Gone Girl – Who’s That Girl ?

Genre : Thriller, Drame  Durée :  2h29  Note : 15/20

Réalisé par : David Fincher Acteurs : Rosamund Pike, Ben Affleck, Neil Patrick Harris

Nick Dunn vit dans une petite ville avec sa très belle femme Amy. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, il constate sa disparition. De mari victime, il va passer à suspect. Très vite, des éléments vont corroborer la thèse de l’assassinat. Très vite la décontraction apparente et les comportements étranges vont pousser les médias à le désigner coupable et a fouiller la vie de son couple.

On dit souvent que le meilleur est dans l’attente, mais la consommation a aussi du bon. Retrouver David Fincher est ainsi toujours un véritable plaisir autant qu’une petite leçon de cinéma à ceux qui pense qui font l’apologie du toujours plus. Toujours plus de drame, de plans hallucinants, de phrases à l’emporte-pièce, de musique grandiloquente. Pour Fincher, et la plupart de ses films l’ont démontré, l’efficacité tient dans la simplicité, mais pas dans le simplisme et ce n’est pas Gone Girl qui me contredira.

Véritable film à tiroir malheureusement parfois un petit peu prévisible, Gone Girl joue la carte de l’ordinaire, de la vie de tous les jours pour la rendre terrifiante. Gone Girl est un film parfaitement en sous texte de bout en bout. Un film à regarder et à lire entre les lignes, la dissection voire l’autopsie d’un couple d’apparences parfaitement ordinaire, mais dont les différentes strates qui ont conduit à sa construction reposent sur des faux-semblants, des concessions, du bull-shitting qui finissent par le ruiner totalement. Jusqu’à commettre, l’irréparable ? Le film vous le dira, même si l’on devine que l’irréparable peut prendre quantité de visages différents.

Dans cette vivisection méthodique, c’est alors la place de l’individuel dans le couple qui prend une place majeure. Très vite chaque individualité apparait avec une clarté évidente comme les pièces d’un puzzle géant dont chaque déplacement a conduit immanquablement à la situation actuelle. Une sorte de fatalisme aveugle mâtiné de déterminisme, un piège retord qui referme ses griffes, emprisonnant les personnages, les conduisant immanquablement vers là où ils sont sensés aller.

On retrouve clairement, avec Gone Girl, le goût du jeu de l’esprit vicieux et manipulateur que Fincher avait si brillamment mis en scène dans The Game ou Se7en avec une cette pointe de machiavélisme encore différent des films que je viens de citer, peut-être un poil en dessous. Plonger dans les tréfonds de chemins tortueux de l’esprit humain le fascine toujours autant et on le comprend parfaitement.

Sombre et angoissant d’une manière totalement différente, Gone Girl prend aux tripes et immerge le spectateur dans les thèmes favoris du réalisateur. Les ravages psychologiques inéluctables causés par le temps, la dépression, l’obsession conduisant à la destruction physique de l’individu à petit feu.

Sous une mise en scène à la photo toujours sublime, au placement de caméra impeccable et au découpage millimétré, Fincher fait encore une fois économie de dialogues inutiles et d’effets de manche décoratifs pour servir le plus important : L’histoire, ses personnages et leurs relations. Trio indispensable oublié par nombre de réalisateurs. C’est le cauchemar qui s’infuse lentement dans la réalité ordinaire qui rend Gone Girl si efficace.

Comme dans Se7en , c’est un véritable jeu du chat et de la souris qui s’installe. Comme dans The Game (film dont Gone Girl se rapproche le plus), c’est une bataille entre mise en scène orchestrée et réalité qui dépasse la fiction. C’est un combat permanent entre amour et haine, passion et détestation, humour et violence, manipulation et don de soi. Gone Girl au final est une véritable histoire d’amour. Il y en a toujours qui gagne à la fin.

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