Ghost In The Shell – Coquille vide

Critique - Ghost in the Shell - N'y allez pas c'est de la merde Poster

Genre : Science fiction, Action Durée : 1h47 Note : 03/20

Réalisé par : Rupert Sanders Acteurs :  Scarlett Johansson, Pilou Asbæk, Takeshi Kitano

DANS UN FUTUR PROCHE, LE MAJOR KUSANAGI EST UN CYBORG AFFECTE À LA LUTTE CONTRE LA CRIMINALITÉ. LE JOUR OÙ UN DANGEREUX CRIMINEL COMMENCE À SÉVIR ET À CONTRÔLER LES ESPRITS, ELLE EST LE SEUL ESPOIR ET ATOUT QUI SEMBLE POUVOIR L’ARRÊTER.

OK, on se pose là ! Pour nombre d’entre nous, Ghost In The Shell, premier du nom, sorti en 1995 et adapté d’un manga de 1989, est à ranger dans la catégorie des films d’animation les plus réussis du monde. Mamoru Oshii avait su transcender le manga de Masamune Shirow, la bande-son, la maestria de la réalisation en avait troué le cul de plus d’un, inspirant même aux frangins, pas encore frangines Wachowski certaines idées de Matrix.

Dans le manga, on se posait la question, toujours d’actualité, de savoir quel était le constituant même de l’âme humaine, voire de l’humanité. Où est niché son libre arbitre, sa vision du monde, sa voix au chapitre. Cette part mystérieuse qu’est la conscience, qui semble nous animer tous et qui reste encore aujourd’hui impossible à appréhender physiquement parlant, peut-elle d’exprimer dans une enveloppe mécanique partiellement voire même totalement artificielle ?  Notre conscience est-elle dépendante de notre corps ? Se modifie-t-elle avec lui ? On le sait le code génétique évolue avec le temps, la conscience suit-elle le même chemin ?

Critique - Ghost in the Shell - N'y allez pas c'est de la merde 02

Au travers de questionnements existentiels qui nous frappaient en pleine gueule, le rapport même de l’homme à la machine transparaissait au travers des relations cyborg-cyborg, cyborg-humains et cyborg-ordinateur. Qu’est-ce que finalement qu’un être « vivant » ? trouve-t-elle sont dans la seule chair dont les humains « purs » sont constitués ou trouve-t-elle son chemin dans réseaux neuronaux tissés et programmés par l’humain ? Qu’est-ce qui différenciera, dans un avenir pas si lointain, l’homme d’un robot à l’heure où l’on commence à parler sérieusement d’homme augmenté ? Nous en prenons immanquablement le chemin, ce n’est plus une hypothèse, c’est une réalité. Et encore une fois l’humanité, après de sourds cris d’alarme lancés par des scientifiques ignorés, se trouvera au pied du mur avec le risque qu’il s’écroule sur lui, entrainant comme une chaîne de dominos, l’homme vers sa perte.

Ne sommes-nous, toi, moi, vous qui me lisez, qu’une sorte de chaînon qui nous mènera vers notre prochaine évolution, peut-être pour empêcher ou au contraire nous entraîner dans notre prochaine extinction si nous entraînons dans notre cybernisation, notre goût inné pour le carnage et la mort ? Oui, un simple film d’animation a su aller aussi loin, à instiller dans nos esprits autant de questions grâce à une vraie réflexion scénaristique et surtout de vraies nourritures littéraires.

Autant dire que pour adresser un message aussi profond au grand public, pour rendre accessibles de telles théories au bouseux ricain nourri au T-Bone couvert de gravy épaisse comme la couche lipidique enrobe son cerveau de connard attardé, il allait falloir tailler dans le gras. Et je cause du scénario, pas du Texan à la con.

De toute la densité du film, de toute la complexité qui faisait une de ses qualités, de toute la profondeur des personnages, il ne reste qu’une magistrale séance de fist fucking de 1h47 durant laquelle toute l’équipe défonce littéralement et l’œuvre originale en même temps le spectateur.

Simplifié à l’extrême, réduit à une sorte de Lucy bis avec des scènes absolument copiées collées de l’original, expurgé de personnages principaux dont le grand méchant au profit d’une putain d’histoire d’enlèvement de cobayes à la con, l’humanité de Kusanagi n’est pas remise en question, son introspection complètement passée à la trappe, son enveloppe réduite à ses jolies formes qui ne lui appartiennent même pas puisqu’elle a été doublée pour une grande partie du film. C’est comme réduire Baudelaire à un article de Télé 7 Jours, citer du Arthur Koestler avant un épisode des anges de téléréalité. Niveler tellement l’intelligence par le bas qu’on en vient à frôler le noyau terrestre.

La volonté des studios de vouloir à tout prix, tout expliquer par le détail et de l’auréoler d’une sorte de vernis manichéen donne simplement une furieuse envie de gerber. L’ensemble est amené avec les pieds, monté avec le cul, torché par un étalonneur fou et un responsable des VFX totalement givré qui a cru que c’était une bonne idée de vomir des tonnes d’hologrammes et de lumières dans un ersatz de Hong-kong sorti d’un mauvais jeu vidéo futuriste bloqué dans les années 30. Dans le futur, les rues sont totalement vides, les pubs font entre 300 et 400 mètres de haut, et la facture EDF utilise deux ou trois cents centrales nucléaires à la minute. Rajoutons à ça, un film inondé de plans de caméra foireux et d’effets spéciaux sales, crados, baveux au possible. Complètement invraisemblable et incompréhensible. Une rage monte alors, plus que le sentiment habituel d’une trahison, c’est un constat d’échec, un pas de plus vers le néant.

Critique - Ghost in the Shell - N'y allez pas c'est de la merde 01

Oui ! Ghost In The Shell m’a foutu dans une colère noire. Dire que cette daube immonde, cette espèce de chiure hollywoodienne qui gâche de « bons » acteurs et un excellent scénario, sera le premier contact de certains avec l’univers original. Dire que résumer la pensée, la simplifier à ce point ne choque même plus le vulgum pecus et flatte l’intelligentsia qui se gargarise d’un laconique c’est beau alors que c’est simplement de la merde, lourde, puante qui fait le lit de l’atrophie des cerveaux et du bon cinéma.

J’enrage, parce qui encore une fois, et pas pour la dernière, Hollywood pose des millions sur la table dans poser un neurone dans la balance, sans injecter ne serait-ce qu’une ligne d’intelligence dans le scénario, au dénouement complètement con, aux dialogues si vains, si abrutissants, que même un gamin de 10 ans les trouverait navrants.

Un tel irrespect file la nausée, Scarlett ne colle pas à Kusanagi, qu’on qu’on en dise, Kitano qui cachetonne et ne se casse même pas le cul à parler anglais, p’tet pour faire genre, c’est trop classe, Binoche à l’air tellement à côté de la plaque qu’on a envie de la gifler… Arriver à siphonner à ce point une œuvre aussi grandiose ça donne des envies de meurtre.

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