Hill Of Freedom – L’amour en toutes lettres

Hill Of Freedom - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie romantique Durée :  1h06 Note : 14/20

Réalisé par : Sang-Soo Hong Acteurs :  Ryo Kase, Sori Moon, Young-hwa Seo

Mori, un jeune japonais, se rend à Séoul pour retrouver la femme qu’il aime et qu’il a tenté de séduire deux ans auparavant. En attendant son retour de convalescence, il fait différentes rencontres dans le quartier de la maison où il est logé tandis qu’elle lit, installée dans le café Hill Of Freedom, le contenu d’une liasse de lettres qu’il lui a laissé.

Totalement déstabilisant et donc totalement indispensable. Hill Of Freedom fait partie de ces œuvres qui méritent digestion, réflexion pour être embrassées dans leur totalité. De ces œuvres qui pulvérisent la vision bassement commerciale et copiée-collée du cinéma mainstream actuel. Rien que sa durée montre déjà l’exemple : 1h06. Assez pour se poser, raconter une histoire, des personnages, une intrigue et laisser quelque chose de fort au spectateur. Trop peu pour lasser, ennuyer.

C’est donc en profane total que je suis allé voir le dernier film de Sang-soo Hong, un réalisateur Coréen discret mais passionné. Et force est de constater que le cinéma du Matin Calme arrive encore à me surprendre. Son film, minimaliste, léger, délicat et pesant à la fois, dramatique et enjoué, est fait d’une symphonie de variations émotionnelles, comme les palpitations légères des papillons dans le ventre d’un corps amoureux. Une véritable comédie au goût doux-amer dramatique sans le flonflon et la lourdeur auxquels nous avons souvent droit dans le genre.

Hill Of Freedom 01 - N'y allez pas c'est de la merde

Chaque scène surprend, s’enchaine dans une logique propre qui n’apparait dans sa globalité qu’à la conclusion du film qui agit comme désynchronisée du monde, dans une dilatation temporelle, réelle ou fantasmée, comme un défi à la logique ou à la certitude. Une sensation intrigante, familière, salvatrice qui amène, un peu à réfléchir sur soi.

À l’image de la vie elle-même, faite de désirs brisés, d’ambitions contrariées, de retrouvailles enjouées, de bonheurs embrassés, de moments flottants de bonheur amoureux à l’issue certaine ou incertaine, le film renvoie avec légèreté à mélancolie à l’éphémère de la vie, à l’importance de saisir les occasions, de vivre les moments importants, pleinement. De rencontres éphémères qui passent à celles qui se transforment en amitiés ou amours intenses et durables. De la vie qui passe de la comédie au drame voire à la science-fiction en un instant. La vie, l’envie en définitive, mérite d’être saisie et pas repoussée au risque de s’enfermer dans le confort de l’attente de ce qui peut-être, ne viendra jamais.

Hill Of Freedom 02 - N'y allez pas c'est de la merde

Les personnages, naturels à souhait, se retrouvent tous dans ce point central qu’est le café Hill Of Freedom, véritable porte temporelle dont la chronologie est bouleversée par les lettres non datées signées du personnage principal et lues par leur destinatrice. C’est au spectateur de reconstituer le puzzle temporel, à lui de croire ou non à la réalité du dénouement du récit. Les personnages ont-ils franchi cette colline de la liberté ? Et quelle liberté venaient-ils y chercher ? Ce flou assumé par le réalisateur donne droit à des moments proprement poignants et à un flot que questions que l’on aime laisser en suspens.

Comme plongés dans un autre pays, les personnages, totalement « Lost In Translation », entre japonais et coréen, difficile de se faire comprendre et d’exprimer toute la nuance de ses sentiments en anglais. Il en découle une sorte de vérité, de franchise comique et touchante et ma foi, assez bouleversante et déstabilisante. C’est en tout cas une idée brillante de la part du réalisateur et Hill Of Freedom, une découverte qui donne envie d’explorer d’autres de ses films.

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