American Ultra – La merde dans la peau

American Ultra - N'y allez pas c'est de la merde

Genre : Action, comédie Durée :  1h36 Note : 03/20

Réalisé par : Nima Nourizadeh Acteurs :  Jessie Eisenberg, Kristen Stewart, Topher Grace, Bill Pullman, Tony Hale

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Mike Howell et sa copine Phoebe vivent une vie tranquille dans un bled paumé des USA. Un jour deux hommes tentent de le tuer et, lui plutôt souffreteux et timoré et souvent pris de crises de panique, se défend comme un diable et élimine les deux assaillants. Il va vite découvrir qu’il est un agent dormant dont la mémoire a été effacée et qu’il est la cible d’une opération pour effacer toute trace de l’expérience dont il a été le sujet.

EN 2015, il y a eu Kingsman, un excellent petit film inattendu d’agents secrets qui fait son petit effet et possédait assez d’humour décalé et de fraicheur pour en faire un bon petit film. Il y a quelques années, il y a eu Kick-Ass et son faux super héros à côté de la plaque, Scott Pilgrim, Zombieland… American Ultra s’annonçait à la rencontre de ces univers et c’est en fait à la rencontre de rien du tout qu’il stagne comme une bouse dans un récit soporifique qui ne sait trouver son rythme, sa répartie, son intelligence, son inventivité et pire son plaisir.

American Ultra 01 - N'y allez pas c'est de la merde
Je vous préviens, je donne des ordres et j’ai une cravate alors vous allez m’écouter !

Si sa bande-annonce donnait une impression de rythme tambour battant, névrosé, mordant et survolté, c’est une véritable cure de somnifère qu’il nous balance en pleine gueule et nous assomme d’ennui. Quand certains film vous font l’effet d’être aux commandes d’un trente-huit tonnes lancé à pleine vitesse dans la circulation à contre-sens en ayant pris un acide boosté au spice, American Ultra donne le mal de mer que l’on aurait en pilotant une Reliant Robin souffreteuse (la caisse à trois roues anglaise) bercé par la mélopée chiante comme la pluie d’un mauvais Jean-Jacques Goldman  faisant une cover de Christophe Mae après avoir sniffé un rail verveine menthe et une demi-douzaine de Temesta 900mg.

De la nonchalance des acteurs à la pauvreté de l’écriture des personnages, de la laideur de la mise en en scène à la nullité des dialogues, le manque d’inventivité et d’originalité dans les combats, le manque d’implication des scénaristes, la lumière dégueulasse, le rendu final de mauvais clip de Kanye West… c’est un condensé de tout ce qui devrait être interdit dans le cinéma branchouille d’aujourd’hui. Rajoutez à ça un interprétation désastreuse de Jessie Eisenberg, une Kristen Stewart encore plus inexistante que d’habitude qui donnerait envie de filer une médaille d’or du 100m à un bichon privé des ses pattes arrières, un Topher Grace que l’on a envie de secouer pour lui tirer une micro expression et les pauvres Tony Hale (Arrested Developpement) et Bill Pullman qui auraient du aller se faire second-rôler ailleurs.

American Ultra est un digne représentant du mainstream d’aujourd’hui, vomi à grandes et bruyantes éructations par des responsables de studios abrutis, sentant certainement le succès de Kingsman et se précipitant, vite, vite, pour faire la même chose histoire de pas louper le coche.

American Ultra 02 - N'y allez pas c'est de la merde
Ouais, C’est Jess ici ! Dis, si tu me refourgues encore une merde pareille sur le dos, t’es plus mon agent Mike. Je déconne pas. C’est trop la merde ici.

La où Matthew Vaugh réussissait un carton plein, Nima Nourizadeh, réal du minable Projet X, essaie de courir sans fin vers le chemin de la parodie et du politiquement incorrect de la comédie transgressive à grand renforts de faux sang et musique rock. Mais le manque d’empathie avec les personnages, la nullité des blagues, la prévisibilité des situations, fait de ce Jason Bourne du pauvre sous marijuana, un film sans passion, sans implication dans lequel, faut être franc, on se fait incroyablement chier, incapables que l’ont est de trouver dans l’histoire, prévisible, molle du cul, de quoi empêcher à nos paupières de s’effondrer avant de plonger dans une léthargie que seuls savent procurer les films de ce genre.

Assez mauvais pour nous endormir profondément, pas assez nanards pour nous fasciner et nous tenir éveillés.

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