Dalton Trumbo – À la plume, à la baguette

Dalton Trumbo Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie, action, drame, biopic Durée :  2h04 Note : 14/20

Réalisé par : Jay Roach Acteurs :  Bryan Cranston, Diane Lane, Hellen Mirren, David James Eliott, Elle Fanning, Adewale Akinnuoye-Agbaje

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En pleine guerre froide, le scénariste hollywoodien Dalton Trumbo est l’une des superstars du script. Mais alors que le communisme n’est pas vu d’un très bon œil  au pays de tonton Sam, Dalton Trumbo, fervent adepte des idées, mais rejetant les dictateurs se fait arrêter  et placer sur la Black List américaine. Il lui faudra des années d’anonymat et le soutien de sa famille, de ses amis et des acteurs du milieu pour le porter au plus haut sommet de sa gloire et de sa reconnaissance.

L’histoire de Dalton Trumbo est une manne pour un scénariste et un réalisateur. D’abord, une époque : La Guerre Froide. Symbolique période de tension pour les États-Unis, baignant dans une paranoïa et une obsession de la trahison externe et interne qui ne les a jamais quittée, obnubilés qu’ils étaient, qu’ils sont toujours, par leur rôle de gendarme du monde qu’ils tenaient, qu’ils tiennent encore, à mettre au diapason de leur pensée illusoirement libertaire. Obsédés par un mot que certainement 90% de la population ne comprenait et craignait qu’à travers le prisme des médias : le communisme. Un juste regard en arrière pour observer la situation d’aujourd’hui.

Le monde du cinéma ensuite. Fascination ultime de l’Américan Dream. Un monde qui fait envie, rêver, d’amour, gloire et beauté, que l’on aime critiquer et où beaucoup d’octroient le droit de guider la pensée, de formater les films, d’exploiter les travailleurs et surtout de conserver leur petit cul bien au chaud dans leur boudoir de satisfaction et de puissance. On dit parfois qu’Hollywood est le second Washington des États-Unis, rien n’est moins faux. Ils leur a même donné un président et la mauvaise idée aux acteurs français de se mêler de la vie politique.

Dalton en faux
Dalton en faux
Dalton en vrai
Dalton en vrai

Jay Roach et John McNamara s’en sont donné à cœur joie dans ce film extrêmement brillant qu’est Dalton Trumbo et basé sur le livre de Bruce Cook et sur le témoignage des deux filles du scénariste. La reconstitution précautionneuse de l’époque n’est qu’anecdotique face à la prestation formidable de Bryan Cranston. Un rôle à la hauteur de son talent et de son sens de la comédie, du timing et du jeu de regard.

Parfaitement à l’aise dans son rôle de créatif obsédé par la musique du dialogue et la justesse des propos et de l’histoire, on ressent sous le vernis du personnage, toute la personnalité et la passion de l’acteur, totalement à l’aise dans le rôle de celui qui écrira dans l’ombre de l’anonymat, en prison aux côté du personnage haut en couleur de Adewale Akinnuoye-Agbaje, son véritable sauveur durant sa détention. Ou durant la liberté provisoire et l’anonymat de son interdiction d’exercer, des films aussi fameux que « Vacances Romaines » ou « Les Clameurs se sont tues ».

Ma chère Hedda, si vous pouviez un jour me lâcher les testicules ça me rendrait service...
Ma chère Hedda, si vous pouviez un jour me lâcher les testicules ça me rendrait service…

Dalton Trumbo apparait tel qu’il devrait être, un homme bourré de contradictions, mais droit dans ses bottes. Prêt à se sacrifier pour un combat, mais pas à sacrifier ce qu’il y a de plus cher, l’amitié, la famille, au risque de passer très prêt de le faire. Un homme entouré de personnages pas aussi forts que lui, parfois plus vils, parfois plus lâches, parfois absolument détestables comme John Wayne, charismatique mais complètement demeuré et le personnage haïssable d’Helen Mirren : Hedda Hopper, maléfique langue de pute aux bras longs, indétrônable manipulatrice qui finira exsangue, battue par un système qui se retourna irrémédiablement contre elle par les pions qu’elle avait tenté de placer : Otto Preminger et Kirk Dougla, soutien moraux et financiers de Dalton Trumbo qui écrira pour eux, excusez du peu : « Exodus », « Condamné au Silence » et  « Spartacus ». Un film passionnant sur une période peu connue en France de l’âge hollywoodien.

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