Cosmopolis – Golden Fucked Up Boy

Genre : Huit-clos dramatique Durée : 1h48 Note :  12/20

Réalisé par :  David Cronenberg Acteurs : Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mattheu Amalric, Paul Giamatti, Kevin Durand


 

Dans un monde en crise, Eric Packer un golden boy de la finance, plane au-dessus de la mêlée. Multimilliardaire, il dépense sans compter, passe sa journée à spéculer dans sa limousine à coups de millions de dollars. Pourtant, en cette journée particulière où le président des Etats-Unis est en déplacement à Manhattan, la vie de Eric Packer va basculer du tout au tout, pour le meilleur mais surtout pour le pire.

 

On attend toujours le retour de David Cronenberg au cinéma. Le réalisateur, amateur de sujets subversifs traités à renforts de dialogues étranges, parfois sibyllins ou incompréhensibles, aime les personnages psychologiquement dérangés, instables, propres à libérer violemment leurs névroses et leurs penchants pour le sexe et la violence. Il aime vriller les neurones de ses spectateurs pour les emmener face à leur propre condition. Et le sujet choisi par Cronenberg était un sujet de choix pour laisser s’exprimer sa créativité.

Oui était, car en regard de la promesse faite par la bande-annonce d’un film violement viscéral, de la plongée anarchique d’un golden boy dans un monde de chaos, le résultat est un film que déçoit un peu, voire vraiment beaucoup. La tant espérée escalade de violence sur fond de descente aux enfers  façon « Chute Libre » n’est pas au rendez-vous et Cronenberg nous livre un film certes à l’esthétisme sensuel et obsessionnel indéniable mais malheureusement extrêmement bavard, décousu et souffrant à la fois, et c’est très surprenant, d’un extraordinaire manque de rythme et de très nombreuses longueurs. Ces dernières finissent par nous faire décrocher totalement de l’intrigue et de la critique pourtant réussie de cette société de la réussite à tout prix, de la course au sexe et à la mort, de l’obsession de l’argent.

Bien que ce huit-clos mobile, cette limousine autour de laquelle le monde explose dans le chaos, centré sur des personnages brillement interprétés par Robert Pattinson, Juliette Binoche, Mattheu Amalric, Paul Giamatti ou Kevin Durand soit quand même suffisamment atypique et étonnant pour laisser le spectateur installé dans son fauteuil pour connaitre le dénouement de l’histoire, les dialogues retranscrits tels quels du roman de Don DeLillo plombent vraiment la magnifique esthétique d’un réalisateur inspiré par son sujet.

Cosmopolis fait vraiment partie des films « bavards » de Cronenberg, une approche extrêmement confuse dans le cas qui nous occupe. Il faut être préparé à cela en allant voir Comopolis, se préparer à plonger dans une étude méticuleuse de la psyché d’un personnage qui se perd dans les méandres de sa propre réussite pour mieux précipiter, consciemment ou inconsciemment sa chute. Sa vie s’enchaine sans liant, sans réelle harmonie dans laquelle il se traine malgré la situation que tout la terre lui envie. Alors oui, Cosmopolis est un film à voir mais certainement pas à réserver à tous les spectateurs.

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