J’ai rencontré le diable – Le diable n’est pas un mec cool

Genre : Thriller/suspense Durée : 2h22   Note :  17/20

Réalisé par : Kim Jee-Woon. Avec :  Lee Byung-Hun, Choi Min-sik

Après l’atroce assassinat de sa fiancée, un agent secret se met en quête de retrouver et de se venger du meurtrier. Une traque sanglante et violente va alors commencer au travers d’une Corée angoissante

Critique : Le cinéma a de passionnant le fait qu’il permette de passer d’une bouse innommable comme Transformers 3 à de vrais chefs-d’œuvre dignes de figurer parmi les classiques à la fois du cinéma policier, du cinéma de genre et du thriller hardcore. La suprématie du cinéma coréen n’est à ce titre plus à démontrer tant le pays nous étonne depuis des années.

Certains se souviennent peut-être de la franchise graphique, du parti-pris à la fois cruel, froid et immoral de The Chaser de Nah Hong-Jin. Magnifique polar sans concession qui distillait dans une atmosphère oppressante, un suspense frissonnant et une noirceur que peu de films sont arrivés à atteindre tout en gardant une authenticité telle qu’elle fait froid dans le dos.

J’ai rencontré le diable est le nouveau film du réalisateur du bon, la brute et le cinglé mais également du Bittersweet life, une petite merveille qui avait fait un passage éclair sur les écrans français. Il raconte la quête d’un homme, agent des services secrets, pour retrouver celui qui a sauvagement assassiné sa femme. Commence alors une chasse à l’homme où le policier se fera presque plus monstrueux que celui qu’il poursuit. Se transformant d’homme rangé et obéissant en une machine vengeresse obsédé par l’idée de détruire dans la souffrance le responsable de sa propre souffrance. De celui qui lui a ôté sa seule raison de vivre.

C’est là où j’ai rencontré le diable prend un tournant inattendu c’est en allant plus loin qu’une chasse à la « attrape moi si tu peux ». Quand le mari de la défunte tiens enfin le meurtrier, il ne s’est écoulé qu’un petite trentaine de minute. Il prend la décision la décision de le détruire a petit feu, le mutilant puis le relâchant pour que ce dernier se sente comme une bête traquée. Fonçant au travers d’une Corée qui semble peuplée de psychopathes, de cannibales, de dégénérés.  A ce jeu pervers, difficile de savoir qui va gagner et qui va perdre.

Des acteurs parfaits, Lee Byung-hun, espion ultra charismatiqu, jetant ses valeurs et son humanité aux orties pour mieux se transformer sous la colère en un prédateur impitoyable et Choi Min-sik, l’interprète de Old Boy, autre perle  du cinéma coréen, diabolique, effrayant, stupéfiant dans son rôle de fou furieux ivre de sang et de violence que rien ne semble atteindre et qui donne l’impression d’être vidé du moindre soupçon d’humanité. Une mise en scène propre et épurée qui rappelle Heat ou Collateral, faite d’éclairages subtilement placés, à la fois crus et glacés. Des dialogues ciselés (si vous me passez l’expression). J’ai rencontré le diable est un polar noir, un musée des horreurs où la violence des images trouve sa justification dans la sordidité des actes perpétrés par les personnages, une merveille du cinéma comme on n’en voit plus depuis longtemps en dehors du cinéma asiatique.

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