Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare – Fine détente avant la fin des temps

Genre : Comédie Durée : 1h34 Note : 11/20

Réalisé par :  Loraine Scafaria  Acteurs : Steve Carell, Keira Knightley

La fin du monde est dans 3 semaines. C’est officiel, c’est annoncé, c’est irrémédiable. Dans 21 jours, plus rien n’existera après qu’un astéroïde de 110 kilomètres de diamètre aura percuté la terre. Les êtres humains vaquent alors à leurs dernières occupations. Certains continuent leur train-train quotidien, d’autres plongent en pleines partouzes ou dans d’autres excès réprouvés ou non par la morale. Dodge lui vient de se faire plaquer par sa femme qui a décidé de vivre sa fin du monde loin de lui. Il va alors partir sur les traces de son amour de jeunesse aux côtés de sa voisine, Penny et ses plans ne vont pas franchement se dérouler comme il l’entendait.

Au vu de la bande-annonce et du casting, on attendait beaucoup de ce film de Lorene Scafaria, un Steve Carell déchainé de cynisme et d’amertume en vieux gars un dépassé par sa vie qui lui passe doucement à côté. Finalement, c’est plutôt de la bluette teintée de road-movie et de bons sentiments qu’il faudra chercher le salut de ce film qui loin d’être à côté de ses pompes passe en tout cas à côté de quelque chose.

Avec un sujet alléchant au possible et une préoccupation récurrente du commun des mortels, on ne pouvait certes pas verser dans la comédie légère ou déjantée façon Marie à tout prix, mais il aurait fallu relever la sauce de cette trop gentille comédie romantique de quelques monstruosités et exagérations propres à mettre en valeur le caractère généreux de folie de Steve Carell. Lequel se dépatouille avec la toujours ravissante Keira Knightley dans une histoire d’amour très progressivement installée certes, mais pas assez empreinte de la différence flagrante de caractère qu’il pouvait y avoir entre les deux acteurs et personnage.

Typique du film de scénario (comment aurait-il pu en être autrement ?), jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare, au travers de son calme et de sa nonchalance face à une échéance dont personne ne réchappera,  se présente comme une sorte de Mélancholia américanisé à la sauce comédie. Une gentille fable douce, amère et onctueuse qui manque malheureusement d’un peu de consistances pour faire un bon film et gomme le côté glauque et introspectif terriblement épuisant émotionnellement du film apocalyptique le plus étrange de l’histoire du cinéma.

Gags déjà vus, répliques émoussées, situations manquant de fraicheur… malgré ses nombreux défauts, le film est loin d’être mauvais et réussit tout de même à divertir tranquillement d’autant qu’il n’apporte pas sa dose de mélo-chiant-comme-la-pluie. Il possède, sans atteindre la magie de certaines perles du cinéma indépendant, une jolie petite magie qui fait passer au spectateur un bon moment sans lui donner l’impression d’avoir vu une révolution totale comme ont pu le faire des film comme Away We Go ou Little Mis Sunshine.

Et s’il est lui aussi un hymne à l’amour simple et spontané et au besoin irrépressible de l’autre, jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare laisse au spectateur un goût de satisfaction et d’inachevé. Comme si la fin du monde arrivait trop tôt et ne laissait pas s’épanouir l’amour naissant des personnages principaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *