Horns – Cornes pas bêtes

Genre : Suspense, fantastique Durée :  1h59  Note : 12/20

Réalisé par : Alexandre Aja Acteurs : Daniel Radcliffe, Juno Temple, Max Minghella, Joe Anderson

Ig vit une petite vie tranquille mais qui le déteste cordialement. Depuis que l’on a retrouvé le corps de sa fiancée, tout le monde l’accuse de l’avoir assassinée alors qu’ils filaient l’amour parfait. Enragé, désespéré, Ig se réveille un matin avec une paire de corne qui lui pousse sur la tête et l’étrange pouvoir de faire avouer leurs plus noirs secrets et de déclencher leur plus primales pulsions à tout ceux qui le croisent. Un atout de choix pour enquêter sur le meurtre de sa bien aimée.

Vengeance, enquête, décors de petite ville tranquille, magie et mystère, amour et meurtre sauvage, le pitch alléchant de Horns donne envie d’en savoir plus. Comment le réalisateur de La colline a des yeux et de Piranha 3D (entre autres), enfant chéri d’Hollywood et talentueux artiste de la caméra a t’il réussi la reconversion de Daniel Potter, marqué au fer rouge par son image de gentil sorcier éclairé qui réussit encore à focaliser l’attention sur son front.

Dans cette histoire mi-romantique mi-fantastique, Alex Aja déploie installe habilement son personnage et son pouvoir, sans renforts d’effets spéciaux mais avec lenteur et efficacité. On se prend rapidement à ce jeu d’action ET vérité qui touche toutes les personnes qui l’approchent, se rêvant même parfois détenteur de ce pouvoir en se demandant ce que l’on en ferait. Surement de l’interview politique ou une technique de drague sans faille. Même si il n’est jamais vraiment bon de savoir ce que l’on pense réellement de vous.

Toute la première partie de l’enquête qui place Ig dans la peau d’un colombo cornu est parfaite. Bien rythmée, intéressante, prenante, même si rapidement, le dénouement s’annonce assez prévisible, la fan d’Harry Potter devenu pubère et plus vibrera dans sa culotte devant l’injustice dont est victime Daniel Radcliffe comme le spectateur intéressé, accrochera à cette enquête facilitée par des excroissances qui font croitre la franchise.

Pourtant, le film est largement plombé par d’incessants flashbacks. Des allez-retours passé-présent qui auraient gagné à être montés d’une manière un peu différente pour ne pas casser totalement le rythme de l’histoire. Si l’idée est louable et logique, la manière de faire fait clairement sortir le spectateur du film et c’est dommage car pour une fois, tout y est pour créer un moment sympa de cinéma.

Danny, au volant de sa caisse pourrie, s’éclate à faire péter son image proprette et ça fait du bien, Juno Temple, ultra sexy (ce n’est que mon avis) trouve là un rôle plus neuneu mais plus subtil que celui qu’elle occupait dans le formidable Killer Joe. Les autres personnages n’existent malheureusement que pour l’histoire mais servent parfaitement le film en interprétant ces habitants normaux d’une petite ville normalement sordide du trou du cul des USA.

Horns est donc loin de la révolution attendue. D’être le cauchemar dark et introspectif qu’il annonçait. . Relativement simple mais pas simplisiste, le film est très joliment réalisé, la transformation de Ig parfaitement amenée, avec humour noir et subtilité.. Reste de trop grandes longueurs, un mélange des genres un peu brouillon et un dénouement un peu trop clipesque et trop ado-friendly et vidéoludique de fantastique un peu cheap.

On est heureusement assez éloigné des bluettes complètement à la masse de Twilight mais on s’en rapproche malheureusement visuellement assez pour y faire penser. Un conclusion beaucoup trop conventionnelle, trop bavarde pour un film qui aurait du assumer beaucoup plus la noirceur de son propos.

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