Django Unchained – Il est déchainé

Genre : Western, Aventure, Drame, Action Durée : 2h44 Note : 14 /20

Réalisé par :  Quentin Tarantino  Acteurs : Christoph Waltz, Jamie Foxx, Leonardo Di Caprio, Samuel L. Jackson

A la veille de la guerre de Sécession, Django , un Esclave affranchi par le Dr Schultz, un chasseur de primes allemand un peu dandy sur les bords, se lance à la poursuite des frères Brittle mais surtout sur les traces de sa femme qui lui a été enlevée avec violence. La quête entreprise par les deux hommes va bientôt les conduire sur les terres d’un des plus dangereux négriers et propriétaires terriens du sud des États-Unis.

Tarantino a été longtemps un auteur de films « cool », décomplexés, très réussis certes, mais sans réelle surprise au fil des nouveaux opus. Des dialogues décalés déclamés par des névropathes hystériques ou plus contenus, des situations ubuesques et une violence très graphique. Il y avait là une sorte de cahier des charges « tarantinesque » dans lequel s’empêtra le réalisateur  dans un Boulevard de La Mort trop caricatural, trop bavard, trop tout court.

Pris d’une crise de maturité ou d’une simple remise en question, Quentin décida alors de se diriger vers des films plus adultes. Apportant sa touche personnelle à des films presque parodiques comme pour mieux leur rendre hommage. Utilisant une histoire « anecdotique » face à contexte historique aux retombées mondiales pour mieux laisser sa caméra et ses personnages s’exprimer comme autant d’acteurs d’un monde en permanente métamorphose, mais aussi en totale stagnation. Inglorious Basterds peut en témoigner.

 La réalisation du film est d’ailleurs à l’image de cette nouvelle vision de Tarantino, plus simple, plus narrative, plus sobre, sa narration n’exclue pas plusieurs  geysers sanguinaires presque cartoonesques et tortures sadiques (on voit d’ailleurs poindre un clin d’œil à Reservoir Dogs dans une des scènes), mais ne s’enferme pas dans des passages obligés ni de longs discours et heureusement.

Car Django souffre tout de même de quelques longueurs, on sent que le réalisateur, les acteurs, en plein moment de plaisir, ont étiré, volontairement le film à des moments où il aurait gagné en rapidité et en nervosité. Néanmoins, chacune des « pauses » restent suffisamment équilibrées et salvatrices pour ne pas ruiner le film, mais ne sont peut-être pas aussi bien intégrée au film que le sont certains des passages analogues dans les précédentes réalisations de Quentin Tarantino.

Malgré ces petites critiques, en infusant les prémices de l’histoire afro-américaine dans la haine bouillonnante qui agitait les États-Unis à l’aube de la guerre de Sécession Django reste un film bourré d’inventivité. Quentin Tarantino aurait pu verser dans la critique unilatérale des mauvais Blancs face aux pauvres Noirs. C’est au contraire avec intelligence que l’on découvre en même temps que Django qu’aucun personnage n’est rattrapable. Que si les Blancs sont détestables, certains Noirs eux, se chargent d’être encore plus ignobles, cruels et sadiques envers leurs congénères.

Ainsi en associant la rage vengeresse d’un esclave maltraité comme tant d’autres au calme olympien d’un blanc immigré lui aussi (un sublimissime Christoph Waltz, franchement extraordinaire), en utilisant un grand méchant presque caricatural dans sa démesure mégalomaniaque, en lui donnant un infect valet, en donnant aux seconds rôles des tronches cassées, Quentin Tarantino réalise une sorte de Western noir, un film hommage à la frontière des Westerns Spaghetti, des premières réalisations vengeresses de Clint Eastwood et de la folie graphique des réalisations « engagées » de Sam Peckinpah.

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