Kong Skull Island – Kong comme la lune

Critique - Kong Skull Island - N'y allez pas c'est de la merde Poster

Genre : Aventure Durée : 1h59 Note : 02/20

Réalisé par : Jordan Vogt-Roberts Acteurs :  Tom Hiddleston, Samuel L. Jackson, Brie Larson

UN GROUPE D’EXPLORATEURS, SCIENTIFIQUES ET MILITAIRES S’AVENTURENT AU CŒUR D’UNE ÎLE INCONNUE DU PACIFIQUE, ENTOURÉE D’UN PROFOND MYSTÈRE ET D’UN CYCLONE PERPÉTUEL. ILS VONT TRÈS VITE ÊTRE CONFRONTÉS À LA VIRULENCE DES HABITANTS, NOTAMMENT UN GORILLE GÉANT QUI SEMBLE RÉGNER SUR L’ ÎLE.

La légende court que Kong Skull Island serait un caprice de milliardaire russe qui voulait voir porté à l’écran. Comme un gamin qui joue avec ses dinosaures et ses Playmobils. L’histoire ne dit pas si c’est le fils du milliardaire en question qui a écrit le scénario et validé la réalisation tant le résultat final est à la hauteur de l’apocalyptique étron que doit chier Kong, bien tranquille sur son île.

Pas sûr que pour cette île du crâne, l’équipe se soit vraiment cassé la tête. On peine à imaginer comment une machine pareille a pu engloutir les 185 millions de dollars de budget et déverser sur les écrans un tas pareil d’inepties, mal ficelées, mal construites, mal filmées, saturées de clichés et de lumières dégueulasses et de plagiats de films connus. Un ensemble ferait passer le plus tape-à-l’oeil des Michel Crique, pardon des Michael Bay pour un film du festival de Sundance.

Si le début du film prend immédiatement le spectateur pour le dernier des abrutis  : comment ne pas repérer immédiatement, à l’ère de la guerre du Vietnam et en plein dans l’arc indonésien, une île autour de laquelle cercle un cyclone perpétuel ? et surtout comment transformer un double crash aérien en un des plus risibles combats américano-japonais du monde. Comment le reste du long métrage propulse notre statut de payeur cash de place de ciné au rang de cash machine décérébrée à la tolérance telle qu’elle ne sourcillera pas quand dès le premier quart d’heure, Kong joue à tapoter comme des moucherons de sa paluche géante des hélicoptères qui se crashent les uns après les autres. La scène totalement surréaliste, totalement gratuite donne le ton du film. On plonge en plein délire, en plein grand huit qui donne envie de vomir son pop-corn que de sourire de plaisir.

Critique - Kong Skull Island - N'y allez pas c'est de la merde 02

Complètement binaire dans son étalonnage qui se la joue hommage aux grands films de guerre et de monstres et adopte une couleur à une situation (vert = guerre, bleu = romance rouge = bordeaux grand médoc…) , le film joue des effets de style pour gommer le vide sidéral d’une histoire qui ne va jamais plus loin que celle d’un gros singe qui se met en colère à faire son caca nerveux de quelques mètres de haut.

Pire, il injecte une sombre histoire de Terre creuse et fait de Kong une sorte de soupape empêchant l’humanité d’être envahie par les monstres du dessous. Une espèce de Lovecraft et ses grands anciens au rabais avec la réalisation d’une série TV à bas budget.

 Le trio de scénaristes dont ceux du très bancal Godzilla et de l’exécrable Jurassic World, enchaînent les scènes que le pauvre primate qui doit décidément avoir beaucoup de mal à se nourrir sur un si petit île, traverse soit hurlant, soit les bras ballants au milieu de mouvements névrotiques de caméras, de comportements incohérents des personnages et de jeu qui naviguent du désastre à l’holocauste du nucléaire de l’interprétation d’acteurs.

Soit la bible des personnages était complètement inexistante et les acteurs n’avaient aucune bille de la part du réal pour être dirigés, soit ils sont la plus belle compilation de personnages foireux qui n’ait jamais été réunie sur grand écran. C’est simple, on ne croît à aucun d’entre eux, jamais, à aucun moment. Même les palmiers de synthèse jouent plus vrai.

Critique - Kong Skull Island - N'y allez pas c'est de la merde 01

Alors évidemment, comme un gros sac à merde, notre singe névrotique tombe une énième fois sous le charme d’une blonde encore plus insipide que les précédentes, fait ami-amis avec les nouveaux venus, se rend vite compte que Sammy Jackson est un gros méchant et en même temps, il faut pas grand clerc tellement ce dernier en fait des caisses. Pulvériser à ce point le potentiel d’un personnage, ce n’est pas donné à tout le monde, ça révèle du grand art, c’est du Modigliani catégorie foutage de gueule.

Kong, Skull island est le désastre annoncé. Le rapport à la nature virginale ? Exit ! trop intello ! L’intelligence et l’humanité animale ? Franchement, ils auraient pris un toaster à la place du singe, ça aurait été pareil. Le sous texte, la dérive de l’humanité, rien à branler. Kong est une ode au spectaculaire clinquant et pourri, brouillon comme un Transformers, vide comme un épisode AB production. Du fast-seen, fast-forget dans la plus pure tradition du moment.

On entend alors au loin rugir le message des studios californiens : mesdames et messieurs les spectateurs, allez respectablement vous faire mettre.

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