Inherent Vice – Vices cachés

 

Inherent Vice - n'y allez pas c'est de la merde - nyallezpascestdelamerde.fr

Genre : Policier, amour Durée :  2h35  Note : 17/20

Réalisé par : Paul Thomas Anderson Acteurs :  Joaquin Phoenix, Josh Brolin, Katherine Waterston, Benecio Del Toro, Reese Witherspoon, Maya Rudolph, Hong Chau, Sasha Pieterse

Quand Shasta, l’ex de Larry « Doc » Sportello, dit Doc, hippie détective privé, fumeur et accroc aux drogues récréatives débarque chez lui, ce n’est pas pour des retrouvailles douces et tendres mais pour lui annoncer qu’après être tombée amoureuse d’un promoteur immobilier milliardaire, elle craint pour la vie de ce dernier qui voit sa femme et son amant conspirer pour le faire interner. Mais avec Shasta, rien n’est jamais simple. Doc va vite s’en rendre compte. Pendant les 60/70’s, les mots amour, démentiel, trip, attirent des ondes positives mais aussi un bien mauvais Karma.

Dès l’image de début, le ton est donné, Joaquin Phoenix, le cheveu long, les rouflaquettes d’enfer, affalé dans son canapé, Vitamin C du groupe Can en fond sonore, perdu dans les pensées de son paradis brumeux de fumeur de joints et de gobeur d’acides, voit débarquer chez lui une splendide et sexy créature sous la forme de son ex petite amie qui lui raconte son invraisemblable histoire d’amour avec un milliardaire pas très honnête.

Dès lors, pour qui connait Paul Thomas Anderson, c’est le début d’un récit déglingué, à la limite de l’hallucination, bercée par les lignes délirantes et absurdes de l’œuvre originale de Thomas Pynchon, sorte de Frère Coen littéraire caché, mêlant le verbe sûr et enlevé à des histoires totalement déjantées. Considéré comme l’un des écrivains majeurs de la littérature américaine contemporains, mais dont la vie est auréolée, selon son propre choix, d’un profond mystère et d’un total anonymat, Thomas Pynchon trouvera certainement auprès des spectateurs d’Inherent Vice un nouveau vivier de lecteurs qui ignoraient son existence jusque-là.

Inherent Vice (Vice Caché), un titre qui prend tout son sens lorsque se déroule cette histoire à la fois anarchique et passionnante dans laquelle des personnages bordéliques et costumés dans des 60’s sublimement reconstituées vivent une intrigue à tiroirs, totalement labyrinthique qui rappelle, par sa sensibilité et sa mélancolie, la douce dinguerie d’un Big Lebowski, avec qui, chose rare, il fait jeu égal. Une parenté que ne renieraient certainement ni l’auteur ni le réalisateur. Un véritable coup de boule dans la tronche de la sacrosainte Amérique et surtout à cette période post Vietnamienne.

Ainsi, Doc Sportello, c’est un peu le colombo du pauvre. Véritable aimant à emmerdes, pas vraiment acteur de son enquête et entouré de bras cassés totalement hallucinés, l’intrigue de ses explorations et interrogatoires divers se déroule, se noue et se dénoue sous ses yeux incrédules bien malgré lui. Seul sa présence, grain de sable gênant dans les rouages d’une machinerie déjà bien grippée.

Avec sa galerie de personnages formidables, délicieusement étranges, pervers, calculateurs, violents, débiles, perchés, Inherent Vice sublime cette cohabitation étrange d’électrons libres totalement dans leur monde dont la rencontre, les atomes crochus, les relations électriques, provoquent la série d’évènements imprévisibles qui amènera le dénouement du film et retiendra notre attention.

Inhérent Vice fait partie de ces films dans lesquels on se laisse porter avec bonheur et un immense plaisir, par l’étrangeté de l’histoire, par la beauté des images, par le choix parfait de la bande-son et par l’incroyable prestation subtile et réussie d’un casting démentiel d’acteurs ultra doués. Un film qui restera dans les mémoires et deviendra culte, c’est sur et certain.

Avis sur “Inherent Vice – Vices cachés

  1. Ça a l’air suffisamment déjanté et décalé pour susciter notre curiosité…Nous irons sûrement le voir la semaine prochaine.

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