La Momie – Mort en bobines

La Momie Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Science fiction, aventure, épouvante, horreur Durée : 1h51 Note : 04/20

Réalisé par : Alex Kurtzmann Acteurs :  Tom Cruise, Sofia Boutella, Annabelle Wallis

DURANT LES TEMPS IMMÉMORIAUX DE L’ÉGYPTE ANTIQUE, UNE PRINCESSE AUX GRANDES ENVIES DE CONQUÊTE DU MONDE PAR LA FORCE ET LA HAINE S’EST RETROUVEE ENFERMEE DANS UNE SARCOPHAGE SCELLE PAR UNE SERIE DE LOQUETS ET D’INCANTATIONS MAGIQUES. DES ANNÉES ET DES ANNÉES PLUS TARD, C’EST SOUS LES COUPS INSISTANTS D’UN SOLDAT/ARCHÉOLOGUE/VOLEUR QUE L’ALTESSE EN QUESTION EST RÉVEILLÉE ET SES POUVOIRS EXPLOITENT PAR UNE SOCIÉTÉ SECRÈTE QUI PARTAGE SES ENVIES DE DOMINATION DE LA PLANÈTE.

C’est une incantation que l’on entend monter des salles de brainstorming des studios Universal. Un pentacle dessiné au sol à grandes lignes de cocaïne, entouré de bougies parfumées à la colombienne venue de Tijuana et des poppers trônant à côté de gros chéquiers et des dernières prévisions des chiffres de l’épisode 19 de Transformers.

Les monstres de l’ancien temps sont ramenés à la vie, extirpés des profondeurs de nos souvenirs éteints et des séries B dans lesquels ils étaient enfouis bien tranquillement dormant du sommeil du juste. George Romero vous le dira, il vaut mieux éviter de chatouiller les morts quand ils se reposent tranquilou six pieds sous terre.

La Momie est donc exhumée de ses bandelettes sous des formes féminines après avoir essuyé des versions à la qualité déclinante depuis des années. Cette fois, les studios s’appuient sur une méga-bankable-fuckin-superstar pour driver les spectateurs en salle : monsieur je fais mes cascades seul dans des situations impossibles.

La Momie 03 - N'y allez pas c'est de la merde
Mon dieu que cette grotte est sombre et mystérieuse elle doit cacher un sombre mystère…

Véritable totem monolithique sur lequel sont braquées toutes les caméras du film, figure de proue du héros ambigu qui se rêve en Indiana Jones borderline alors qu’il est à peine un Mac Gyver du pauvre, le personnage de Cruise est la pelle qui sert à creuser la tombe du film dont les très nombreuses Némésis qui se comptent sur deux doigts d’une main peinent à égratigner la carapace de masculinité indestructible qui le caractérise.

Voilà notre héros/méchant entouré d’un meilleur ami lourdingue, d’une pouffe qui déploie des trésors d’erreurs d’interprétation pour essayer de camper une amoureuse transie tiraillée entre le combat pour le bien et pour le mal de son bel éphèbe. Et c’est à peu près tout ce que l’on peut retenir du film. Comment Tommy va réussir à se sortir de cette situation périlleuse, mais inenextricable et tant pis ça n’existe pas.

Le reste est du même acabit scénaristique que son cousin velu qu’est King-Kong, la momie est le résultat de la justification qui coûte une blinde pour faire exister une série de films et un dark universe qui permettra d’enchainer des films dégueulasses sans perdre la face et pouvoir annoncer la bouche en cœur que l’œuvre apparaitra dans toute sa beauté une fois complétée de ses 84 épisodes à 160 millions de dollars l’unité. Alors vous savez, le bon sens et la qualité, à Holly (il faut dire comme ça quand on est hype), on n’en a un peu rien à branler.

La Momie 02 - N'y allez pas c'est de la merde
Dans deux secondes, on tourne la scène pilier du film qui va tout faire s’effondrer

Si les momies sont sensées être à l’épreuve du temps et être une méthode de conservation redoutable qu’aurait envié Auguste Picard qui n’est absolument pas l’inventeur de la chaîne de magasins frigorifiques, c’est bien un con gelé du cerveau qui a réalisé l’impensable scénario de cette momie des cavernes. Mortifié , on assiste dès les premières minutes à la lente agonie d’une histoire dont la fin est annoncée dès les premiers instants du film, dès que l’explication de la « légende » totalement tirée par les cheveux. Une torture guantamoesque sur grand écran, autant vous dire que vous pourrez toujours regarder votre montre pendant qu’on vous chie dans les yeux, ce sera comme pisser dans un stradivarius.

Passablement laid, rempli jusqu’à la nausée de ce que le cinéma hollywoodien adore en ce moment, La Momie, ce sont des litres et des litres d’effets spéciaux illisibles, soporifiques, de ceux qui font que chaque film ressemble à un autre, merci Michael Bay. Le film oscille graphique entre l’horreur navrante de série bas de gamme et le film de zombie coureur de 100m. C’est affreusement répétitif, terriblement attendu, on a l’impression de plonger tête la première dans une fosse septique et en ressortir les yeux grands ouverts, aveuglés par le ramassis d’excrétions porté à l’écran, essuyant une goutte de vomi à la commissure de nos lèvres.

La momie, c’est du creux, du super creux, du néant le plus total. C’est un enchainement de scènes-spectacle avec un pauvre liant scénaristique, l’agar-agar du manuel du petit script-doctor régurgité ad-nauseam pour donner un semblant de structure et de pathétiques rebondissements dont la futilité n’égale que l’ignoble prestation livrée par Russel Crowe, aussi convaincant en docteur Jekyll  que Michel Edouard Leclerc en philanthrope. Pour le coup, il aurait mieux fait de se la jouer mister Hyde tant il ne sert à rien, en fait des containers entiers dans le ridicule. C’est triste finalement.

Mais le plus grave, c’est que c’est ennuyeux, très ennuyeux, peu surprenant, très mal joué, très mal amené, horriblement structuré et fatalement, complètement raté. La Momie, c’est un soufflé surgelé dont la photo déjà loupée sur la boite vous hurle de ne pas ouvrir l’emballage et qui retombe à même la cuisson dans les tréfonds des nanars qui ne se paient même pas le luxe de se classer dans la catégorie des œuvres sympathiques.

La Momie 01 - N'y allez pas c'est de la merde
La suittteeeeeeeeeeeeee !!!!!

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