Baywatch – Mitch is a bitch

Batwatch Poster - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie, Action Durée : 1h57 Note : 02/20

Réalisé par : Seth Gordon Acteurs :   Dwayne Johnson, Zac Efron, Alexandra Daddario

SUR LA PLAGE DE MALIBU MITCH BUCHANNON EST UNE SORTE DE LÉGENDE VIVANTE, LE GUY TO LOVE, LA PERLE DES PERLES. CE MEC EST UNE MERVEILLE ÉTINCELANTE QUE TOUT LE MONDE AIME, UNE SORTE D’INTOUCHABLE DIVINITÉ DE LA MER, SORTI DES EUX UNIQUEMENT POUR SAUVER LA VIE DES BAIGNEURS. LE JOUR OU DE NOUVELLES RECRUES DE PRÉSENTENT POUR REJOINDRE SON ÉQUIPE, IL A DIRECTEMENT DANS LE COLLIMATEUR UN CERTAIN MATT BRODY, UN ANCIEN CHAMPION DE NATATION TÊTE BRULÉ QUI VA DEVENIR À LA FOIS UNE ÉPINE DANS LE PIED ET SON MEILLEUR ALLIE POUR LUTTER CONTRE CE QUI SEMBLE ÊTRE UN TRAFIC DE DROGUE.

Baywatch c’était un peu le Hélène Et Les Garçons des USA. Une série fleuve qui gravite autour d’un emblématique et intouchable personnage principal entouré de sa clique de fans-boy/girls inconditionnels qui lui reniflent la rondelle.

Baywatch, c’était, toujours comme dans Hélène Et Les Garçons l’absurdité totale de scénarios complètements abrutis et le mélange érotico-latent de personnages hyper/hyposexués avec des courses effrénées filmées au ralenti. L’équivalent, la tension sexuelle en moins, des sessions de bœuf musicaux jouées par 3 connards pas foutus d’aligner trois notes à la basse et de fait, de se trouver de quoi faire un set dans un bar plus branché que leur cafète de merde.

Bref, Baywatch c’était le néant du succès, ou le succès du néant. Il faut être assez lucide. Des scénarios parfaitement abscons aux prises de vue dramatiquement minables gravitant autour de la figure présidentielle de Mitch Bucchanon, fusion de Superman, Aquaman, Mac-Gyver, James Bond et John McLane, la série était franchement navrante, mais pourtant, on accrochait, un peu, comme une musique de fond.

Baywatch 02 - N'y allez pas c'est de la merde
Tentative désespérée de jouer la surprise teintée de réflexion

On accrochait aussi malgré la caricature des personnages secondaires. De la pouffe mammaire à la figure maternelle, fantasme de Mitch pour reconstituer un semblant de foyer équilibré. Du jeune con beau-gosse au pote black parce qu’il faut un pote black. Et surtout, la tête à claques ultime, la verrue adolescente par excellence, la merde en tranche acnéique, le résidu de mauvais vainqueur à la course des gamètes mal un soir de beuverie arrosée au Jägermeister, celui qui se fout dans la merde tout seul comme un grand, le fils pas prodigue, le boulet ultime : Hobby. Putain, que je détestais ce gamin. À chacune de ses apparitions, je voulais me translater à Malibu pour le gifler.

L’idée de Baywatch est immédiate : jouer la carte de la parodie lourdingue assumée. Prendre la check-list des grands moments de la série originale pour se foutre de leur gueule. Le film oscillerait alors entre action et parodie, rire et suspense, fun et délire, trop bien non ? Du moins c’est ce qu’avaient du prévoir les scénaristes, les acteurs et le réalisateur, baignant, pour ce faire dans les meilleurs films des frères Farelly ou du Very Bad Trip pour apporter une touche d’humour gras en copiant leurs meilleures situations.

C’était oublier deux choses parmi tant d’autres. Les Farelly teintaient toujours leurs films d’un zeste de poésie et d’amour, absent dans le film dont on parle ici. De deux, Baywatch a déjà connu sa parodie, pas très connue sauf des initiés sous la forme d’une série gentiment trash, mais dix fois mieux vue que la grosse merde qui nous occupe : Son Of The Beach.

Baywatch 01 - N'y allez pas c'est de la merde
Dans deux secondes, le gag le plus incompréhensible du film

C’est exactement la même chose que dans le film de Seth Gordon mais en plus drôle, plus cul, plus tendancieux, plus sale, plus South Park avec ses airs de Captain Orgazmo, avec de vrais morceaux d’abrutis dedans et un Mitch minable, chauve, ventripotent, un peu bête, blanc comme un cul.

Ici, le film se résume à cadrer des seins et des paires de fesses, à mettre en avant The Rock et ses gros muscles, à essayer de faire rire avec des scènes autour de vomi, de caca, de paires de couilles et des blagues à deux balles toutes droit pompées des films  des Farelly susnommés. Si l’on peut être friand d’humour pipi caca foutre, la manière de l’amener, les répliques écrites et le jeu d’acteurs montrent bien qu’il s’agit avant tout de timing, de musique, quelque chose de parfaitement absent dans Baywatch. C’est comme faire jouer du Brahms à un manchot et je ne parle même pas du gars à qui il manque deux bras.

La brochette d’acteurs qui délivrent leurs partitions sont tellement mauvais, Dwayne Johnson en tête, que le tout est d’une paresse totale. Peu de ressorts comiques, beaucoup de longueurs, énormément de répétitions, un manque terrible de rythme. Le pire, c’est que l’on sent le parti pris parodique du film, mais sans y accrocher à un seul moment. Quelques répliques, quelques idées pointent leur bout de nez, mais sont anéanties par le jeu et la réalisation qui sombrent corps et bien.

Je ne dirais pas que c’est dommage et qu’il y avait là de faire une brillante comédie parce que ce n’est pas le cas. Baywatch était dès le début condamné à être foiré parce qu’il force le trait d’une série qui le forçait déjà allègrement. À l’instar de Starsky & Hutch ou 21 Jump Street, le jeu de jouer la comédie sur une série « sérieuse » des 80/90’s se crashe en flammes. C’est mauvais, navrant, plutôt triste à regarder au final de voir tous ces acteurs se démener pour être drôles sans jamais y arriver une seule seconde. Touché, coulé.

Baywatch 03 - N'y allez pas c'est de la merde
Marlon prend l’eau

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