Kingsman – Espions sur mesure

Critique Kingsman - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Espionnage, Action, comédie Durée :  2h09 Note : 12/20

Réalisé par : Tim Burton Acteurs :  Colin Firth, Samuel L. Jackson, Taron Egerton, Mark Strong, Michael Caine

Kingsman, c’est le top du top du renseignement britannique. Des espions surentrainés en costume sur mesure. Des gentlemen british aussi redoutables qu’élégants. Eggsy, le fils un peu délinquant d’un ancien agent disparu tragiquement fait partie de la nouvelle session de recrutement. Au milieu de fils de bonne famille, arrivera-t-il à se hisser au sommet tant convoité d’agent Kingsman ? Parviendront-ils à contrer la menace grandissante du mégalomaniaque et excentrique Richmond Valentine ?

L’espionnage fait partie de ces professions fantasmées dans la littérature ou le cinéma. Figure charismatique ayant chacun son style, Ethan Hunt campé par un Tom Cruise en grande forme, James Bond, pulvérisé par Pierce Brosnan que Daniel Craig a rendu à la vie, Jason Bourne en bourrin agent, Jack Ryan, Le perpétuel évadé Numéro 6, Le vieux briscard bureaucrate et redoutable George Smiley, Malko de la série des S.A.S, Solid Snake, Sam Fischer dans leurs aventures vidéoludiques et j’en passe… Les héros de Kingsman penchent eux plus vers le dandy élégant et redoutable John Steed. La classe et la pêche en tweed/cul de poule, parapluie à la main et manière de gentleman rivées au corps.

Il y a immédiatement cette impression de cross-over entre Chapeau Melon et Bottes de Cuir et Kick-Ass lorsque l’on regarde Kingsman et pour cause, Matthew Vaugh est le papa du second. Une énergie palpable, un sourire qui frise, une exagération subtilement dosée et un mauvais esprit, politiquement correct certes, mais si élégamment distillé font de Kingsman une bonne petite surprise pas désagréable dans ce monde trop attendu de films formatés à la tronçonneuse pour rentrer dans les tranchées creusées par des années de film d’espionnage.

Kingsman, c’est une grosse farce, mais pas une grasse comédie. Adapté des aventures de Jack London et son neveu dans Gary dans le comic-book éponyme, ce ne sont pas des gags surprenants, mais pas des gags attendus. C’est exactement, ni plus ni moins que ce que  Kick-Ass avait fait en son temps. Appliquer à la lettre ce que Gunpei Yokoi, l’inventeur des Game & Watch et la Game Boy, véritable tête créative de Nintendo appelait « la pensée latérale des technologies désuètes ». Plus simplement, comment réinventer la sauce en se basant sur les ingrédients déjà existants pour en faire un produit neuf et créatif. Un peu plus qu’une simple parodie donc, c’est la résurrection, à mes yeux de cet esprit d’écriture anglais, très pincé et assez pinçant, quelque chose que l’on retrouvait, encore une fois dans la série qui voyaient réunies Emma Peel et John Steed sans le côté X-Files.

Avec une flopée de bons acteurs, de dialogues ciselés, de regards en coin, de personnages irrésistibles dont un Samuel Jackson au défaut de prononciation intenable, un Colin Firth formidablement british et un Mark Strong trop passif, mais pour une fois dans le rôle d’un gentil soutiennent la prestation peut-être un peu trop timide de Taron Egerton en apprenti-espion, le film est redoutablement efficace et trouve immédiatement son rythme.

Sous couvert d’une critique un peu facile de notre société de communication, le film est léger, sympathique, pas de quoi courir après une seconde vision, mais vraiment suffisamment efficace pour égayer un pluvieux après-midi ou une soirée plateau-repas en échangeant quelques bières au son des baguettes qui attrapent des sushis dans votre assiette. Loin, vraiment loin au-dessus de la mêlée de comédies doucereuses et lourdingues qui peinent à trouver un élan de nouveauté à force d’oublier de se réinventer.

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