Kick-Ass 2 – Botte mais ne troue pas

Genre : Super Héros, action, comédie  Durée : 1h43  Note : 13/20

Réalisé par : Jeff Waldlow Acteurs : Aaron Taylor-Johnson, Chloe Grace, Christopher Mintz-Plasse

Le super-héros sans superpouvoirs sinon celui de se manger des mandales en pleine face est de retour. Après qu’il ait inspiré nombre de ses concitoyens à revêtir le costume de héros anonymes, Dave alias Kick-Ass mène une vie tranquille dans son lycée aux côtés de Hit-Girl, sage jeune fille le jour qui continue à faire des siennes la nuit sous son costumé violacé. C’était sans compter sur Red Myst, alias Chris d’Amico qui, ivre de vengeance qui décide soudain de revenir sous les traits du Motherfucker, héros sadomasochiste vêtu de cuir, de latex et de chaines et bien décidé à faire la peau à la bande de super-héros qui Kick-Ass a rejointe.

La question est : comment faire deux fois une très bonne première impression ? La réponse : c’est impossible ! Impossible de redonner la fraicheur, la surprise, la spontanéité qu’avait pu provoquer le premier Kick-Ass sur son public. Impossible d’être vraiment surpris par les gags ou par la personnalité éclatante du personnage de Hit-Girl, véritable surprise et centre d’intérêt névrosé du 1er Kick-Ass et qui, soyons honnête volait déjà la vedette au héros qui donnait son nom au film.

Impossible non plus de ne pas comparer le second opus au premier et d’y voir une suite opportuniste, ça on le savait, moins réussi, ça, on le découvre assis dans la salle à rigoler malgré tout, mais à sentir non pas un sentiment de déjà-vu, mais plutôt une quête effrénée à essayer de surprendre en étant plus timide, plus frileux, moins délirant, moins bras cassé crétinoïde (dans le bon sens du terme bien sûr) et moins original. Totalement à l’image des réseaux sociaux mis en avant dans le film, Kick-Ass est dans l’instantané, le superficiel et non dans la construction intelligente d’une parodie des enjeux profonds des super héros qui sont ici foulés au pied avec humour par un Motherfucker, gros méchant SM totalement abruti ivre de vengeance.

Non pas que le premier Kick-Ass eu été un sommet de satire sociale et de film à message profondément… profond, mais le parti-pris comique autoparodique mêlé à de solides enjeux mélodramatiques et la spontanéité qui s’en dégageaient ont été totalement réduits à néant comme une poule sous un tractopelle dans une suite  qui, elle, se prend terriblement au sérieux. Au final, on a un film poussif, trop gentil, qui ne laisse pas la part belle à une explosion délirante d’exagération, mais plus à une pluie inutile de violence qui non content de ne même pas choquer dessert bien plus le propos qu’autre chose. La comparaison des deux fins  est à ce titre plutôt éloquente. Quand l’une verse dans la folie la plus totale, l’autre se range dans un règlement de compte politiquement correct, bien rangé et bien coiffé avec la raie sur le côté et du gel pour ne pas dépasser.

Alors qu’il aurait pu avoir l’intelligence d’éviter la suite à vocation purement commerciale, ce second Kick-Ass joue à fond la carte Hit-Girl, personnage ultra bankable, tout en manquant le coche de l’exploiter à sa juste valeur. Sous-exploite la chance d’avoir un Jim Carrey méconnaissable dans un rôle à sa mesure, mais franchement pas poussé dans ses retranchements, submerge le film de personnage inutiles qui nuisent et au rythme et à l’histoire. Bref, Kick-Ass 2   n’est pas en soi un mauvais film. Juste une suite sans réel intérêt, avec quelques bonnes surprises, deux trois bonnes scènes, mais très loin de la réussite totale du 1er épisode. Décidément, c’est dur de faire deux fois une première bonne impression.

 

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