Contagion – Piqûre de rappel

Genre : Thriller Durée : 1h52  Note :  15/20

Réalisé par :  Steven Soderbergh Avec : Marion Cotillard, Matt Damon, Laurence Fishburne

Une pandémie violente éclate à l’échelle de la planète. Le CDC (Center For Desease Control) doit agir au plus vite pour empêcher une propagation encore plus violente. De foyers en foyers, les chercheurs mettent tout en œuvre pour empêcher le pire.

En ces temps où les virus circulent comme les morpions au bois de Boulogne, nombreux sont les films et web-séries qui jouent avec plus ou moins de talent sur les propagations virales et leurs conséquences. Quand certains s’embourbent dans de navrantes web-séries de zombies débilitantes à l’humour désastreux et mille fois vues, d’autres bâtissent des films aux reins plus solides même si au final, peu tirent leur épingle du jeu. D’autres encore, jouent sur le paradoxe temporel pour empêcher la prolifération infectieuse. L’Armée des 12 Singes, par exemple, est l’un des plus brillants films de virus qu’il m’ait été donné de voir et enfin, certains partent dans un délire total comme Ebola Syndrome, un film asiatique effroyablement gore,  totalement déjanté, incroyablement jouissif mais à ne pas réserver à tous les yeux.

Soderbergh, lui, décide de s’intéresser à bien autre chose, à quelque chose de très concret, la propagation d’un virus sur la planète et les moyens mis en œuvre pour lutter contre lui. Sujet brûlant de l’actualité lorsqu’on lit dans la presse qu’a été mis au point un virus foudroyant de la grippe, 10.000 fois plus virulent et mortel que le petit H5N1 ou que l’on sait que le Virus Ebola serait susceptible de se répandre en France dans les années à Venir.

Ce pitch, qui n’est pas sans rappeler le très moyen « Alerte », va bien plus loin que ce que l’on pourrait imaginer. Froid, impitoyable, sans concession, le film ne fait pas le spectaculaire mais dans l’efficace. On sent bien pendant tout le film la peur de cette menace invisible qui rôde et peut frapper aveuglément sans distinction de classe, de race, de pays. Se propageant aux gré des moyens de transport que le génie humain à mis en place et qui au final se retourne contre lui.

D’une précision chirurgicale, le film glace simplement d’effroi par son réalisme clinique, sa réalisation propre et froide et son flot d’informations et de termes médicaux des plus intéressant. se concentrant sur le combat acharné que l’homme mène pour assurer sa survie, dépassé par les évènements. Ici pas de violons, pas de poncifs, pas de portes ouvertes, pas de grand spectacle et pas de solution miracle. Juste un film un qui risque de rendre certains paranoïaques, qui flirte avec le reportage mais plonge le spectateur dans une apnée la plus totale comme pour l’empêcher d’être infecté, par les gènes peut-être mortels de ses voisins qui toussent dans la salle.


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