Jurassic World – It’s a sick world

Jurassic world

Genre : Science-fiction, Action, suspense Durée :  2h10 Note : 02/20

Réalisé par : Colin Trevorrow Acteurs :  Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Vincent d’Onofrio, Ty Simpkins, Nick Robinson; Irfan Khan

22 années ont passé depuis les évènements d’Isla Nublar et d’Isla Sorna, les îles de Las Cinco Muertes où a démarré le projet Jurassic Park. Depuis 10 ans, le projet de John Hammond, repris par le milliardaire indien Simon Masrani est viable. Mais le comité d’actionnaires, par peur de la lassitude du public, demande du spectaculaire, du plus grand, du plus fort. Ce qu’ils ont créé dans les laboratoires génétiques d’IN Gen de l’île dépasse vite la raison… et leur contrôle.

Jurassic Park a marqué une génération. Les petits jeunes d’aujourd’hui, abreuvés d’effets spéciaux, ne peuvent se figurer l’exploit qui s’étalait devant nos yeux fascinés lorsque sur nos écrans, s’élançaient les créatures de Stan Winston et Phil Tipett à la poursuite du Professeur Grant, Satler, Malcolm et des deux enfants Lex et Tim. Un choc visuel aussi violent que la créature aquatique d’Abyss ou le T1000 de Terminator 2.

A l’instar des visiteurs du Jurassic World, le public des années 2010 est blasé, habitué et challenger ses envies devient aussi fondamentalement indispensable que totalement casse-gueule. La ligne rouge de toucher à la démo produit sans se crever le cul sur scénar a été franchie mainte et mainte fois pour nous offrir ce que j’appelle : du S.S Spectaculaire Somnifère. Une armée de gros neuneus débiles nostalgiques d’un temps passé qui défilent avec le seul but de vous convertir par la force ou d’annihiler toute résistance par la masse, mais qui fini par vous endormir au son lourdaud et balourd du pas cadencé de son manque d’originalité selon une check-list bien établie.

En ce sens, Jurassic World est l’outil de propagande qui dénonce exactement ce qu’il est en train de faire : nous vendre de la merde XXL à la tonne et à tout prix pour relancer la franchise avec plus de spectaculaire, sans réfléchir une seconde à l’histoire, au contexte et aux conséquences. Un splendide étron où tout est parfaitement à sa place, rythmé comme le morceau pop de l’été formaté pour ne pas trop faire péter le cerveau : de l’effet nostalgique pour les parents aux effets Kawaii-trop flippant pour les petits. Une mise en abîme pareille révèle soit du génie (ce dont je doute) soit de la connerie totale (ce dont je suis un peu plus sur). L’assurance du cycliste de vitesse qui fonce tête baissée vers le mur du son et ne réalisant pas qu’il est béton armé.

Jurassic world Galiminus
Tiens, si on reprenait exactement le même plan que Jurassic Park avec les Galimminus mais sans que les gens courent parce que sinon ça va se voir qu’on s’est pas trop cassé le derrière.

Sincèrement, Jurassic World est une merde totale, effroyable, dépourvue de force et de suspense, reprenant la trame, parfois plan par plan et tout cas évènement par évènement du premier épisode que je ne vais pas vous spoiler mais quand même un peu. Arrivée sur l’île identique, Deux enfants d’une même fratrie débarquent sur l’île, l’ado en crise d’ado et le petit geek des dinos, le moyen de transport se fait défoncer, les deux enfants sont lâchés dans la nature sauvage, le gros dino méchant d’échappe et sème la panique partout, la fin est presque similaire au cadrage près au premier Jurassic Park mais sombre dans un ridicule tel qu’on ne peut s’empêcher d’éclater de rire devant la nullité de la scène. Ed Wood lui-même n’aurait pas osé tourner une telle Deus Ex machina.

Rajoutez des similitudes terribles avec certaines prises de vues du Monde Perdu et ses chasseurs de dinos, de multiples clins d’œil indispensables visuels et musicaux pour jouer l’effet nostalgie dont un seul assez malin, mais trop court que je ne vous gâcherai pas et vous obtenez une soupe fadasse et déjà vue qui montre que Steven Spielberg est un génie de la caméra et ses successeurs des exécutants assez doués pour copier un plan, mais pas assez pour analyser sa portée . Finissez enfin, cerise sur le gâteau par la présence d’aucun animatronique et d’un manque total de subtilité dans le comportement des dinosaures : aucun comportement de prédateur, aucune animalité, aucune vie et donc… tadaaaaaaaaa… Aucun suspense, aucune crainte, aucune frousse. On regarde le film comme on dévisage une mouche au dessus de son onglet puis on balaie le truc de la main en se disant qu’on n’en a rien à péter.

Jurassic world la boule
Merde, c’était griffes et écailles le thème de la soirée ? Je crois qu’un gros cliché a heurté ce véhicule pas du tout adapté pour cohabiter avec des animaux de 120 tonnes.

Regorgeant d’invraisemblances, d’erreurs de raccord, d’incohérence comportementale des personnages qui font tout en dépit du bon sens (Tu ne sais pas piloter connard alors reste au sol, tu vas forcément crever ! Libérer des dinosaures pour en tuer un autre), une écriture des personnages et des dialogues désastreuses (le couple Pratt/Dallas Howard est à mourir de rire, le petit qui parle du divorce de ses parents en chialant et qui a la palette d’expression d’un blender Moulinex quand il risque de se faire bouffer), d’interprétations d’acteur d’une nullité crasse qui ne déclenche aucune empathie, juste une envie de les gifler ou des les pousser dans les pattes d’un T-Rex (les enfants qui se marrent en se faisant poursuivre par un monstre qui veut les boulotter, Chris Pratt qui cabotine à mort)…

Le film exhume ce que l’on aurait aimé être des fossiles, mais qui sont des clichés bien vivants du blockbuster écrit un soir où la coke était particulièrement pure et la bière particulièrement gratuite : Méchant à la con lié à l’armée qui n’a aucun respect pour la nature et ne comprend pas le héros, greluche qui court en talons dans la jungle comme Michelle Jenneke alors que la plupart des femmes se pètent la gueule et la cheville sur les pavés, ancien de la Navy, Frenchy black et ont fait deux minorités en unes (même si je suis cotent pour Omar Sy)… la liste est longue, mais longue… comme un bras de gibbon.

Jurassic world Tour à Moto
Laissez-moi faire les mecs, le film fonce dans le mur faut qu’on soit les premiers arrivés.

 

Dès le départ, Jurassic World s’annonçait mal : Pas de Spielberg au scénar ou à la réal, décès de Stan Winston et de Michael Crichton des suites de cancers, engagement des scénaristes de Relic et de La nouvelle Planète Des Singes, Rick Jaffa et Amanda Silver, Retrait de Kathleen Kennedy qui ne croyait plus au projet depuis les décès de Winston et Crichton et a préféré se focuser sur le prochain Star Wars VII : The Force Awakens et enfin, pour parachever le tout : engagement de Colin Trevorrow, un bleu total (entendre, un réal sur qui les studios pourraient avoir une emprise totale) et annonce de la volonté des studios de créer une franchise, un arc narratif permettant l’installation de plusieurs épisodes pour créer une histoire complète (sic).

Messieurs les responsables de ce massacre, j’aimerai vous envoyer vous faire foutre mais vous seriez foutu d’aimer ça. Je vous adresse simplement mon mépris le plus total, de celui de l’enfant nostalgique qui n’attendait rien et a reçu encore moins.

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