Black Storm – Autant n’en emporte pas le vent

Genre : Catastrophe, Aventure Durée :  1h29  Note : 02/20

Réalisé par : Steven Quale Acteurs : Richard Armitage, Nathan Kress, Sarah Wayne Callies, Matt Walsh

Alors que la petite ville tranquille de Silverton s’apprête à fêter le diplôme des élèves de son lycée, une série de tornades d’une puissance rares se déchaîne sur la région. Alors que certain courent se cacher, d’autres, chasseurs de ces monstres venteux, les pourchassent pour en apprendre plus ou pour la gloire des images.

Les années 90 ont eu leur Twister, les années 2010 ont leur Black Storm. Si le premier du nom se payait le luxe d’être surprenant et pas trop mal foutu pour l’époque (si sincèrement, ça volait pas très haut, mais le film avait suffisamment d’humour et de bons acteurs pour tenir la route), Black Storm en VRP de la 3/4D se positionne comme un show-reel d’effets spéciaux pas particulièrement réussis sans la moindre émotion, sensibilité ou créativité.

C’est vrai quoi. Vous prenez l’histoire de ce pauvre père, veuf (je crois), élevant ses deux fils en en couvant un plus que l’autre et directeur du lycée du petit village de bouseux attardés de la Tornado Alley. Dès le début, le nœud émotionnel du film tient sur une relation pourrie entre ces personnages. La pauvreté totale scénaristique qu’une tornade aurait vite fait de dénouer pour resserrer le nœud familial, ciment de la société américaine.

Le noyau dur se retrouve vite entouré d’une troupe d’inexistants protagonistes reflets merveilleux de la société redneck américaine : la petite amie écologiste convaincue, deux jackass aussi limités intellectuellement qu’inutiles scénaristiquement et un groupe de chasseurs de tornades/reporters complètement à côté de la plaque, dont le chef tyrannique essaie vainement de jouer les Bear Grylls alors qu’il est juste bon pour faire un sujet météo au 20h sur France 2. Autant dire que niveau relation entre les personnages, élément quand même majeur faisant la qualité d’un film, on peut repasser. Twister lui nous plongeait  au cœur de l’Amérique profonde, Red Storm ne s’en sert que comme toile de fond et la différence a son importance.

Mais voilà. Quelques esprits chagrins voire chafouins ou taquins iront me dire « oui, mais c’est un film catastrophe, on s’en fout tant que c’est spectaculaire ». Une remarque qui revient à dire que l’on pourrait emballer une bonne grosse merde bien moulée dans un emporte-pièce et l’emballer entre deux buns bien chauds , une tranche de fromage recomposé , de la salade et un peu de sauce qu’il y aurait encore quelque chose à sauver. NON !

L’enjeu principal d’un film catastrophe n’est pas le grand spectacle de saturation visuelle et auditive totale que Michael Bay essaie de nous vendre et dont il peine à se sortir du systématisme depuis des années. L’enjeu d’un film catastrophe est le destin de ses personnages. L’envie que l’on a de les voir s’en sortir et échapper à une mort certaine et c’est bien là le piège total de ce genre de film. L’intérêt diminue d’autant que l’empathie que l’on éprouve frôle le zéro absolu.

La Guerre des Mondes, Airport, La Tour Infernale, Le Jour Où La Terre s’arrêta, Backdraft, Sunshine, Gravity, sont tous à leur manière des films catastrophe spectaculaires qui tirent leur salut certes des qualités de mise en scène de leur réalisateur, mais aussi de l’empathie que l’on éprouve pour les personnages et leurs capacités à se sortir de situations exceptionnelles. Quand l’empathie est proche de celle que l’on éprouve pour une barquette de steak haché, la donne est toute autre.

Si le grand spectacle laissait une place immense à la comédie involontaire dans 2012, le manque flagrant d’efforts du réalisateur pour épauler ses effets spéciaux d’une histoire qui tienne la route et d’une mise en scène à la hauteur enterre encore la nullité abyssale du film.  Ce dernier nous plonge alors dans un ennui sans fond dont les effets de manche de tornades qui emportent des 747 par poignées, mais permettent à nos héros d’en réchapper laisse pantois de perplexité. Du rire moqueur on passe au ras le bol le plus total pour finir par se dire que décidément, on se fout totalement de notre gueule.

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