Florence Foster Jenkins – Voix d’eau

Critique Florence Foster Jenkins Poster - N'y allez pas c'est da la merde

Genre : Comédie, Drame, Biopic Durée :  1h50 Note : 13/20

Réalisé par : Stephen Frears Acteurs : Meryl Streep, Hugh Grant, Simon Helberg

Florence Foster Jenkins, héritière new-yorkaise et célébrité mondaine, n’a  jamais renoncé à son rêve de devenir une grande cantatrice. Convaincue d’avoir une voix d’exception et encouragée par son entourage ne désirant pas la vexer, Florence décide de se produire en public à Carnegie Hall en 1944. Son “mari” et imprésario, St Clair Bayfield, comédien anglais aristocratique va devoir faire l’impossible pour éviter humiliation, tristesse à sa Florence adorée.

Tamara Drewe, Philoména, The Queen, Madame Henderson, Lady Vegas, Les Liaisons dangereuses et tant d’autres, Stephen Frears s’est fait une spécialité des films aussi variés qu’audacieux voire délibérément provocateurs. Rien n’arrête cet immense réalisateur de 75 ans qui d’année en année semble encore affuter sa copie en tombant, réalisant et montant juste très juste la plupart de ses œuvres avec ce côté à la fois satirique, décalé et second degré de ses personnages et de sa narration.

Loin d’être complètement déjanté, il aime les histoires et les personnages out of the box parfois même totalement déjanté, jetant un regard toujours analytique et pertinent et dirigeant les plus grands acteurs du monde pour les emmener exactement là où ils sonnent juste et apparaissent parfait, au sourcil près, à l’écran. Un perfectionnisme et un flegme superbement britannique qui fait de ses films des petites merveilles à la hauteur d’un Woddy Allen transatlantique.

Critique Florence Foster Jenkins 02 - N'y allez pas c'est da la merde
Tant qu’il y a de la voix il y a de l’espoir

Avec Florence Foster Jenkins, il trouve un sujet en or, un époque formidable, une manne délicieusement riche pour alimenter son univers. On retrouve tout ce qui fait le bonheur d’un amateur de son cinéma : une lecture parfaite des personnages et de leurs caractères, une critique en filigrane de la part hypocrite de la société du spectacle et du paraître, une narration et un sens du timing dans le dialogue et dans les rebondissements qui équilibre parfaitement le récit.

Meryl Streep fait renaître Florence Foster Jenkins apparait dans sa douce folie, un ange de bonté obsédée par un rêve qu’elle pense accessible emportée dans son enthousiasme par un Hugh Grant le cul entre deux chaises, un David Haig fabuleux en prof de chant hypocrite, un délicat Simon Hellberg (Howard de The Big Bang Theory) en pianiste un peu perdu au milieu de cette vaste pagaille et une galerie de personnages terriblement bien castés qui donnent chacun une touche, un supplément déjanté à la palette déjà très colorée de cette comédie un peu barrée.

Critique Florence Foster Jenkins 01 - N'y allez pas c'est da la merde
Insérer ici la musique de Careless Whisper

Loin des comédies américaines grasses, parfois libératrices, Florence Foster Jenkins joue la carte de la sensibilité sans  tomber dans la mièvrerie, c’est de la comédie anglaise à la Kenneth Brannagh, un récit un peu fou, mais néanmoins vrai qui sans casser l’Empire State Building nous laisse une image des années 40 New Yorkaises totalement savoureuse. Un monde qui flottait un peu hors du temps aux étages nobles et élevés de la société américaine de l’époque. Un ridicule achevé et assumé critiqué avec une tendresse folle par un Stephen Frears qui n’a rien perdu de sa verve en transcendant avec maestria à l’écran la vie d’une chanteuse totalement dénuée de talent.

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