Comme un chef – Quelqu’un a un sac à vomi ?

Genre : Comédie Durée : 1h25  Note :  02/20

Réalisé par :  Daniel Cohen Acteurs : Jean Reno, Michael Youn, Julien Boisselier, Salomé Stévenin

Un jeune homme passionné de cuisine, ne rêve que de grandes recettes dans un monde du self routier ou de brasserie de quartier où ses clients ne rêve que de steak frites, de bœuf bourguignon et crèmes caramels à la louche. Il va pourtant accéder à l’un de ses rêves, travailler avec l’un des plus grands chefs du monde, totalement en panne d’inspiration, qui va trouver en lui une planche de salut.

Expérimenter la vision de Comme Un Chef c’est un peu comme essayer d’extraire soi-même son appendice sans anesthésie en utilisant un couteau à pain rouillé et bourré de bactéries. Un découpage monstrueusement hasardeux, une souffrance atroce pour atteindre l’organe,  des flots de sang pour découper et extraire l’origine de la souffrance atroce qui vous déchirait le ventre avant l’opération pour finir par agoniser lentement dans une sorte de semi-coma dans lequel votre conscience vous ramène vers le monde des vivants et  le scénario apocalyptique vous entraine dans des limbes angoissantes d’où vous tentez de vous extraire.

Dès les premières minutes du film, on comprend que l’on versera dans une niaiserie sans nom, dans un sirupeux téléfilm aussi indigeste qu’un nugget de poulet réchauffé 6 fois au micro-ondes. Dès les premières minute, on est assailli par l’irrépressible envie de gifler Michael Youn pour le réveiller d’une torpeur qui le suivra dans tous les film. Aussi vif et impliqué qu’un flan au caramel dans la banquise, Youn est insupportable de… torpeur. Ne croyant absolument pas à son rôle, on le sent même en permanence agacé par le rôle qu’on lui fait jouer et on le sent comme prisonnier de ce rôle de cuisinier qui lui va aussi bien qu’un toaster à un pingouin.

Jean Reno quand à lui, soufflé, fatigué, usé, lent et faisant du Jean Reno, n’offre aucune couleur, aucune extravagance, aucune identité à ce chef en rupture avec son temps. Il nous plonge dans les abysses étourdissantes d’un ennui insondable et provoque une empathie telle chez nous que l’on pourrait bien suivre les pérégrinations d’un canard dans une mare de l’étang de Berre ce serait sans doute un personnage plus passionnant que cet Ersatz de chef étoile, cette caricature mal assaisonnée de dieu de gastronomie. Fade, écœurant de mièvrerie, autoritaire comme un travesti au milieu d’un contingent militaire. C’est sans doute l’une des plus monstrueuses compositions de l’artiste qui pourtant est quelquefois un excellent acteur.

Que dire alors de l’invraisemblable scénario, catastrophique, prévisible dans lequel Julien Boisselier est le seul finalement parfait dans son rôle de petite merde irritante et arriviste et Salomé Stevenin Stevenin sous exploitée ? Désolant de mièvrerie, surfant sur la mode des émissions de cuisine plus originales les unes que les autres, ce qui aurait du être un téléfilm diffusé sur la TNT se retrouve avec surprise et horreur sur un grand écran où la pauvreté de ses dialogues, la banalité de l’intrigue, l’atroce compositions de ses acteurs principaux, la mollesse de son humour, son opportunisme nauséeux et son manque flagrant manque d’originalité éclate au grand jour alors qu’elle aurait certainement été plus discrète dans une diffusion tv. On hésite alors au moment du générique entre la crise de diarrhée et les nausées vomitives pour quitter la salle avec la certitude d’être passé pourtant à coté d’une ébauche de bonne idée.

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