jason Clarke, Gary Oldman

10 ans après l’attaque de la grippe simiesque. Une grande partie de la terre est revenue à l’état sauvage. Non loi, de San Francisco, une communauté de singes s’est établie et vit dans la tranquillité. loin des hommes, prêts à rebâtir doucement une civilisation. Un jour, quelques humains reviennent sans le savoir sur leur territoire. Une rencontre qui ne se passe pas pour le mieux et sera le début d’une guerre sans merci pour décider de l’espèce qui restera maitresse des lieux et de la terre.

J’avoue, je suis un vieux de la vieille (enfin pas tant que ça non plus). Pour moi, la Planète Des Singes est et restera ce vieux film de SF des années de guerre froide ou le roman de Pierre Boule dont s’inspira avec beaucoup de maladresse Tim Burton pour en faire son film. J’avais gardé du 1er épisode, sorti en 2011, le  souvenir d’un film qui mettait autant de temps à démarrer qu’il n’en mettait pour finir même si, virus et pandémie à l’appui, il se révélait assez divertissant pour à peine esquisser sa liste de courses dans sa tête le cul vissé dans son siège au cinoche, mais ne cassait pas trois pattes à un macaque.

Autant dire que ce second épisode du reboot y va franco dans la gadoue sans l’acteur du même nom (Franco pas Gadoue, hahaha !) mais avec une palanquée de tête connues et d’un Gary Oldman qui cachetonne comme un gros porc, quasiment autant que Morgan Freeman et dans un rôle aussi utile et profond que son illustre alter ego en versant une petite larme pour sa famille devant son iPad ou en éructant trois lignes de dialogues peut inspirés sur le ton sans conviction d’une voix-off de pub pour lasagnes de la mer (Pauvre Gary, arrête de déconner). Franchement, on l’aurait remplacé par un lave-linge à reconnaissance vocale qu’on aurait peut-être gagné en émotion. Pourtant, c’est bien le seul à réussir à tirer un peu du nuances dans ce groupe de bulldozers de la réplique qui foire.

Mais que faire, pauvres acteurs, quand on est casté dans un film pareil ? Nul acteur, aussi bon (et aussi mauvais de surcroit) soit-il ne saurait tirer un César (Oui, elle est bonne mais il faut un moment pour la comprendre) d’un scénar digne d’un très mauvais épisode des TKKG (sorte de club des cinq bis). Matt Reeves, pourtant réalisateur du found-footage jouissif mais complètement crétin (oui, j’ai kiffé) Cloverfield (mais aidé par JJ « Star Wars VII » Abbrams) signe avec La Planète Des Singes : L’affrontement, un film au scénario absolument désastreux. Tellement téléphoné que Graham Bell en aurait chopé une variole doublée d’une varicelle foudroyante après s’être imprimé la gueule en se la fracassant plusieurs fois sur un clavier mécanique d’ordinateur (les plus solides, les gamers, ceux qui marquent bien). Peu de films atteignent ce degré de prévisibilité, ce mélange habile de manque de rythme et d’idées avec cette accumulation de clichés, vu et revus et moulus et vomis et remixés et ressortis en espérant que comme Billy Crawford, ça ne se voit plus.

Agissant comme un bon Xanax, La Planète Des Singes : L’affrontement est d’une lenteur effroyable et seules les 10/15 dernières minutes décollent dans un bordel innommable, une bouillie de coups de feu presque Michael Bayienne, d’incendies volontaires, un heads-up mémorable et des twists amenés avec la finesse d’un ours brun claustrophobe dans une boite aux lettres (et pas le petit qui tient dans votre boite aux lettres lui). Tout le début du film ressemble à une étude anthropologique du comportement simiesque-augmenté et à une très pénible mise en place de l’inévitable affrontement, puisqu’on le sait, c’est comme dans Total Recall Mémoires Programmées, le spoil est dans le titre, la merde est sur l’écran.

Plombé, mais pas que, par l’idée qui aurait pu être brillante de ne pas faire causer les singes dans un premier temps, mais de les faire s’exprimer par borborygmes et signes divers comme les vieux cirrhosés qui carburent au Four Roses le matin à côté de chez moi le matin avant d’aller chercher le pain, le film surfe sur un terrain totalement casse-gueule qui trouve très vite ses limites. Totalement manichéen en même temps que ridiculement moraliste L’affrontement enfonce des poncifs vieux comme la pluie dans les orbites de ses spectateurs : Il y a du mauvais dans toutes les races et toutes les espèces, qui a vécu par le feu périra par le feu, ce n’est pas parce qu’il est différent que tu dois en avoir peur et blablabla et blablabla et t’as pensé à acheter des Skittles pour l’anniv de la petite chérie ?

Ce n’est pas renier la prouesse technologique, même si elles se voient, le texturage et la motion capture sont très réussies mais il y a quelque chose qui ne colle pas dans ces mis-singes-mi-humains, un truc qui sonne faux. En n’ayant pas les bollocks d’assumer une réelle ellipse temporelle bien plus importante, le film ne sert strictement à RIEN, arrivée à son terme, l’histoire n’a pas bougé d’un pouce et laisse le champ libre à un 3e épisode. C’est comme assister à un filler (de : to fill en anglais, un épisode bouche-trou, les plus chiants NDLA) d’une mauvaise série TV avant que les season-ending n’arrivent. Je vais même pas dire dommage, c’était couru d’avance.

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