Elysium – Mort au champ d’honneur

Genre : SF, action, drame,   Durée : 1h50  Note : 12/20

Réalisé par : Neil Blomkamp Acteurs : Matt Damon, Jodie Foster, Sharlto Copley

Dans un futur plu sou moins proche, la terre est réservée aux travailleurs laborieux qui vivent dans une pollution et un dénouement des plus dramatiques. Seuls quelques rares parviennent à clandestinement se frayer un chemin jusqu’en orbite de la planète avant de s’en faire violemment refouler. Là où vit l’élite et les plus riches terriens : Elysium. Un jour un travailleur ancien délinquant victime d’un accident du travail décide, pour guérir de sa maladie et sauver la vie de la fille de celle qu’il aime, de prendre le commandement d’une opération visant à prendre le contrôle d’Elysium.

Commençons par le commencement. Elysium n’est pas District 9. Si le contexte et le look « no future crado poussiéreux » peut rappeler, par certains aspects, son premier long métrage parfaitement inscrit dans une transcription futuriste de l’apartheid Sud-Africain, il n’en est rien pour la globalité d’Elysium qui avec son pitch un peu classique s’inscrit dans un registre beaucoup moins borderline et, de fait, beaucoup moins intéressant que son illustre ainé : la lutte des classes. Ce qui n’est pas comparable n’étant pas comparable, on va oublier dès maintenant la comparaison entre les deux films et juger Elysium comme un grand garçon.

Le nouveau film de Neil Blomkamp possède des atouts esthétiques majeurs : un réalisme dans la conception des vaisseaux qui nous projette avec un certain réalisme dans le futur d’anticipation qu’il dépeint sans que l’on se dise, un seul instant que la technologie parait démesurée et irréaliste. Le bon goût également d’aller piocher du côté de Syd Mead pour concevoir la station orbitale Elysium et aussi dans le passif de nombreux films de science-fiction bien sentis et surtout bien pensés. L’an 2154 créé alors est quelque part assez fidèle à ce que l’on pourrait imaginer d’un hypothétique futur pour notre planète, surtout si l’on continue lamentablement à se mettre sur la gueule à grands coups de gaz sarin. Franchement, ça fait plaisir et ça change. L’esthétique du film hein, pas de gaz Sarin. Le Gaz sarin, ça ne sert à rien.

En revanche, le scénario injecté dans le film qui s’embourbe entre une pauvre histoire d’amour ringarde et une lutte des classes, sempiternel thème, mille fois traité dans la SF d’anticipation qu’elle soit en livres, en BD, en Manga, en Film. C’est bien là que pêche totalement Elysium. Dans son total classicisme et son manque flagrant d’originalité. Le dénouement, attendu et prévisible, sans réels enjeux, sans empathie pour les personnages, rate alors totalement le coche. Celui de nous surprendre avec un méchant twist. Celui de nous coller au siège avec autre chose qu’un enchainement de combats façon G.I de l’espace. Celui de nous offrir une réelle réflexion psychologique salement amorale et déroutante digne de certaines œuvres d’Asimov, Clarke, Bradbury ou Dick. On en est très loin et c’est fort dommage de voir encore une fois l’esthétique travaillée au détriment des ficelles scénaristiques que l’on aurait aimé voir plus discrètes et plus manipulatrices. Il y avait matière avec l’univers posé par le film de produire un récit bien plus profond que ça.

Si l’étude de la vie sur terre échafaudée dans la première moitié du film se révèle assez subtile, rapidement, Elysium devient caricatural (le personnage de Jodie Foster aurait mérité d’être approfondi pour en faire un axe central de superbe salope sidérale par exemple), pas franchement enthousiasmant, limite guimauve pour son histoire d’amour à deux balles et assez brouillon dans ses scènes d’action en plus d’être violent assez gratuitement. On a du mal à faire ressortir un quelconque message du film tant les clichés sociaux sont balancés à la va-vite et à la truelle. Les méchants riches en orbite qui pètent dans la soie en sablant du champagne jusqu’à plus soif et les pauvres masses salariales qui triment comme des porcs dans la terre poussiéreuse. On attendait quand même un peu plus de profondeur, surtout après des Oblivion, Cloud Atlas ou Looper pour ce citer que quelques-uns des films sortis cette année, surtout de la part de Neil Blomkamp qui est capable de bien mieux, mais ferait mieux d’arrêter sa fixette sur les bidonvilles crasseux.

Ce n’est pas mauvais en soi, c’est encore un film du dimanche soir qui aurait pu finir dans les grands classiques de la SF, par peur, peut-être de se priver d’une partie du public. A gros budget on demande forcément grosses rentrées. Et pour ça, il faut arrondir les angles.

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