Ave César – Péplum Planplan

Critique Ave Cesar Poster - n'y allez pas c'est de la merde

Genre : Comédie Durée :  1h40 Note : 10/20

Réalisé par : Joen & Ethan Coen Acteurs :  Channing Tatum, Ralph Fiennes, Alden Areinreich, Scarlett Johansson, George Clooney, Josh Brolin

Dans les années 40-50, Eddie Mannix est un fixeur des studios hollywoodiens, il règle les petits et gros problèmes et caprices de stars. Quand l’acteur Baird Witlock est capturé par des truands, il est l’affut pour le retrouver tout en étant tiraillé par une proposition d’emploi de la part d’un autre employeur.

Ils ont leur touche, leur patte, leur côté gentiment cruel et décalé, pervers et parfois sombre, leur rythmique narrative et leur sens du dialogue. Un peu perdus dans un monde à part Joël et Ethan Coen ont marqué le cinéma depuis leurs débuts où les parfaits idiots côtoient les plus intraitables salopards. Le dénominateur commun entre Barton Fink, Arizona Jr Fargo, No country for Old Men ou encore The big Lebowski ou O’Brother ? Une savante dose d’humour noir et de second degré.

Leurs films, réalisés souvent par la même équipe technique de confiance et joués par le même vivier d’acteurs qu’il affectionnent à part quelques digressions occasionnelles, ont ce je ne sais quoi d’immédiatement reconnaissable et attribuable. C’est bien le cas avec Ave César qui entend rendre hommage à un âge d’or d’hollywood en propulsant sur scènes des archétypes de stars de l’époque, du grand acteur de Peplum à la star des western en n’oubliant pas la greluche pourrie gâtée des comédies musicales et le chanteur aryen aux jambes fuselées qui tapotait le sol au rythme de ses claquettes musicales et entonnait ses couplets de chansons pénétrées au rythme endiablé de ses ballets frénétiques.

Critique Ave Cesar 01 - n'y allez pas c'est de la merde

Une autre époque donc, superbement reconstituée par les deux frangins, avec un certain bonheur, du décor aux costumes, des bagnoles à la musique, des accents aux chansons tout est fait pour nous replonger au temps des Gable, Brando, Hepburn, Newman, Lemmon, Heston ou Astaire. Avec beaucoup de talent certes. Pourtant, comme dit le vis-à vis du hardi qui se lève au repas du soir durant un dîner au cap d’agde pour appeler le serveur : « il y a une couille dans le potage ».

Ave César, c’est la démesure hollywoodienne, le plateau de fruits de mer d’acteurs et d’actrices talentueux servis sur un lit trop frileux de moments anecdotiques qui s’enchaînent sans réel fil rouge sur fond de pérégrinations assez vaines d’acteurs aussi talentueux que leur rôle dans une histoire insipide est parfaitement inutile.

Critique Ave Cesar 02 - n'y allez pas c'est de la merde

Les stars apparaissent et disparaissent : Channing Tatum, Ralph Fiennes, Scarlett Johansson, George Clooney, Josh Brolin… s’amusent, jouent bien, mais parfois sans vraiment y croire (mention spéciale pour George Nespresso qui n’en fout pas une rame). Jonah Hill a tout dit dans la bande-annonce et même Frances McDormand a un rôle totalement parcellaire : La femme de Joël n’apparait ainsi que quelques secondes renforçant encore la frustration de tant de talent inexploité.

Seuls Christopher Lambert et Dolf Lundgren en apparition-surprise font plaisir et ho surprise, et Tilda Swinton, en double journaliste jumelles un peu névrosée apporte une touche de Coenisme à un ensemble, une fois n’est pas coutume, est franchement somnolant, assez peu inspiré ni même dynamique. Loin du mordant et du sens aigu de la caricature et du second degré qui les caractérise. On l’impression finale d’avoir survolé de très loin une esquisse d’idée mais de ne jamais être rentré au cœur du sujet.

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