7 Psychopathes – La papatte un peu lourde

Genre : Policier, Action, comédie Durée : 1h50 Note : 08 /20

Réalisé par :  Martin McDonagh  Acteurs : Colin Farell, Christopher Walken, Sam Rockwell, Woody Harrelson, Tom Waits

Un scénariste hollywoodien en panne d’inspiration se retrouve, grâce à son meilleur ami, au cœur de la bataille rangée que mène un gangster névrosé pour retrouver son Shih-Tzu adoré. Une aventure dans laquelle se côtoient 7 psychopathes. Une aventure qui semble naviguer entre rêve et réalité et qu’il va mettre à profit pour écrire son scénario.

Woody Harrelson, Christopher Walken et Sam Rockwell, Tom Waits, Colin Farell réunis dans une histoire déjantée plongeant une quinte flush de tueurs sanguinaires empêtrés dans une vague histoire de scénariste et d’enlèvements de chiens… L’histoire avait de quoi être alléchante, surtout réalisée par Martin McDonagh déjà auteur du très drôle et très inattendu Bon Baisers de Bruges et du plutôt réussi l’Irlandais.

Alors que ces deux précédents films rappelaient furieusement l’univers des gangsters un peu bruts de décoffrage de Guy Ritchie, le réalisateur lorgne aujourd’hui du côté des frères Coen et de Quentin Tarantino. Cette influence, que l’on ressent comme un chape de plomb tout au long de la séance, comme un glorieux modèle que le film n’arrivera pas à égaler, fini d’ailleurs par plomber le film.

La virtuosité et la finesse que McDonagh avait mise dans son premier film se transformant ici en une balourde mise en scène bourrée de cliché (la présentation des persos avec leur nom en incrustre… Rhaaaaaaaaa !!!) et en dialogues interminables et totalement torchés à défaut d’être réellement percutants et décalés comme le seraient les logorrhées verbales détonantes bourrées de sous texte des meilleurs Tarantino.

Véritable mise en abyme du travail de scénariste/réalisateur (Colin Farell étant ici un McDonagh de pellicule), cette histoire qui navigue entre réalité et onirisme créatif se perd dans son ambitieuse idée de départ, se retrouve confrontée à une mise en scène totalement bordélique et s’empêtre royalement les pattes dans les différents arcs narratifs qu’elle essaie de conjuguer.

Le réalisateur écrit et filme toutes ses scènes comme un bon élève. Connaissant ses références sur le bout des doigts, il balance à l’écran tout le cahier des charges de ses glorieux modèles qu’il tente de s’approprier pour finalement de jamais réussir à les réinventer et nous offrir une histoire pas déplaisante au demeurant, mais qui laisse un énorme goût de déjà vu et en fait dès sa sortie un film daté, un peu fou, mais certainement pas assez.

C’est ce manque de nouveauté, de couilles et ce jusqu’au-boutisme qui fait surtout beaucoup de mal à 7 Psychopathes. Comme si le réalisateur comptait seulement sur le nom et la performance de ses acteurs pour palier les déficiences évidentes de son scénario très limité et peu inventif. On peut le comprendre avec un tel casting.

Pourtant mis à part Christopher Walken, absolument sidérant, qui campe le personnage le plus complet, le plus subtil et le plus complexe du film, les autres acteurs semblent soit souffrir d’un manque d’inspiration soit avoir entre les mains des personnages qui n’ont pas reçu la même exigence d’écriture que celui de Walken. Celui de Sam Rockwell aurait mérité beaucoup plus de complexité, celui de Woddy Harrelsson beaucoup plus de folie, celui de Colin Farell beaucoup plus de désespoir et pour finir, toute l’histoire qui va autour beaucoup plus de noirceur, de bordel, de perte de contrôle.

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