Conan – Le Barbare hein, pas l’appareil photo (quoique)

Genre : Heroïc-Fantasy Durée : 1h52   Note :  3/20

Réalisé par : Marcus NISPEL Avec :  Jason MOMOA, Rachel NICHOLS, Stephen LANG

Conan naitre au milieu bataille. Élevé tribu barbare. Un jour papa Conan tué alors Conan, un peu contrarié, décider venger lui et retrouver assassin de papa de lui. Histoire film être ça. Ha et puis, Conan avoir muscles et une épée aussi. Ça, détail important.

Critique : La meilleure surprise que j’ai eu en allant voir Conan, c’est que je m’attendais à Pire. J’avais prévu une de ces horreurs pré-formatées minables, déféquées par un scénariste de télé-réalité dont le cerveau aurait été rongé par des années de programmes T.V abêtissants et abimé par des séances quotidiennes de frappage de crâne sur le mur porteur en béton armé de villa hollywoodienne. Un de ces films sublimés par la nullité astronomique d’un réalisateur aveugle et manchot qui aurait eu la bonne idée de tenir sa caméra avec son duodénum et de zoomer avec son estomac. Non Conan se paie le luxe d’être un poil mais alors juste un poil mieux que ce que j’avais en tête. Disons que le réalisateur en question  devait avoir, au moins, une main de libre pour tenir sa caméra. Le reste de la description restant valable pour l’étron projeté sur l’écran, celui-ci provoquant au bout de 20 minutes soit un profond ennui du même bois que celui dont semblent souffrir certains de nos députés, soit une envie soudaine et irrépressible de s’immoler par le feu tout en se faisant sepuku (harakiri pour les profanes) pour abréger ses souffrances de cinéphile exigeant et en hurlant son désespoir de voir foulé aux pieds son glorieux ainé interprété par un allemand bodybuildé certes peu bavard mais bien plus crédible dans l’interprétation de ce personnage de légende.

D’un scénario que l’on imagine à la base d’une affligeante nullité et qui se réclame des (bons) romans de Robert E. Howard, le scénariste et le réalisateur ont fait un vide intersidéral. Pompant goulument son esthétisme sur les magnifiques décors du seigneur des anneaux pour nous en mettre plein les yeux et surtout pas trop dans la tête. On pourrait, en lisant cette phrase que Conan fait partie de ces films défouloir, décriés par certains, revendiqués par d’autres où l’on pose son cerveau pour mieux apprécier la finesse obscure des combats sanglants et de la violence couillue qui se déroule sur l’écran mais même pas ! Ce qui nous est offert est aussi scénarisé qu’un épisode de « D&CO », aussi prenant qu’une partie de croquet jouée par des poules pondeuses et aussi convainquant que la défense de DSK contre Nafisatou Diallo, dire qu’il ne se passe rien serait encore faire un compliment au film. Que dire alors de la fulgurante et horrifique interprétation des acteurs, mis à part peut-être Ron Perlman, fidèle à lui-même qui n’arrive qu’à la cheville de l’incroyable platitude du scénario   ?

Conan, interprété par Jason Momoa, c’est la force brute, l’Everest de l’Aquaboulevard, le Mont Olympe des salles de musculation, une quiche lorraine congelée réincarnée en une masse de muscles testostéroniques au regard de gerbille morte et à l’intellect d’une plâtrée de linguine dans un restaurant italien dégueulasse où les carbonara sont servies avec trop de crème et coupées au parmesan bon marché.  Armé de son épée, Conan, bourrin, le muscle gras,  la bave aux lèvres et le sourcil froncé comme s’il cherchait à voir à une trentaine de kilomètres ou à calculer la racine carrée de 4, découpe, lapide, pulvérise dans des hectolitres d’hémoglobine. Puis il hurle, crie, regarde de biais, fait deux trois blaguounettes et parle avec une voix de fumeur d’outre tombe. Face à l’interprétation de Schwartzy, il n’est qu’une espèce de truc aussi expressif qu’une tasse de café qui se ridiculise pitoyablement dès qu’il ouvre la bouche autant par l’inénarrable inexpressivité de son facies que par la pauvreté abyssale de ses répliques. Un meuble.

Le grand méchant qui aurait du tuer son coiffeur, jouait déjà dans avatar tard et là, il va pas beaucoup plus loin. Mou, apathique, menaçant il beugle comme un veau mais est aussi effrayant qu’un caniche abricot qu’on chasse à coup de baskets. Il fait un bien piètre adversaire face à la violence aveugle et déchainée d’un Conan qui devrait chercher un Bescherelle plutôt que l’assassin de son père. La fille de ce dernier, ignoblement coiffée elle aussi (ça doit être une histoire de gènes, c’est pas possible) fait pleurer de rire par le ridicule du rôle qu’on a bien voulu lui donner et l’héroïne principale, elle, excelle  par la beauté de ses beaux yeux. Point.

Conan est donc un soporifique ratage complet, un énième piège à fric ultraprévisible dans lequel  les cartes illimitées sont des bouées de sauvetage salutaires et où le plaisir coupable de se perdre dans un délire mégalomaniaque de destruction totale et violence viscérale n’est même pas présent. « Behold and despair » comme le dit le méchant du film… Contemplez et lamentez-vous !

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