Gravity – Nourritures spatiales

Genre : Drame, science-fiction  Durée : 1h30 Note : 17/20

Réalisé par : Alfonso Cuaron Acteurs : Sandra Bullock, George Clooney, Ed Harris

Lors d’une mission de maintenance et d’amélioration sur le téléscope spatial Hubble, un équipage se retrouve victime d’une pluie de débris lancés en orbite qui détruit complètement leur navette. dérivant dans l’espace, avec leurs faibles réserves d’oxygène, ils vont tout tenter dans le milieu de plus hostile du monde, coupé de toute communication avec leur centre de contrôle, pour rentrer sains et sauf sur la terre.

 

Une véritable avant-première, des semaines après sa sortie, je me fend enfin de ma critique de Gavity pour la bonne et simple raison que je l’ai vu ce week-end après avoir été faire mes courses de noël à la FNAC et acheter un plaid pour ma tatie Huguette chez Casa Home (rigolez pas, j’ai vraiment une Tatie Huguette). Bon, comme je vois bien que vous vous en foutez royalement, on enchaine sur le film.

L’avantage d’aller voir un film comme Gravity avec un peu de retard c’est qu’on aura entendu de tout sur le film. Des critiques élogieuses comme assassines. Des poncifs pédants d’experts du dimanche en astrophysique aux interrogations éclairées de cancres achevés qui découvrent qu’il n’y a pas d’air dans l’espace (si, si, il y en a).

Le fait est que le film en tout cas est un très habile maelstrom de styles cinématographiques, du cinéma de genre au cinéma d’action, en passant le road movie en solo et le film sur l’espace dont il réécrit la définition même sur la portée émotionnelle et sa véracité scientifique, s’élevant sur ce point à la hauteur de la maestria qu’avait déployé Kubrick pour son 2001 pour représenter tout ce que cet espace au-dessus de nos tête a de symbolique pour l’humanité.

A la fois par sa simplicité et sa fluidité, l’intensité de la mise en scène crée une empathie telle qu’elle renvoie le spectateur, les spectateurs, à leur instinct commun de survie, plongeant la salle entière dans une apnée spatiale dont on ne décroche que pour aspirer de minces filets d’air et ressortir comme sous le choc d’une entrée dans l’atmosphère, sonnés, abasourdis par cette dérive cinématographique à laquelle peu de réalisateurs nous avaient habitués.

L’espace ici revêt son expression propre de vide sidéral, de néant absolu qui interdit toute vie et redistribue les lois de la physique de notre quotidien. Mais il endosse aussi des atours plus métaphysiques qui nous renvoient, nous comme la terre, ilet de vie abritant  7 milliards d’individus qui défile sous les pieds de Sandra Bullock et à notre dépendance totale à un simple principe physique sans lequel nous ne serions rien, sans lequel nous ne nous poserions même pas la question de ces dits atours métaphysiques : La gravité.

La qualité de Gravity ne tient pas tant à sa puissance scénaristique, qu’à la subtilité des allégories multipliées à l’infini (l’infiniment grand, la dépendance de l’autre, la solitude de l’être humain, la renaissance d’une femme dans monde d’homme, la grossesse et l’enfantement, etc.) et qui n’apparaissent évidentes dans leur finalité qu’à la suite du dénouement final. Chacun y trouvera ce qu’il y cherche.

Le film nous offre également une véritable expérience des immuables lois de la physique filmées en rapport d’échelle, la terre immense et immobile, en vue subjective, avec une virtuosité, une sensibilité chorégraphique, un sens du mouvement sensuel, sensible, caressant les personnages, l’espace, la terre et les vaisseaux, qui font oublier jusqu’aux effets spéciaux, titanesques.

Et c’est là où l’intelligence et l’habilité de la mise en scène du réalisateur explose, en nous faisant  réaliser que le plus simple des mouvements, attraper un outil, un barreau d’échelle est un exploit insurmontable sans cette foutue gravité, il arrive à nous faire frissonner, flipper, vibrer, voyager. Créé une empathie formidable pour une Sandra Bullock impeccable de simplicité et de sobriété.

Car au-delà de l’exploit technique qu’il faut saluer, c’est surtout cette combinaison de symbolisme viscéral et de bouleversante simplicité de la mise en scène qui fait que Gravity se place au-dessus, très au-dessus, presque libéré de la gravité terrestre, de tout ce que le cinéma a fait comme film spatial et sur les conditions qui font de l’humanité, l’humanité.

 

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