Interstellar – Une brève histoire du Temps

Critique Interstellar - n'y allez pas c'est de la merde

Genre : Science-Fiction, Drame  Durée :  2h49 Note : 17/20

Réalisé par : Christopher Nolan Acteurs : Matthew McConaughey, Anne Attaway, Michael Caine

La vie sur terre s’éteint lentement. Les ressources s’épuisent, le climat change, les humains disparaissent, tombent malade alors que le globe est en proie à des tempêtes de poussières qui peu à peu détruisent toutes cultures et toutes formes de subsistance. Un père, ancien pilote pour la Nasa et ses enfants vivent dans une ferme. Très vite le destin va leur apprendre que le système solaire leur offre une porte vers un autre univers où l’espoir de l’existence d’une planète habitable constitue un salut pour l’humanité.

Dès qu’il a été annoncé, Interstellar a suscité chez les cinéphiles fans de « hard-SF » une attente immense, l’espoir d’un film grandiose. Soyons clair immédiatement, le spectateur non habitué au genre, amateur de blockbusters bourrin et profond comme un pédiluve pour cul-de-jatte ne trouvera pas dans ce film les rayons laser, les monstres et la légèreté qu’il est venu chercher.

Ici, le grand spectacle n’est pas dans la démesure d’effets spéciaux chaussés de lunettes 3D dans un blockbuster qui tâche, sauvagement plombé par des ressorts faciles et élimés. Bien au contraire. À l’instar du Cycle de Fondation, de Solaris, de 2001 ou même de certains récits de Jules Verne pour ne citer qu’eux, Interstellar nous plonge dans une Science-Fiction basée sur des assertions bien réelles conduisant à des prédictions scientifiques plausibles.

Ainsi, si des libertés ont été prises avec certaines situations bien particulières d’astrophysique et particulièrement des trous noirs, le film fait le travail que l’on attend d’un film du genre : proposer une vision de la vérité, une interprétation des grandes théories énoncées par les physiciens d’aujourd’hui, de la relativité à la physique quantique, jusqu’à la théorie de l’unification ou les dernières théories de Stephen Hawking. Ceux qui, comme moi, ont quelques très légères bases dans ce domaine trouveront Interstellar d’une audace et d’une limpidité rarement égalées.

Difficile dès lors de vous faire une critique sans vous spoiler le film sinon en vous conseillant de ne regarder ni bande-annonce, ni casting qui pourraient vous gâcher certains rebondissements. Comme dans Memento, comme dans le Prestige ou Inception, les Frères Nolan rendent leur scénario d’une extrême clarté et d’une profondeur teintée de douceur, de douleur, de cruauté, de bonheur, de violence ou de tristesse. Encore plus que dans ses précédents films, Christopher Nolan, arrive à nous bouleverser d’émotion, à sceller une relation entre ses personnages si forte que l’on se surprend à plusieurs reprises à être noué d’émotion ou saisi par la tension dramatique à l’écran. Enterrée la scène finale d’Inception et le destin de son personnage principal, explosée l’escapade esseulée de Sandra Bullock dans Gravity…

Voilà certainement la plus grande force d’Interstellar : avoir compris que l’humain est au cœur de la « hard science » bien plus que tout vaisseau spectaculaire ou planète peuplée d’êtres bleus façon Pocahontas. Prenez n’importe quel récit du genre, vous verrez que rarement la technologie et le spectaculaire ne se substituent à la destinée humaine. Tout comme dans 2001 ou Solaris, l’homme est le pivot central de toute l’histoire et rien, non rien ne saurait exister sans lui, sans sa force créative, son esprit déductif, mais aussi destructeur et son envie d’aimer, de vivre et de survivre.

Cette combinaison de philosophie, de superbes, mais brèves scènes spatiales autour d’astres gigantesques, d’une musique magnifique de Hans Zimmer parfois peut-être un peu pompeuse il est vrai et d’acteurs d’une incroyable justesse font d’Interstellar, un film qui vous touche au plus profond de vous.

Rares sont les œuvres que vous quittez avec ce sentiment qu’elles ont plongé au plus profond de vous et vous ont apporté quelque chose, voire même vous a changé d’une certaine manière. Interstellar fait partie de celles-ci. Furieusement pénétrée et ambitieuse, elle à l’intelligence incroyable de se remettre en permanence eu question, elle se tourne et se retourne comme une équation scientifique dans notre tête, jusqu’à faire éclater son évidente vérité.

Non ! Ce n’est plus un film, c’est une inspiration.

Avis sur “Interstellar – Une brève histoire du Temps

  1. J’aime beaucoup cette façon que tu as de nous dire tout sans nous dire rien ,je m’explique : on rentre dans l’ambiance, on connait le contexte et les personnages , on situe l’atmosphère….mais on ne sait finalement rien de ce qui va se passer et cela donne une furieuse envie d’aller le voir le plus vite possible !

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