Death Note – Éloge funèbre

Death Note Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Fantastique, horreur, policier Durée : 1h47 Note : 02/20

Réalisé par : Adam Wingard Acteurs :  Nat Wolff, Margaret Qualley, Lakeith Stanfield

LIGHT TURNER EST LYCÉEN AMÉRICAIN COMME LES AUTRES, PLUTÔT EN RETRAIT, SANS RÉELLE RÉUSSITE A L’ÉCOLE, IL N’ÉVEILLE SON ÂME DE JUSTICIER QUE POUR ÉBLOUIR LA POM-POM GIRL DE SES RÊVES. TOUT CHANGE LE JOUR OÙ LUI EST ENVOIE DU CIEL, UN CAHIER, LE DEATH NOTE DANS LEQUEL INSCRIRE LE NOM DE QUELQU’UN PERMET DE LE TUER. LE JEUNE HOMME Y VOIT UNE OPPORTUNITÉ DE RÉPARER LES INJUSTICES DU MONDE, LA MORT DE SA MÈRE ET SON MORNE QUOTIDIEN.

Vous n’avez reconnu qu’à moitié le récit de l’oeuvre magistrale de Ôba et Obata ? je vous rassure ce n’est que le début d’une longue chute au royaume des morts. Le mètre étalon des années 2000 remis à de la pire adaptation s’appliquait jusqu’à aujourd’hui à Dragon Ball, Avatar, Ghost In The Shell… Death Note réussit presque à dépasser la récente adaptation du manga culte consacré à l’intelligence artificielle. Tremblez amoureux d’Akira, si le film se fait un jour, les héros auront sans doute 25 ans, ça se passera à Chicago et Tetsuo devrait infiltrer un réseau social pour faire un crossover avec Genysis.

Pour son Death Note, Netflix a complètement pété les plombs. Encore une fois, le film, dans son ensemble, dans la compréhension de ses enjeux pas si manichéens que ça, dans la bible de ses personnages donne m’impression que les auteurs se sont cantonnés à un résumé rapide de jaquette de DVD.

Le film est une effroyable purge, un ratage total, une flaque de vomi résidu de l’abus de poire à lavement cérébral ayant aspiré les neurones du scénariste et le bon sens du réalisateur. Ces derniers ont en effets décidé de surfer sans vergogne sur l’incroyable jeu de dominos démoniaques de Destination Finale plutôt que sur la sentence pure et simple de Death Note. C’est simple, le film est aussi éloigné de l’intrigue et des personnages du manga que peuvent l’être Les Schtroumpfs de Massacre à la tronçonneuse.

Death Note 02 - N'y allez pas c'est de la merde
N’importe quel fan quand il découvre le film

Entre Light qui n’a rien du caractère du personnage initial et qui se trouve être un faux dur au cœur tendre amoureux tout plein qui se laisse déborder, manipuler, par sa copine, L version hacker black branchouille à hoodie hip-hop aux faux airs de Elliot Anderson (Mr Robot) mais nerveux, énervé, dispersé, irréfléchi, à la force de déduction d’une palourde moisie et la patience d’un ado attardé. Ruyk qui est tellement mal fait qu’on le cache dans l’ombre en permanence, le père de Light inexistant lors qu’il était une pièce pivot de l’intrigue, sa mère décédée, la copine de Light complètement décorrélée du manga… Quand on veux synthétiser 13 tankōbon (tomes de manga) en un seul film, on se donne les moyens, on se pose, on rallonge sa copie, on revient dessus, on vise les 2h30 mais on prend son temps, on respecte l’œuvre originale.

Ici, le récit est navrant, plat, futile, on se croirait dans une série ado de lycée mal branlée avec un brin de fantastique. C’est américanisé à mort, monté avec le cul et mettant tout plein de mouvements de caméra partout pour faire genre. Les poursuites à la limite de Matrix entre Light sont à ce titre assez extraordinaires. On peut également parler des dialogues insipides, parfaitement ridicules, la palme revenant à la relation entre Light et Mia (Misa), du chef-op qui s’en bat l’œil de sa lumière tellement elle te chie dans les rétines, de l’habilleuse et de la scripte qui devaient bien déconner ensemble pour multiplier autant les conneries…

Pour faire une métaphore culinaire, Death Note by Netflix et Adam Wingard (le futur réal de Godzilla vs Kong), c’est un gros pancake dégueulasse de conservateurs et colorants recouvert de Fruit Loops, de Captain’ Choc, de Aunt Jemina, de beurre, de peanut butter et de miel alors que les auteurs nous avaient concocté un okonomiyaki (sorte de crêpe salée japonaise) pleine de subtilités, de saveurs et de niveaux de lecture. La BD était d’une grande clarté en regard de sa complexité, son alter ego façon Oncle Sam est une insulte totale, un magnifique Fuck You à l’attente (pas naïve non plus, faut être clair), qu’en avaient les fans.

Death Note 01- N'y allez pas c'est de la merde
Tête entre les acteurs les moins ressemblants aux personnages initiaux du monde

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