Expandables 2 – Guerre de potes agés

Genre : Action / Comédie Durée : 1h42 Note : 15/20

Réalisé par :  Simon West  Acteurs : Sylvester Stallone, Jason Statham, Bruce Willis, Chuck Norris, JCVD, Dolph Lundgren


 

Ils sont de retour! Musculeux, testostéronés, huileux et les sourcils froncés, les Expadables repartent pour une mission que leur confie Mr Church. Malheureusement, la mission se déroule mal et l’un d’eux y perd la vie. Une vengeance personnelle s’engage alors contre Vilain, une espèce de fou furieux, névrosé et vénal ayant décidé de s’enrichir sur le dos de ceux qui voudraient faire péter la planète entière. L’enjeu est alors de taille pour Barney Ross, Lee Christmas, Yin Yang, Gunnar Jensen et Hale Cesar : venger leur ami et sauver le monde.

« Seul est digne de la vie celui qui chaque jour part pour elle au combat«  disait Goethe. Une phrase qu’ont certainement méditée certains des esprits supérieurs qui gouvernent les corps musclés bourrés de nerfs saillants des véritables machines de guerre que sont les personnages d’Expandables lorsqu’ils s’ennuyaient dans l’ostracisme de leur retraite et au cours de leurs exactions pas toujours légales.

Film hautement intellectuel faisant appel à une puissante symbolique, Expandables 2 jette sur l’écran toute la hargne que l’homme ressent face à l’injustice d’un monde dont le destin glisse entre ses doigts calleux d’années d’entrainement à soulever de la fonte et à péter la gueule à des méchants de pellicule.

Pamphlet mythologique, hommage à peine voilé, bible presque de l’histoire de ces apôtres vengeurs, héros inoubliables des films d’action de années 80/90, Expandables 2 propulse au panthéon de l’immortalité des demi-dieux transpirants de stéroïdes qui ont fait le bonheur des jeunes garçons de ces années bénies qui se souviennent du haut de leurs trente années révolues de ce cette époque bénie où ils hésitaient encore entre regarder Rambo péter la gueule aux Russes ou jouer à touche pipi avec leur correspondante anglaise pas farouche pour un sou.

La réunion presque indécente de ses superstars sous une même bannière qui tenait il y a quelques années du fantasme le plus total révèle ici d’une jouissance malsaine assumée. Comme si pour une fois, le temps d’un film, on retrouvait nos émotions adolescentes dans le plaisir futile de savourer un mélange totalement exagéré de bad-ass et bas-du-front attitude couplée à une pluie pyrotechnique d’explosions ravageuses et  de gags référentiels au ras des pâquerettes.

Il faut remonter à Rambo, dernier du nom (sans doute le 5 ou le 6) pour retrouver de cet esprit perdu depuis plusieurs années de l’actionner effroyablement bourrin étalant des vagues de violence dans la tronche de ceux qui avaient eu le malheur de contrarier son héros. Et même si Expandables reste finalement assez « tout public » par rapport à la boucherie qu’était le dernier film du traumatisé du Vietnam le plus célèbre des US, on retrouve de cet esprit chevaleresque qui animait les John McLane, John Matrix, Dutch Shafer, John Rambo et autres héros de cette époque.

Dans Expandables 2, ça cabotine à mort, ça charrie dans tous les coins, ça référence à tout va et ça transforme ce que l’on pourrait prendre pour un gros film d’action en une grande cour de récré où s’amusent comme des crétins des montagnes de muscles avec la discrétion d’un pétrolier dans le pédiluve de la piscine municipale de Luz-Ardiden mais avec néanmoins plus de finesse que les gags à la con de Frank Dubosc.

Des apparitions distillées de Chuck Norris en plein exercice d’autoparodie au jeu atrocement exagéré d’un JCVD complètement à la masse en méchant vicieux et volontairement imbu de sa personne, le film vogue sur la crête d’une vague où tout se règle à coup de lame sans aucun creux et surfant entre des scènes d’action plutôt réussies, des dialogues savoureux dans un humour omniprésent qui fait qu’il impossible de prendre tout ça au sérieux.

Certainement pas le film de l’année, mais un divertissement grandement supérieur à tous ces Transporteurs et autres Taken qui polluent les écrans de leurs scénarios répétitifs, bien éloignés de l’âge d’or du cinéma d’action.

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