Balada Triste – Clown Trauma

Genre : Comédie (très) dramatique Durée :  1h47   Note :  15/20

Réalisé par : Álex de la Iglesia Avec :  Carlos Areces, Antonio de la Torre, Carolina Bang

Sous l’Espagne Franquiste, deux clowns s’affrontent pour une femme dans une sanglante, tragique et sordide histoire d’amour.

Critique : Alex de la Iglesia est une sorte de dieu du cinéma déjanté espagnol. Un prêtre de l’humour noir, n’hésitant pas à mélanger dans une grandiloquence baroque, l’amour, la haine, la violence, le glamour, l’humour, le gothique, le sexe, l’immonde, le stupre le plus total dans une orgie totale et une explosion de situations rocambolesques. Faisant subir à ses personnages immondes, des humiliations, des horreurs et généralement une descente aux enfers qu’il noie dans une grande cuve d’humour noir plus que jouissif (on se souvient avec émotion du Crime Farpait).

Balada Triste ne déroge pas à la règle. Plongé dans l’Espagne franquiste, Javier, un clown dont le père, lui-même clown a été assassiné par sa faute lors de la guerre civile espagnole se retrouve plongé dans le staff déjanté d’un cirque itinérant. Lui-même clown triste, il va vite être confronté à la folie mégalomaniaque, à la cruauté sans limite de Sergio, le macabre Auguste qui se déchainera d’autant plus que Javier va tomber amoureux de Natalia, sa petite-amie. C’est alors le début d’un triangle amoureux qui va virer au cauchemar pour chacun des protagonistes.

A la fois histoire d’amour tragique, pamphlet politique, film d’horreur et thriller, le film d’Alex de la Iglesia nous porte et nous transporte de dégoût en admiration, de crainte en soulagement, d’horreur en moments tendres (rares certes) de l’incompréhension que provoque parfois le sentiment d’amour pour une personne à une autre qui pourtant ne fait que la faire souffri pour finir par nous achever dans une scène finale totalement déjantée, nous laissant le souffle coupé et l’impression justifié d’avoir vu un film comme on en voit que trop rarement.

Noir et surréaliste comme un Labyrinthe de Pan,  grandiloquent comme un Beetlejuice ou un Sweeny Todd, survitaminé comme un Inglorious Basterds, glacial, viscéral, rageur il décrit au travers cette histoire d’amour la violence, la tristesse, la souffrance qui régnait dans l’Espagne de cette époque et qui encore aujourd’hui la laisse marquée au fer rouge. Un film flamboyant, atypique, nerveux et névrosé qui crie haut et fort son amour pour un cinéma différent, un VRAI cinéma de genre bien loin des leçons de morale et de la bienséance et du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » qui nous emmerde plus qu’il ne nous fait fréquenter les salles obscures.

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