Blood Father – Liens sanguins

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Genre : Action, Policier, vengeance Durée : 1h28 Note : 12/20

Réalisé par : Jean-François Richet Acteurs : Mel Gibson, Erin Moriarty, Diego Luna

Tatoueur ex-alcoolique dans un bled pourri, John Link a laissé derrière lui son passé d’ex-taulard et d’ex-motard pour se racheter une conduite loin des tentations de violence et d’illégalité. Quand un jour sa fille Lydia, poursuivie par des malfrats dont le chef était son compagnon, vient déranger cette vie tranquille et déprimante, John exulte autant qu’il sait, d’instinct, que les choses ne se passeront pas avec autant de facilité. Quand les poursuivants de Lydia débarquent, c’est à un homme remonté à bloc pour protéger sa fille à qui ils ont affaire.

Monsieur Mesrine, Jean François Richet change de criminel, mais pas de fusil d’épaule et posant le pied aux États-Unis. On retrouve son habileté à mettre en scène des malfrats et à tirer les grands traits d’un polar noir, même si dans le fond, on est plus proche du film de vengeance à la Commando que du diptyque sur l’ennemi public n°1.

Jusque dans son titre et son pitch, on sait que Blood Father est une bonne grosse série B qui tache, sans d’autres ambitions que de divertir avec l’histoire d’un type qui ne lâche pas le morceau pour une bonne raison à l’instar de ses glorieux ainés : John Wick parce qu’on a tué son petit chien, John Matrix parce qu’un abruti de dictateur sud-américain a capturé sa fille. Point important, les méchants sont des brèles et ils vont en prendre plein la gueule.

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Born to be wild

Pourtant, il se passe un truc dans le très ocre et âcre Blood Father. Déjà parce qu’il ne sacralise pas son héros et montre une Amérique en pleine désillusion, au fond du trou avec un décor et surtout un personnage oscillant entre tendresse pour sa fille et rage et haine pour tout ceux qui s’opposent à lui ou lui rappellent son sombre passé sur lequel Jean-François Richet lève habilement le voile tout au long du film. On est loin du héros invincible, mais plutôt du phœnix complètement déplumé et ravagé qui n’attend qu’une étincelle pour renaître de ses cendres.

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Born to be pissed

Cette étincelle, Mel Gibson la trouve. Simple, précis, donnant à son personnage de la hauteur, de la noirceur, de la bienveillance et de l’épaisseur, la barbe façon bobtail et le regard de chien battu, empâté et maladroit, malin et violent, il habite le film de ses qualités d’acteur que l’on a éclipsé pour de plus jeunes et plus lisses que lui. Le film est exactement à l’image de cette confrontation, cercle éternel de recommencement entre une ancienne génération qui n’a plus rien à prouver et jeune génération qui droit tout savoir et refuse de l’écouter.

Blood Father est très agréable à regarder. Loin de n’être que violence et fusillade, il déborde de tendresse pour son héros comme pour son destin quelque chose de toujours agréable dans un film d’action qui sait ménager ses effets et nous offrir une fin qui même si elle est attendue après avoir les deux premiers tiers du film a le courage de ne pas verser dans les clichés hollywoodiens.

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Born to déchirer ta gueule dans deux secondes

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