Jason Bourne – Le morne dans la peau

Critique Jason Bourne Poster - N'y allez pas c'est da la merde

Genre : Action, Policier Durée : 2h04 Note : 04/20

Réalisé par : Paul Greengrass Acteurs : Matt Damon, Tommy Lee Jones, Alicia Vikander

Après avoir fait la lumière sur le projet Treadstone, David Webb aliais Jason Bourne vivote dans une vie de combats pour assurer sa subsistance. Pendant ce temps, Nicky Parsons, travaille avec une association de hackers et pirate les dossiers des blacks OP de la CIA. Surveillée à distance par Heather Lee, chef de la division sur le cyberespionnage, qui rapporte ses allées et venues à Robert Dewey, directeur de la CIA, elle va involontairement mettre en danger la vie de Jason pour lui révéler de nouvelles vérités sur son passé.

Neuf ans que Jason Bourne dans la peau de Matt Damon n’avait pas foulé le grand écran. Son interprétation et la réalisation de Paul Greengrass avaient tellement marqué les esprits que Martin Campbell et Sam Mendes en avaient fait un véritable modèle pour relance la franchise Bond dans Casino Royale. Un style sobre, efficace, brutal et militaire que Greengrass a su exploiter avec brio entre Greenzone et la Vengeance dans la Peau par la suite.

Qu’attendre alors du retour du duo d’acteur-réalisateur dans cette suite qui fleure bon, comme d’hab’, à la fois l’enfilage opportuniste, la paresse scénaristique et la copie conforme de tout ce qui a marché dans les précédents parce que, voyons, pourquoi se casser le cul a essayer de renouveler le bouzin bourrin ?

En fait rien du tout !

Critique Jason Bourne 02 - N'y allez pas c'est da la merde
Putain, on a baissé en cylindrée… En qualité aussi remarque… C’est pas faux.

Jason Bourne cuvée 2016 est le pire de la saga, une longue et interminable gueule de bois à 120 millions de dollars qui étire un scénario et des rebondissements invraisemblables en même temps qu’une pauvreté de l’intrigue qui loin de plonger dans les méandres tentaculaires des manipulations de la CIA et de ses recrutements de militaires Black-Op, évide complètement le propos pour nous servir un scénar d’une pauvreté qui fait honte aux romans de Ludlum.

La série qui rappelons-le, à inspiré la BD XIII laquelle a elle aussi depuis plusieurs tomes, connu une baisse de qualité de son intrigue, donnant l’impression épisode après épisode, de se répéter sans jamais faire avancer le schmilblick, s’enfonce avec cet épisode sobrement intitulé Jason Bourne dans une histoire dans laquelle notre héros n’est même pas l’initiateur, mais au contraire, une victime collatérale.

Le gros travers de relancer une franchise 9 ans après et de voir si le film et le style ont évolué. Si le temps passé a laissé place à une maturité certaine, à la fois dans la réalisation que dans l’écriture de l’intrigue qui aurait pu fouiller ailleurs que dans l’imbitable poursuite des causes du décès du pater familias parce que, soyons clair, on s’en fout complètement. Résultat, c’est comme retrouver un vieux pote de lycée qui n’aurait pas évolué et garderait les mêmes travers depuis 20 ans.

Critique Jason Bourne 01 - N'y allez pas c'est da la merde
The first rule of fight club is… you show fight club to everyone

Forçant son rythme a tout prix, le film en oublie sa clarté et sa sobriété, préférant trop en faire dans des poursuites interminables et pas crédibles une seconde dans une Europe sacrifiée sur l’autel de la vision étriquée étatsunienne  et une technologie invraisemblable plutôt que faire ce qui faisait le sel de la série initiale : une progression lente, mais active, des indices disséminés habilement et : un certain réalisme, des ennemis à la hauteur (pauvre, pauvre Tommy Lee Jones, pauvre Alicia Vikander…) et non une répétition quasi plan par plan de la construction des derniers épisodes sortis.

Matt Damon, encéphalogramme plat et regard éteint, ne donne même pas l’impression d’y croire et c’est à peine s’il ne pousse pas un soupir exagéré à chaque scène devant l’ampleur de ce foutage de gueule dans lequel Vincent Cassel, cerise sur le gâteau, plombe le film de son inexistence et une histoire complètement à côté de la plaque de réseau social qui essaie vainement de parachuter le film dans un semblant de réalisme contemporain. Pour un peu on se croirait dans Terminator : Genisys.

2 avis sur “Jason Bourne – Le morne dans la peau

    1. Bob, à moins que je ne me trompe, le premier tome de Ludlum, La Mémoire dans la Peau, a été publié en 1980 et Le Jour Du Soleil Noir en 1984. Van Hamme n’a d’ailleurs jamais caché son inspiration pour créer son personnage.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *