Enemy – Mind fucked

Genre : Thriller psychologique Durée :  1h29  Note : 15/20

Réalisé par : Denis Villeneuve Acteurs : Jack Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sarah Gadon

Adam, un professeur d’université voit sa paisible vie transformée lorsqu’il se rend compte qu’un acteur Anthony est son sosie parfait. Très vite, il va vouloir le rencontrer, très vite, son imagination va galoper, très vite, les choses vont se compliquer.

Allergiques aux films à tiroir, complexes et tortueux, fuyez Enemy, le nouveau film de Denis Villeneuve. Objet totalement déroutant à la première vision, il se révèle très vite une œuvre profonde, lourde de sens et emprunte d’un symbolisme puissant qui donne à l’ensemble un esthétisme magnifique, mais aussi totalement dérangeant et oppressant. Une véritable énigme qui se savoure et se décortique non sans difficulté.

Tournée avant son succès, Prisoners, cette adaptation du roman schizophrénique « O Homem Duplicado » de José Saramago, plonge dans les pires angoisses, les pires travers de son personnage principal, un personnage morose au train-train quotidien usant, répétitif jusqu’à l’angoisse qui semble avoir bien plus qu’une simple similarité physique avec son alter ego, un acteur moyen, bien plus charismatique, dont la femme est enceinte et dont la vie semble plus facile. Y a t’il deux personnages bien distincts ou une seule et même personne ? Qui du professeur ou de l’acteur est le véritable héros de l’histoire ? Quelles sont ces araignées qui sifflent au-dessus de sa tête ? Vie fantasmée ? Préparation d’un rôle ?

Plus l’histoire avance, plus les détails s’enchaînent et les réponses se délivrent, maintenant notre attention en éveil, pour finir par un plan final totalement What The Fuck ??? Qui, en s’y penchant un peu vous vrille le cerveau tout en vous permettant de tout remettre en place et de détricoter le film. Mais pas immédiatement.

Enemy ne s’offre pas comme ça, il se déguste, se décrypte. C’est un labyrinthe étroit et sinueux. Tout comme avec celui du personnage principal, le film joue avec notre subconscient, notre moi intérieur, nos pulsions premières, celles qui l’on réprime comme celles auxquelles on cède.

La définition de l’ennemi dans Enemy est claire, l’ennemi c’est l’autre, sa part de l’autre, mais c’est l’identité même de l’autre qui est la plus dure à définir. Dans le genre thriller psychologique et sublime objet d’art, Enemy se pose là. On en sort captivé, sous le choc, ravi qu’un réalisateur ait pu à nouveau vous renverser de cette manière. Certains, c’est sur, n’apprécieront pas du tout. Je posterai une analyse du film à part, pour ne pas trop spoiler cette critique et vous laisser vierge de toute interprétation, car c’est comme ça que se découvre le mieux Enemy. De toute façon, je vous en ai déjà trop dit.

Sublimement filmé dans un Toronto désaturé qui s’estompe ou s’affine à mesure que les scènes s’enchaînent, excellemment interprété par un Jack Gyllenhaal qui joue parfaitement son double rôle et habilement habillé d’une musique pénétrante en entêtante, les 90 minutes du film passent avec une fascination totale pour qui s’y laisse abandonner.

Avis sur “Enemy – Mind fucked

  1. bâiller est devenu un art. le titre m’à stimuler. ce qui à suivi (2 heure de bâillement successifs) càd un navet stéréotypé (ceci dit c’est du cinéma, et américain en plus) m’à littéralement dépuceler. l’auteur du site, personne intelligente et objective, à probablement lui-même vu en cette bouse chaude, un moyen de répondre à ces attentes d’un film « complexe » : laisser réfléchir celui qui rarement ne réfléchi ou celui qui pense réfléchir. ceci dit j’ai passé du bon temps, bien que malheureusement l’intrigue et sa logique ne dépassait pas celle d’une prof de littérature frustré et incapable d’originalité réelle

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