Dark Shadows – Vampower Flower

Genre : Comédie Durée : 1h52  Note :  13/20

Réalisé par :  Tim Burton Acteurs : Johnny Depp, Eva Green, Michel Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Chloe Moretz, Johnny Lee Miller

1752, la famille Collins quitte la ville de Liverpool pour aller chercher la fortune et commencer une nouvelle vie en Amérique. Accompagnés de leur petit Barnabas, ils montent une formidable entreprise de pêche industrielle qui leur apporte de l’argent plus qu’ils n’en espéraient et font d’eux les nantis de la ville qu’ils fondent en leur nom dans le Maine, Collisport. Quelques années plus tard, le Barnabas Collins est devenu un fringant jeune homme qui court et courtise à tout va, bien aidé par la fortune de sa famille. Mais, aveuglément amoureux de la belle Josette DuPres il brise le cœur de la sorcière Angélique Bouchard qui le transforme en vampire et le condamne à être enterré vivant. C’est par un hasard total qu’il est tiré de sa tombe 200 ans plus tard, dans les années 70, à une période où tout a vraiment, vraiment beaucoup changé.

Tim Burton est poète, Tim Burton est comique, Tim Burton est sombre, gothique, grandiloquent, touchant, grinçant et étonnant et inspirant. Il est parfois peu inspiré et se fait plus commercial avec Alice, Big Fish ou la planète des singes, des films dans lesquels on l’attendait avec plus de hargne et de férocité. On le connait plus étrange et plus barré dans Ed Wood, Edward, Sleepy Hollow et franchement hilarant dans Mars Attacks, Pee Wee ou BeetleJuice. Aujourd’hui, avec Dark Shadows, il apporte une touche de légèreté et de fantaisie à ses soporifiques histoires de vampire dont on nous rabat les oreilles à grands coups d’apollons métrosexuels émasculés.

Rappelant un peu, et c’est un compliment, les pérégrinations assassines de Meryl Streep et Goldie Hawn qui se disputaient Bruce Willis dans le film de Robert Zemeckis, La mort vous va si bien, on reconnait parfaitement dans Dark Shadows, la patte du réalisateur le plus Gothique du gotha hollywoodien.

Peut-être est-ce dans le penchant totalement obsessionnel d’Eva Green en sorcière folle furieuse qui maudit Johnny Depp pour des générations, se réservant le droit exclusif de sa propriété et ne laissant aucune femme l’approcher au prix d’atroces souffrances ou de mort certaine. Ou alors le festival de monstres de foire s’affrontant et défiant la mort et le vieillissement que l’on retrouve des traces de l’hilarant film de Zemeckis, en tous cas, Dark Shadows brille par sa singularité et est sans conteste ce que Burton a fait de mieux depuis un sacré moment. Mais il est loin, très loin d’être son meilleur film. Une chose est certaine, il lorgne bien plus du coté Beetlejuice que d’Edward Aux Mains d’Argent, le sujet se prêtant plus à un univers comique qu’à celui d’un fable poétique. On y retrouve l’ado  contrariée (l’ex Hit-Girl de Kick-ass), l’enfant un peu esseulé, et toute une galerie de personnages dont une Michelle Pfeiffer un peu absente et une Helena Bonham Carter en psy alcoolique et vieillissante.

Au vu du trailer, la perspective de voir débarquer un vampire des années 1700 dans les années hippies du Flower Power américain promettait une cascade de situations toutes plus délirantes les unes que les autres. Mais finalement si l’on est un peu frustré de ne se retrouver qu’avec quelques gags que l’on a déjà vu dans Les Visiteurs et quelques regards décontenancés de Barnabas devant des objets bien loin de son époque d’origine. Le contraste vient surtout de la manière dont le personnage se tient en société, totalement décalé avec cet étrange monde qu’il ne comprend pas et avec ses habitants qui ont beaucoup de mal à le comprendre lui aussi et à intégrer qu’un vampire de 200 ans d’âge vienne bouleverser leur quotidien.

S’exprimant dans un anglais à la limite du shakespearien, dans des formules ampoulées et des tenues extravagantes,  Johnny Depp compose un personnage à des années lumières d’être en prise avec les années 70, comme dans une dimension parallèle et le comique du film ne vient pas du sadisme furieux d’êtres psychopathes comme dans Mars Attacks mais plus dans encore une fois dans le sempiternel décalage que presque tous les personnages de Burton ont par rapport à son entourage.

Décalage que le réalisateur traite cette fois sur le ton de la comédie tant par la condition de vampire de Barnabas que par son comportement. Une comédie qui malheureusement s’essouffle beaucoup vers le milieu du film, période où l’on attend plus de situations étonnantes et laisse un peu sa faim tant on aurait aimé une explosion de folie entre les protagonistes en présence lors de leur affrontement final et surtout, une ultime scène finale qui manque singulièrement d’originalité tant elle est attendue.

Ni vraiment sombre, ni vraiment horrible, ni vraiment triste ni doux amer, Dark Shadows est une gentille comédie, avec ses personnages très bien écrits, composés par des acteurs talentueux et d’une magnifique esthétique qui n’appartient qu’à Tim Burton.

On rigole pour ainsi dire franchement par moments, on s’ennuie un peu parfois, on aurait certainement aimé en voir plus et voir le réalisateur chercher et fouiller un peu plus son film et peut être le décaler encore un chouia. Car s’il laisse sans conteste un très bon souvenir et que l’on passe un bon moment, Dark Shadows laisse également un petit goût d’inachevé inexplicable.

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