Dallas Buyers Club – Buy me a new life

Genre : Drame/Biopic  Durée : 1h57 Note : 15/20

Réalisé par : Jean-Marc Vallée Acteurs : Matthew Mcconaughey, Jared Leto, Jennifer Garner

Dans les années 70, un champion de rodéo, Ron Woodworf, très porté sur les femmes, l’alcool, la drogue et la fête se découvre atteint du sida. Rejeté par ses amis, affligé par le peu de traitements existants aux USA dont la FDA cadenasse l’usage et la distribution, Ron met très vite sur pied un système de distribution de médicaments palliatifs afin d’apporter une solution efficace aux patients de plus en plus nombreux. Sa rencontre avec un travesti extraverti contribuera également à changer définitivement de regard sur les homosexuels.

Il est loin le bellâtre blond comme les blés, musclé et gendre idéal qui faisait se pâmer d’admiration l’Américaine moyenne pendant que sa culotte prenait feu. Le minet abonné aux comédies romantiques débilisantes qui n’avait rien d’autre a offrir qu’un regard langoureux et trois lignes de dialogues chiées d’une mauvaise pulp fiction. Dans le genre je te casse mon image à coups de flic crado maître chanteur, de trader Patrick Batemanien et aujourd’hui de Cow-Boy homophobe sidaïque, Matt Mcconaughey se pose là mais quand on retrace sa carrière on se rend compte qu’il a toujours eu ce goût pour les films un peu polémiques.

Ce biopic ne fait pas exception à la règle et pronostic dans la critique, l’interprétation qu’il livre devrait lui valoir un oscar. Sa performance qui ne tient pas tant dans sa transformation physique que dans la justesse et la large palette d’interprétation dont il fait preuve. Elle fait exploser à l’écran toute la tristesse, la détresse, la rage, la force et finalement la générosité du personnage au bord à l’agonie physique et mentale qui renaît sous nos yeux, qui d’un connard de Texan décérébré se transforme, change de regard, apprend la compassion, la tolérance, se moquant des conventions, refusant un destin tracé par des médecins qui ne cherchent qu’à expérimenter sur les patients, rejetant en bloc une administration américaine plus attentive à verrouiller ses propres intérêts qu’à veiller sur la santé de ses patients.

L’ajout de Jared Leto, acteur aussi androgyne que polymorphe, adorant lui aussi se transformer devant l’œil de la caméra et vivant ici un véritable changement de sexe qui te ferait péter un plomb à tout détracteur de la théorie du genre, amène le film dans une tragi-comédie désespérée, un bijou tragique et instructif sur le sort réservé à ceux qui ont eu le malheur de contracter le VIH. L’amitié profonde qui se développe entre Ron et lui alors que tout les opposait explose à l’écran, donne une image très pure au film, sans sentimentalisme, sans violons, sans le sempiternel discours casse-couilles  que les films américains aiment parfois étaler  pour se donner bonne conscience surtout lorsque le sujet est aussi dur.

Porté par les deux acteurs, Dallas Buyers Club tape juste, est magnifiquement filmé, avec justesse et simplicité, chie un peu dans le box de certains Américains bas de plafond pour aborder des thèmes parfois caricaturés avec un naturel étonnant. Se moque des conventions hollywoodiennes en s’offrant une plastique crade et crue de film indé pour se contenter de raconter son propos. Montrer comment un homme peut, face à des circonstances inhabituelles se dépasser et lutter avec ses propres armes, non seulement pour son intérêt mais aussi pour celui des autres. C’est l’histoire d’un homme qui au pied du mur, reprend son destin en main, seul,  contre tous et ça finalement, c’est très américain.

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